
Les refus de régularisation qui séparent des familles touchent aussi nos collègues.
Notre collègue Najia Mouahid Idrissi est arrivée en France à l’âge de cinq ans. Insccrite en 2e année de master d’Histoire, elle travaille depuis bientôt 5 ans comme assistante pédagogique au collège Henri Wallon d’Aubervilliers (93300) et voudrait, c’est bien normal, devenir professeure. Son vœu le plus cher est d’obtenir la nationalité française pour passer les concours de la fonction publique, mais la République française pour laquelle elle travaille ne lui fournit pas les revenus suffisants pour espérer l’obtenir !
Arrivé en France depuis 10 ans, Hicham a rencontré Najia et ils se sont mariés il y a plus de 3 ans. De leurs amours est née la petite Nour. N’étant malheureusement pas autorisé par la préfecture de l’Essonne à travailler jusqu’ici, c’est lui qui s’occupe de leur fille pendant que Najia travaille. Ce jeune couple, intégré, inséré dans la société française, pourrait vivre une vie heureuse et sans histoire. Malheureusement, le préfet de l’Essonne en a décidé autrement.
Le 28 septembre, Hicham a reçu une obligation à quitter le territoire datée du 18 septembre (soit dit en passant, en complète contradiction avec l’autorisation provisoire de séjour délivrée par les mêmes services préfectoraux le 24 septembre !). Etant donnée la situation d’Hicham, depuis dix ans en France, marié à une résidente et père d’une jeune française (née sur le sol français et qui le deviendra à l’âge de 13 ans) et le cafouillage administratif, on peut supposer qu’il s’agit d’une négligence ou d’une erreur. Cette dernière a malheureusement de très lourdes conséquences : toute la famille se trouve dans une grande détresse. Najia risque de perdre en même temps que son compagnon, le père de son enfant et son soutien de famille. Car qui s’occupera de Nour quand il ne sera plus là ? La famille a bien entendu fait appel de cette décision mais vit depuis dans l’angoisse permanente.
Le collectif RESF de la cité scolaire Henri Wallon, les collègues de Najia et les amis du couple demandent au préfet de l’Essonne de réviser son jugement et d’accorder un titre « vie privée et familiale » à Hicham Mouahid Idrissi afin qu’il puisse continuer à s’occuper de sa petite Nour et que notre collègue Najia puisse retrouver sa sérénité au travail et sa joie de vivre.