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Le Mans.maville.com/Malade, la maman risque l’expulsion vers l’Algérie

 

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Malade, la maman risque l'expulsion vers l'Algérie

L'école maternelle Dulac est soudée autour de la petite Néda, 4 ans. Sa maman, atteinte de la sclérose en plaques, est menacée d'expulsion.

Asma Bayani, 31 ans, est Algérienne. Elle a les larmes aux yeux, de voir dans la cour de l'école maternelle Dulac tous ces parents d'élèves venus plaider sa cause. 188 personnes ont signé une pétition adressée au préfet de la Sarthe, Michel Camux. Pour qu'il régularise la situation de cette maman algérienne. « Mon sentiment ? C'est la confusion qui domine. Il y a l'injustice mais aussi l'émotion de sentir que des gens me soutiennent. Des gens qui ne sont même pas de ma famille... » Sa famille, ce sont Néda, sa fille de 4 ans, et Mohamed, son mari. Depuis quelques jours, ils vivent dans l'angoisse. La carte de séjour d'Asma n'a pas été renouvelée. Elle est sommée de quitter le territoire français. Avant le 17 février.

Un nouveau traitement

Asma et Mohamed vivent en France depuis cinq ans. Débarqués à Marseille en janvier 2003, depuis l'autre côté de la Méditerranée, Alger. Asma est alors déjà malade, un mal qu'elle nomme à demi-mot, une « maladie évolutive » qui nécessite « un traitement lourd ». Une sclérose en plaques stabilisée depuis quelques mois grâce à un nouveau médicament. « On s'est installés au Mans en juin 2006 après avoir fait pas mal de préfectures, raconte la jeune femme, que la maladie a déjà privé d'un oeil. Je commence à aller mieux. On s'est sédentarisés et je me sens plus au calme. » Mohamed confirme : le nouveau traitement est efficace. Un tel suivi médical est impensable en Algérie.

L'expulsion de la maman condamnerait le papa à la précarité. « Sur ma carte de séjour, je suis ici en tant qu'accompagnant de malade. Si on perd nos papiers, je ne pourrai plus travailler ni faire vivre ma famille. » Chauffeur-livreur à Paris, en CDI depuis un an, Mohamed est abasourdi, lui qui a l'impression de vivre comme tout le monde : « Je travaille, je paie mes impôts, je consomme, on va au MacDo, on a une vie ordinaire ! Je ne sais pas ce qu'on doit faire. »

Bernard Lebrun, du réseau Éducation sans frontières, affiche une certaine confiance. « J'ose espérer qu'il s'agit d'une erreur de dossier. La maman a besoin de soins. Tous les arguments plaident en sa faveur. »

Estelle JOLIVET.

Ouest-France

samedi 2 février 2008.

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