
plus de 40 personnes ce matin lors du parrainage de Sabina et Beslan G à la mairie de Lyon 1er
une fois de plus un parrainage très émouvant.
Un discours très fort de Nathalie Perrin-Gilbert, maire de l'arrondissement. (voir ci-dessous)
André Gramain, parrain de Beslan, a lu deux courts textes dont l'un faisait référence à la convention internationale des droits de l'enfants .... en rajoutant que pour lui il manque un droit à cette convention : "le droit de l'enfant à l'insouciance"
Anne Arago, marraine de Beslan, n'a pas pris la parole ... mais l'émotion était bien présente !
Pierre Alain Muet -député-, parrain de Sabina, a rappelé que lorsqu'il était allé visité le CRA en janvier (au moment de la manif), il avait été marqué par une famille qu'il avait rencontré dans la cour du CRA, cour entourée de gillage et barbelé. que l'image qu'il lui restait de cette visite c'était cette maman avec une petite fille dans les bras, et un père donnant la main à son fils qui pleurait. Cette famille était la famille G.
Marie Verrier, marraine de Sabina, a voulu précisé qu'elle acceptait d'autant plus d'être marraine de Sabina, que les G étaient devenus des amis auxquels elle tenait.
Et pour terminer, avant un pot de bienvenue, intervention de ma part (je suis instit dans l'école) pour RESF.
Mireille
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Discours de Nathalie Perrin Gilbert :
Parrainage républicain
Beslan et Sabina G
Samedi 12 avril 2008
Mesdames, Messieurs,
Je vous souhaite la bienvenue en mairie du 1er arrondissement de Lyon au moment où nous allons célébrer ensemble le parrainage républicain de Beslan et Sabina,
en présence de leurs parents Madina et Timur,
en présence de leurs marraines et parrains respectifs, Anne Arago et André Gramain, Marie Verrier et Pierre-Alain Muet,
en présence de vous toutes et vous tous qui vous êtes mobilisés pour soutenir cette famille.
Nous allons procéder dans quelques instants au parrainage de Beslan et Sabina, nous allons les accueillir parmi la communauté des citoyens de la République française, nous allons leur souhaiter bienvenue et les prendre sous notre protection, nous allons réaffirmer les valeurs de solidarité, de fraternité et d'universalité qui fondent notre engagement militant, associatif, politique.
Mais avant cela, je souhaite que nous prenions quelques instants pour nous interroger.
Parce qu'il me semble que nous ne devons pas passer sous silence l'actualité nationale avec la mort tragique de Baba Traoré, ce jeune adulte malien de 29 ans, venu en France en 2004 pour donner un rein à sa sOEur qui souffrait d'une insuffisance rénale.
C'est le professeur Legendre, de l'hôpital Necker à Paris, qui avait fait venir Baba Traoré pour que l'opération puisse avoir lieu. Depuis, Baba Traoré vivait dans la région parisienne chez sa soeur et travaillait pour des entreprises de nettoyage et du bâtiment. Sous le coup d'une OQTF depuis janvier 2008, Baba Traoré a voulu échapper le 4 avril dernier à un contrôle de police. Pour éviter l'arrestation, la rétention et le renvoi dans son pays, ce jeune adulte malien est mort dans une rivière.
Si elle a suscité des protestations et des commentaires, cette mort sordide n'a pas soulevé l'indignation qu'elle aurait du soulever.
Pourquoi ?
La force de l'habitude ?
La force de l'habitude après Ivan, cet enfant de 13 ans, russo-tchétchène, resté plusieurs jours dans le coma en août 2007 suite à un accident lors de sa fuite pour échapper à la police ?
La force de l'habitude après Chulan Zhan Lui, cette femme chinoise morte en septembre 2007 en se jetant par la fenêtre, affolée à l'arrivée de la police dans son immeuble ?
La force de l'habitude après John Maïna, ce Kenyan qui s'est pendu après avoir appris le rejet de sa demande d'asile en février 2008 ?
Sommes-nous habitués ? Sommes-nous habitués en France à ces nouvelles ? Sommes-nous habitués à Lyon ? Sommes nous habitués ici même, sur le 1er arrondissement ?
Sommes nous habitués à cacher des familles ? Sommes nous habitués à les accompagner à la Préfecture parce qu'elles ont peur d'y aller seules ?
Sommes nous habitués à séparer les enfants des parents pour éviter qu'en cas de contrôle la famille entière soit arrêtée et renvoyée ?
Sommes nous habitués à visiter des parents et des enfants au centre de rétention, à leur apporter des cahiers, des vêtements et des vivres ?
Sommes nous habitués à être nous aussi dans la clandestinité ?
Sommes nous habitués à célébrer des parrainages républicains d'enfants sans papiers ?
Sommes nous habitués ? Sommes nous résignés à ce qui, il n'y a encore que quelques mois, nous paraissait être l'exceptionnel ?
Je n'ose pas le croire.
Comme je n'ose pas croire que nous nous contenterons de quelques victoires, de quelques régularisations arrachées à la Préfecture au fil de l'eau et en catimini...
Pourtant c'est ce que nous faisons pour les quelques familles, les quelques personnes qui sont concernées par ces régularisations et pour qui la mobilisation a fait basculer le destin.
Oui nous avons connu des succès pour des familles et des personnes de l'arrondissement, nous nous en réjouissons sincèrement et nous attendons encore quelques heureuses nouvelles dans les jours ou semaines à venir pour quelques familles suivies et dont le dossier paraît en bonne voie.
Oui chaque cas est important et unique ; oui chaque situation doit être traitée et soutenue pour ce qu'elle est.
Et pourtant nous voyons bien au fil du temps que cela n'est pas suffisant.
Au regard de l'immense gâchis de ces vies brisées, au regard des reculs de notre législation en matière d'immigration et de respect des droits, au delà des situations individuelles le combat à mener est un combat politique, un combat pour des valeurs universelles et non négociables, des valeurs relatives aux droits et au respect de l'être humain.
Alors bien sûr une mairie d'arrondissement n'est pas le lieu idéal pour penser les Droits de l'Homme à une échelle large et significative.
Pourtant nous continuerons à poser des actes pour que cette question du respect des droits fondamentaux soit présente y compris au plus près du quotidien des habitants.
Nous continuerons à porter le débat, avec d'autres, pour questionner sur le modèle de société que nous voulons pour nous, pour nos enfants.
Nous continuerons d'être aux côtés de tous ces citoyens et citoyennes qui s'engagent, qui se mobilisent, ces hommes et ces femmes qui derrière l'étranger voient d'abord leur semblable, voient d'abord l'être humain.
J'avais besoin de vous livrer ces quelques réflexions avant ce parrainage pour que Beslan et Sabina ne soient pas deux enfants supplémentaires que nous parrainons, pour que nous ne prenions pas l'habitude de cette cérémonie mais que nous lui donnions au contraire toute son importance et sa valeur symbolique.
Je veux dire aussi à Beslan et Sabina, et à leurs parents Madina et Timur, que notre accueil et notre soutien ne s'arrêteront pas à ce parrainage. C'est le sens de l'engagement que nous prenons aujourd'hui, c'est le sens de l'engagement que prennent aujourd'hui les parrains et marraines de ces deux enfants.
N. Perrin-Gilbert
Samedi 12/04 à 10h : parrainage de la famille G à la mairie de Lyon 1er, place Sathonay
Après 27 jours d’enfermement au centre de rétention à Lyon en janvier et février
http://www.educationsansfrontieres.org/?article11325
Parrainage républicain
de Sabina (3 ans) et Beslan (4 ans 1/2) Gorbakov
samedi 12 avril à 10h
à la mairie du 1er, place Sathonay
Pierre Alain Muet, député de la circonscription et André Gramain, Professeur d’Université, seront les parrains des enfants
Marie Verrier, infographiste et Catherine Athiel -ou une autre enseignante-, seront les marraines des enfants
Les parents, Madina et Timur Gorbakov sont Russes d’origine Ingouches. Ils habitaient en Tchétchénie.....
Ils ont fui la Tchétchénie suite à différentes violences et menaces et à l’impossibilité d’y vivre en paix. Ils sont arrivés en France en juin 2006.
L’Ingouchie et la Tchétchénie sont des peuples frères de même langue qui ne formaient qu’une entité il y a encore peu, ce sont de petits territoires avec des familles dispersées dans les deux territoires. La situation en Ingouchie s’aggrave depuis 1 an, on y trouve les mêmes exactions qu’en Tchétchénie et désormais une même difficulté de travail pour journalistes et ONG.
Beslan est né le 20/10/2003 et Sabina le 25/12/2005
Leur demande d’asile à l’ Ofpra suivi du recours à la Commission de Recours des Réfugiés ont été rejetés en juin 2007. Une Obilgation à Quitter le Territoire (OQTF) leur a alors été notifiée.
Ne sachant pas quoi faire, ils sont partis tenter leur chance en Belgique début novembre 2007... Mais en vertu des accords Dublin 2, après avoir été enfermés pendant un mois en Belgique, ils ont été remis à la police française .... Les policiers français qui les ont réceptionnés à la frontière les ont laisser partir ...
Ils sont retourner dans l’Yonne, où ils étaient précédemment, avant de tenter une nouvelle demande d’asile à Aurillac, dans le Cantal. leur demande n’était pas recevable et a été immédiatement rejetée.
Madina et timur ont été arrêté avec leurs deux enfants dans leur foyer le 16 janvier....
Ils ont été enfermés au centre de rétention de Lyon.
C’est là que RESF rhone et le comité tchétchénie les ont connus ! des visites régulières ont eu lieu
La Russie a refusé de les reconnaître. Ils ont donc été libérés le 13 février après 27 jours de rétention.
A leur sortie, les G ont décidé de rester sur Lyon, n’ayant d’attaches en France nulle part. Un comité de soutien s’est immédiatement constitué, ils se sont fait domicilier à l’Alpil, les enfants ont été inscrits à l’école Michel Servet dès le 15 février à la veille des vacances .... Depuis le 3 mars les enfants sont enfin à nouveau normalement scolarisés.
lundi 7 avril 2008.