Un titre de séjour pour Djamel Gherbi, Paris 20e
En 2001, las de vivre dans la peur des attentats en Algérie, Djamel Gherbi et sa femme Hamida rejoignent la France, où réside une grande partie de leur famille. Ils déposent une demande d’asile politique auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), suivie d’une demande d’asile territorial auprès de la préfecture, toutes deux rejetées. Au fil des ans naissent trois fillettes : Lyna, en 2003, Rukan, en 2005, et Chakira, en 2007.
Fin 2006, Djamel entreprend de nouvelles démarches pour régulariser leur situation.
En mars 2007, un cancer est diagnostiqué chez Lyna, 3 ans et demi. Suivie à l’Institut Curie, elle a passé de longs mois de souffrances entre coma, chimiothérapie, opération, radiothérapie… au cours desquels ses parents se sont relayés à son chevet, les préservant, ses sœurs et elle, le mieux possible de l’angoisse qui les étreignait. Aujourd’hui, bien qu’en rémission, la maladie de Lyna nécessite toujours un solide suivi médical.
Malgré ces épreuves, Hamida et Djamel sont bien intégrés à la vie du quartier. Le contact avec l’école de Lyna a toujours été maintenu et sa maîtresse de l’an dernier, enseignant aujourd’hui en moyenne section, l’a gardée auprès d’elle. Rukan, quant à elle, rentrera en petite section de maternelle en septembre prochain.
Fin 2007, Hamida seule obtient une autorisation provisoire de séjour (APS) de six mois en tant qu’accompagnante d’enfant malade, renouvelable, qui lui permet de travailler mais, entre une petite convalescente et deux bébés, on voit mal comment elle pourrait tout assumer.
En février 2008, Djamel s’est donc rendu rue des Morillons afin de déposer une demande de titre de séjour “vie privée et familiale”. La réponse est arrivée ce 21 mars : OQTF (obligation à quitter le territoire français). La préfecture considère qu’il peut bien retourner en Algérie et faire vivre sa femme et ses filles restées en France depuis là-bas, au motif que son père et une partie de sa fratrie s’y trouvent ! Selon la préfecture, qu’une grande partie de sa famille proche et moins proche soit française ou titulaire d’une carte de résident ne suffit pas pour lui accorder un titre de séjour.
Nous, citoyens, parents, enseignants, voisins, demandons qu’un titre de séjour qui lui permette de vivre dignement et d’assurer la vie de sa famille soit accordé à Djamel Gherbi. Il a assez souffert.