
En juin 2006, Zhou Qiuhong et Mohamed Haddaoui ont cru un moment pouvoir sortir enfin de la clandestinité. Nicolas Sarkozy avait alors publié une circulaire autorisant la régularisation exceptionnelle des parents d’enfants scolarisés. Tous deux répondaient a priori aux critères définis par le ministre. Tous deux ont fait une demande, mais ont été déboutés. Les demandes de régularisation de Samiel Faye et celle de sa compagne, Marie-Pierre, ont également été retoquées.
Dans un proche avenir, seul le dossier des Pan semble pouvoir se débloquer. Shaolin Pan est convoqué, le 4 janvier, à la préfecture de police de Paris pour «envisager une éventuelle admission exceptionnelle au séjour pour raisons humanitaires». S’il est régularisé, il pourra faire revenir sa femme. A Rahma Haddaoui, l’épouse de Mohamed, et Marie-Pierre Faye, celle de Samiel, l’administration oppose, en revanche, une fin de non-recevoir. Privés de leur conjoint, Rahma Haddaoui, Marie-Pierre Faye et même Shaolin Pan vivent aujourd’hui de la charité de leur entourage.
Pour Nicolas Sarkozy, ces trois couples, pauvres et sans qualification, incarnent l’immigration «subie», celle dont il ne veut pas. En visite hier dans un centre d’accueil des demandeurs d’asile de Paris, le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, a défendu sa politique «d’immigration choisie», et répété que «La France - comme tous les autres pays, ni plus ni moins - entend choisir qui elle veut et qui elle peut accueillir sur son territoire».
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