
PALERME - Ils ont hissé à bord cinq corps, l’un après l’autre, tandis que l’équipage du Sirio installait les 27 survivants, dont sept femmes, dans la cale. Bilan qui s’est cependant aggravé en quelques heures. A environ 60 miles de la Libye et 140 des côtes italiennes, le patrouilleur de la marine militaire a aperçu et récupéré d’autres cadavres à la dérive : six, sept, huit… Le compte, dans la soirée, est monté à treize morts. Mais la tragédie pourrait avoir des dimensions plus grandes. Des eaux du Canal de Sicile, qui est devenu le cimetière de la Méditerranée, pourraient émerger encore d’autres corps. Les marins du Sirio en sont convaincus ; pour eux le mauvais temps et la mer démontée auraient provoqué le naufrage de plusieurs barques parties des côtes au sud de Tripoli ces derniers jours. L’hypothèse se fonde sur l’examen des treize cadavres, dont trois étaient en état de décomposition avancée. Il est donc probable que les victimes aient fait partie de plusieurs groupes de migrants à bord de barques naufragées dans des endroits différents du Canal. Un autre corps, dans la même période de patrouille du Sirio, a été retrouvé au milieu des écueils à Linosa, la plus petite des Pélages.
Ces morts s’ajoutent aux autres, récupérés quelques jours auparavant, au large de Malte par un garde-côte italien qui a ensuite consigné les corps aux autorités de La Valette. Massacre sans fin, donc, tandis que se fait de plus en plus âpre le débat sur l’introduction du délit de clandestinité, contre lequel se sont élevés hier les magistrats, et même Lawrence Gonzi, le premier ministre de Malte : où les migrants sont jetés en prison et où des trafiquants sans scrupules traitent avec des esclavagistes de Pékin l’entrée de Chinois qui tentent ensuite de rejoindre d’autres pays d’Europe.
Dans cette énième tragédie de la mer, il faut aussi raconter le geste, qui ouvre une brèche d’espoir, du groupe de pêcheurs du bateau Ariete. L’embarcation, qui avait levé l’ancre de Mazaro del Vallo malgré la mobilisation dans de nombreux ports de pêche d’Italie contre le prix du gasoil, se trouvait à 55 miles de la Libye quand elle est tombée sur la barque chargée de migrants. « Nous les avons aperçus vers les 18 heures (jeudi 6, ndr) - raconte Gaspare Marrronr, commandant le bateau. Ils étaient une trentaine, la petite barque en vitrorésine luttait contre la mer démontée et le vent. Ils se sont dirigés vers nous, quand ils ont été très près une vague terrible les a renversés et ils se sont tous retrouvés à l’eau ». Parmi eux sept femmes. « Ils hurlaient et demandaient désespérément de l’aide – poursuit le capitaine - mais nos manœuvres étaient difficiles à cause de la cage pour l’élevage des thons que nous tirions. Alors j’ai lâché la cage et nous les avons secourus : nous sommes arrivés à en sauver 27, les autres on les a vus se noyer sous nos yeux ».
Les survivants ont parlé de trois disparus, mais l’équipage du Sirio a ensuite récupéré dans la même zone les treize cadavres. Les survivants sont surtout somaliens, et quelques sénégalais. « Après les avoir sauvés nous avons raccroché la cage – ajoute le capitaine de l’Ariete - et nous avons mis le cap vers le navire de la marine, qui nous a rejoints à l’aube, pour faire le transfert. Nous n’avons su qu’après que les corps de ces malheureux avaient été repêchés. ». Le Sirio, avec sa charge de survivants et de morts, a mis le cap sur Porto Empedocle, la pointe de la province d’Agrigente, la plus proche du lieu du naufrage. « La loi de la mer – rappelle le capitaine Marrone - nous impose d’aider ceux qui sont en difficulté, même au risque de notre vie. Nous n’avons fait que notre devoir, maintenant on retourne à notre travail. Nous resterons en mer une vingtaine de jours encore, et puis, enfin, on rentrera chez nous ».
Il y a aussi, par contre, ceux qui pensent à repousser les migrants. « Je demanderai l’intervention de l’armée », avertit Angela Maraventano, adjointe au maire de Lampedusa et sénatrice de la Lega nord. « Ce massacre doit finir, le gouvernement doit le comprendre. A Lampedusa il manque de l’eau, il manque un hôpital, il manque de transports et nous ne pouvons pas accueillir ces gens. Nous avons besoin de travailler avec le tourisme, pas avec les clandestins ». Et : « Ici il n‘y a pas de morgue, même pas une cellule frigorifique ».
Edition de samedi 7 juin 2008 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidian...
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6767
IL FATTO DEL GIORNO
Nelle reti dei pescatori i cadaveri degli immigrati
Strage al largo di Linosa Alfredo Marsala PALERMO
Hanno issato a bordo cinque corpi, uno dietro l’altro, mentre l’equipaggio della nave Sirio sistemava 27 superstiti nella stiva, tra cui sette donne. In poche ore il bilancio però si è aggravato. In una zona di mare, a circa 60 miglia dalla Libia e 140 miglia dalle coste italiane, il pattugliatore della marina militare ha avvistato e recuperato altri cadaveri galleggianti : sei, sette, otto... Il computo, a tarda sera, è stato di tredici morti. Ma la tragedia potrebbe essere di dimensioni maggiori. Dalle acque del Canale di Sicilia, diventato il cimitero del Mediterraneo, potrebbero riemergere altri corpi. Ne sono convinti gli uomini della Sirio, secondo cui il maltempo e il mare grosso avrebbero provocato il naufragio di diversi barconi partiti dalle coste a sud di Tripoli nei giorni scorsi. L’ipotesi si fonda sull’esame dei tredici cadaveri, tre dei quali erano in avanzato stato di decomposizione. Dunque è probabile che le vittime facevano parte di diversi gruppi di migranti a bordo di barconi naufragati in punti differenti del Canale di Sicilia. Un altro corpo, nelle stesse ore in cui la nave Sirio pattugliava, è stato rinvenuto tra gli scogli a Linosa, la più piccola delle Pelage. Questi morti si aggiungono agli altri recuperati pochi giorni fa al largo di Malta da un guardacoste italiano che ha poi consegnato i corpi alle autorità di La Valletta. Una strage senza fine, dunque, mentre si fa sempre più aspro il dibattito sull’introduzione del reato di clandestinità, contro cui ieri si sono schierati i magistrati e persino Lawrence Gonzi, il premier di Malta, l’isola dove i migranti vengono sbattuti in carcere e dove faccendieri senza scrupoli trattano con schiavisti di Pechino l’ingresso di cinesi che poi tentano di raggiungere altri paesi d’Europa. Dietro all’ennesima tragedia del mare c’è spazio per raccontare il gesto, che apre uno squarcio di speranza, del gruppo di pescatori del motopesca Ariete. L’imbarcazione, salpata da Mazara del Vallo nonostante la mobilitazione in atto in molte marinerie d’Italia contro il caro-gasolio, si trovava a 55 miglia dalla Libia quando si è imbattuta nel barcone con il suo carico di migranti. « Li abbiamo avvistati intorno alle 18 (era giovedì, ndr) - racconta Gaspare Marrone, comandante del motopesca - Erano una trentina, la barchetta in vetroresina arrancava per il mare grosso e il vento forte. Si sono diretti verso di noi, quando erano a pochi metri un’onda assassina li ha travolti e sono finiti tutti in acqua ». Tra loro sette donne. « Urlavano e chiedevano disperatamente aiuto - prosegue il capitano - ma le nostre manovre erano rese difficoltose dalla gabbia per l’allevamento dei tonni che stavano trainando. Così ho mollato la gabbia e li abbiamo soccorsi : 27 siamo riusciti a salvarli, gli altri li abbiamo visti annegare davanti ai nostri occhi ». I superstiti hanno parlato di tre dispersi, ma poi l’equipaggio della Sirio ha recuperato nella stessa zona i tredici cadaveri. I sopravvissuti sono soprattutto somali, tra di loro c’è anche qualche senegalese. « Dopo averli salvati abbiamo riagganciato la gabbia - aggiunge ancora il capitano dell’Ariete - e abbiamo fatto rotta verso la nave della marina, che ci ha raggiunto all’alba, per compiere il trasbordo. Solo dopo abbiamo saputo che i corpi di quei poveracci erano stati ripescati ». La nave Sirio, con il suo carico di sopravvissuti e di morti, ha fatto rotta verso Porto Empedocle, la punta della provincia di Agrigento più vicina al luogo del naufragio . « La legge del mare - ricorda ancora il capitano Marrone - ci impone di aiutare chi è in difficoltà, anche a rischio della nostra vita. Abbiamo fatto solo il nostro dovere, adesso torniamo al lavoro. Staremo in mare ancora venti giorni, poi, finalmente, torneremo a casa ». C’è invece chi pensa a respingere i migranti. « Chiederò l’esercito », avverte Angela Maraventano, vice sindaco a Lampedusa e senatrice della Lega nord. « Questo massacro deve finire, il governo deve capirlo - sbotta la siciliana con la camicia verde - A Lampedusa manca l’acqua, manca un ospedale, mancano i trasporti e non possiamo accogliere queste persone. Noi abbiamo bisogno di lavorare con il turismo, non con i clandestini ». E ancora : « Qui non c’è una camera mortuaria e neanche una cella frigorifera ».
