COMMUNIQUÉ : À coups de centaines d’euros, l’Etat veut décourager les soutiens aux personnes sans papiers
18 janvier 2008 - COMMUNIQUÉ DU RESF À coups de centaines d'euros, l'Etat veut décourager les soutiens aux personnes sans papiers
- Jeudi 17 janvier, Romain, militant du RESF 39 comparaissait devant
le TGI de Paris, poursuivi pour outrage pour plusieurs propos
comparant la politique du Ministre à celle de Vichy dans un courriel
adressé en novembre 2006 au ministre de l'Intérieur (Sarkozy à
l'époque) : ce courriel demandait la libération de Florimond Guimard
(prof des écoles à Marseille), tout juste placé en garde à vue (pour
avoir participé à une manifestation à l'aéroport de Marignane).
Le procureur a demandé 750 € d'amendes alors même que l'avocat de N.
Sarkozy avait demandé 1€ de dommages et intérêts sous le prétexte que
la comparaison avec Vichy portait atteinte à la dignité de celui qui
à l'époque était ministre de l'intérieur. Cette comparaison, qui ne
visait pas la personne de Nicolas Sarkozy, mais la politique de son
ministère nombre de personnes la font : elle figurait, par exemple,
dans l'éditorial du New York Times du 21 octobre 2007 (consacré aux
tests ADN).
Il s'agit bel et bien là, de créer un précédent visant à interdire
tout parallèle et tout regard critique comparatif avec une période
sombre de l'Histoire de France.
Le jugement sera rendu le 14 février.
- Lundi 14 janvier, François Auguste, vice-président de la région
Rhône-Alpes, a été lui condamné à 500€ avec sursis pour "tentative
d'entrave à la circulation d'un aéronef" (!). Il n'avait qu'émis son
opinion, face à l'expulsion d'une famille kosovare dans l'avion qu'il
prenait : il est cependant condamné pour avoir « eu l’intention »
d'empêcher l'avion de décoller.
Il en faudra bien plus pour intimider le RESF, les organisations et
individus qui soutiennent activement les Sans-papiers...
Au RESF comme ailleurs, tous ceux et toutes celles qui se sentent
outragés par la façon dont les étrangers sont aujourd'hui stigmatisés
en France continueront à dénoncer les rafles, l'emprisonnement des
sans-papiers et la politique d'expulsions massives.
Des citoyens qui n'ont pas leur langue dans leur poche et qui devant
des faits inhumains, surtout lorsqu'il s'agit de jeunes, et une
société où les libertés se rétrécissent dangereusement... s'en servent.