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26.08.08 17h00 TAOUFIK EXPULSE !!

 

28.08

Taoufik, lycéen marocain de Malakoff en rétention à Palaiseau extrait du CRA mardi à 12h et disparu depuis vient d’appeler. Peu de détails mais, depuis 48 heures, son parcours a été le suivant : 26 août 11h45 : il est extrait de force de la prison administrative de Palaiseau et conduit en voiture au Bourget. Il est monté dans l’avion-prison particulier du ministère de la honte : pilote policier, équipage policier, escorte policière. Direction Montpellier. Il est placé dans une voiture, conducteur policier, escorte policière qui l’emmène à Sète où il est embarqué sur un bateau toujours avec une escorte policière. 40 heures de navigation, arrivée à Tanger le 28 août à 13h d’où il vient d’appeler. Il ne lui reste plus que 10 heures d’autocar pour se rendre, là où il ne voulait pas aller, chez un oncle qu’il aime bien, on le suppose, mais chez qui il n’avait en aucune façon le désir de s’incruster.

26.08

Devant le ministère de la rafle, du drapeau et de la honte pour Taoufik dont on a appris ce matin vers 9h30 qu'il devait être expulsé vers le Maroc à 16 heures par l'avion-prison privé de Monsieur Hortefeux.

Nous étions une trentaine à 12h30 alors que le mail fixant le RV a été envoyé à 10h30, illustration de l'émotion soulevée par cette affaire et du fait que décidément, les crasses du ministre ne passent pas. La famille d'adoption de Taoufik, son frère, tous les profs du lycée rentrés de vacances et qui avaient pu être joints, une représentante de la mairie de Malakoff, des représentants des syndicats d'enseignants (FSU, SNES, FERC-CGT, SUD) et des militants du RESF.   Une équipe de TF1, une autre de France 3, une journaliste du Parisien. Les profs, la famille très émue expliquent leur présence et parlent de leur attachement à Taoufik. Le proviseur de l'établissement a délivré une attestation de conduite et de travail irréprochables. Au passage, on communique le certificat médical attestant des blessures causées par l'étranglement lors de sa première tentative d'expulsion vendredi 22 août. Le certificat a été établi par un médecin venu le  visiter au centre de rétention.

A notre arrivée, panique au ministère, on ferme les lourdes portes en urgences, une bonne vingtaine de policiers, gants, protège-tibias, boucliers se déploient et nous "encagent" : les policiers formant un véritable mur nous bloquant. Interdiction d'entrer et de sortir. Les  officiers  sont un peu gênés quand on souligne le grotesque de cette mesure...
Une demande d'audience est faite au secrétariat et au cabinet du ministre. La réponse tarde, les policiers s'impatientent  et, au bout d'une heure demandent qu'on se replie cent mètres plus loin.  On traîne, discute, parlemente, finalement la réponse vient : négative. Les parents adoptifs de Taoufik fondent en larmes; certains policiers (pas tous, hélas !) regardent leurs godasses. Mais les ordres sont les ordres : il faut que le monde des ministres reste hors d'atteintes des cris et des protestations de ceux qu'ils persécutent. Porte close donc pour les familles, les enseignants, les proches.  Allez donc pleurer plus loin !

Les policiers nous repoussent donc physiquement. Certains sont gênés, d'autres moins. Un petit con spécialement, qui tout en le poussant, tire sournoisement l'oreille du père d'adoption de T. Il faut oser !   Voilà un individu qui a affaire à un père adoptif dont le fils est en cours d'expulsion, à qui le ministre vient de claquer sa porte, qui est poussé hors de la vue du ministre et on trouve un policier pour s'amuser à lui tirer l'oreille, en public, sous les yeux de ses supérieurs et, éventuellement des caméras de télé ! On peine à imaginer ce dont un type pareil est capable dans le secret d'un commissariat !

Taoufik est sorti du centre de rétention. Personne de sa famille ne sait exactement où il est... disparu, missing. Il peut être en route vers le Bourget ou, autre possibilité, mis dans une voiture à destination de Sète pour être embarqué sur un bateau.

Quoiqu'il en soit, la lutte n'est pas finie. En octobre 2006, Suzilène, élève d'un lycée professionnel de Colombes était expulsée vers le Cap Vert à bord d'un avion spécial. En février 2007, Sarkozy en personne ayant reculé,  elle était accueillie par ses camarades, ses profs et ses soutiens dans les salons d'honneur d'Orly réservés par le sénateur Jean Desessard. C'est l'objectif.








26/08/08, 11h00 :

Communiqué improvisé pour cause d'urgence absolue. Point presse 12h30 métro Varenne en présence de la famille d'accueil de Taoufik et de ses enseignants.
Contact Richard Moyon 06 12 17 63 81

Illustration de la politique démentielle du gouvernement, Taoufik El Madroussi, élève de terminale Bac pro au lycée Louis Girard à Malakoff sera embarqué cet après-midi (26 août) à 16 heures au Bourget à bord de l'avion-prison privé du ministère de la rafle et du drapeau à destination du Maroc. (voir PJ)
Une première tentative d'expulsion avait échoué vendredi dernier. Il devait être mis dans l'avion de 7h30 à destination de Casablanca. L'équipage avait été prévenu et à 5h30 du matin, une vingtaine de personnes, sa famille, des habitants de Malakoff et de Montrouge, trois de ses profs, étaient dans le hall de l'aéroport pour discuter avec les passagers du vol. (voir récit en PJ).
Taoufik a été a été sérieusement tabassé (tentative de strangulation dont il porte encore les marques et qu'on a fait constater par un médecin) mais la police a dû l'évacuer après intervention du commandant.
Aujourd'hui, le ministre passe à l'étape supérieure : c'est un avion privé, avec toute une escorte privée qu'il mobilise pour expulser un jeune de 21 ans. C'est du délire mégalomaniaque dans la persécution !
Il reste quelques heures pour empêcher cette expulsion. Une délégation constituée de la famille d'accueil de Taoufik et de ses enseignants accompagnés de militants du RESF se rendra à 13 heures au ministère et demandera à être reçue. Il est encore temps d'arrêter le délire !

Pour les Iledefranciens : 12h30, métro Varenne (Bd des Invalides)

Fax ministère de M. Hortefeux : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00 Standard 01 77 72 61 00
Conseiller du ministre : patrick.stefanini@iminidco.gouv.fr
Directeur de cabinet : michel.bart@iminidco.gouv.fr
Directeur-adjoint : guillaume.larrive@iminidco.gouv.fr
Conseillers techniques : sabrina.belkhiri-fadel@iminidco.gouv.fr et
geoffroy.didier@iminidco.gouv.fr
à Matignon :
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire
Elysée : http://www.elysee.fr/ecrire/index.html
Maxime Tandonnet (conseiller immigration) maxime.tandonnet@elysee.fr
Guillaume Larrivé, Directeur-adjoint cabinet du ministère R et D, sur
son blog g@larrive.com
Brice Hortefeux au Conseil régional Auvergne *Tél. :* 04 73 31 85
85 *Fax :* 04 73 36 73 45



TEMOIGNAGE DE LA FAMILLE D'ACCUEIL DE TAOUFIK

Nous soussignés Madame ROSSI Sylvie et Monsieur ROSSI Denis Certifions sur l’honneur héberger Taoufik EL MADROUSSI né le 18 avril 1987 au Maroc.
C’est un jeune homme très doux, serviable, poli et studieux tous les professeurs de son lycée s’en portent garant et sa directrice également.

- Taoufik est arrivé en France en 2002 légalement avec un passeport et un visa

- Ses frères et sœurs vivent en France et bénéficient de la Nationalité Française

- Son père a travaillé toute sa vie en France (45 ans environ), il est aujourd’hui parti en retraite au Maroc, âgé et malade et ne peut en aucun cas subvenir à Taoufik

- Il a été scolarisé à Malakoff depuis 2002 de la 6ème à aujourd’hui, où il est encore élève du lycée Louis Girard. Il a vécu chez son frère aîné jusqu’en 2005 environ, il a 18 ans et la promiscuité familiale est difficile, l’aide à l’enfance va s’occuper de lui de 2005 à 2007 puis il habitera chez la famille ROSSI de Septembre 2007 à maintenant. Tous ces changements de situation n’ont rien changé à sa scolarité, il a toujours été un élève assidu et studieux.

- Depuis 2 ans, il prépare son bac professionnel de mécanique carrossier, tous les employeurs chez qui il a fait ses stages pratiques ont été satisfaits de son travail sérieux et soigné. La directrice de son lycée pourra en témoigner, ses professeurs aussi.

-
POURQUOI TAOUFIK A ETE EN PRISON

- Taoufik a été incarcéré le 06 mai 2008, à la suite d’une sortie qui a mal tourné en compagnie de 4 camarades français. Il avait bu de l’alcool ainsi que les autres car il fêtait avec un peu de retard son anniversaire et celui de Christopher Rossi. Malheureusement Taoufik ne boit jamais, Ils ont beaucoup chahuté tous ensemble et deux d’entre eux soit Taoufik et Christopher sont allés accoster un passant dans la rue et puis un autre, soit deux passants en tout pour leur demander quelques euros pour continuer la fête. Les personnes à qui ils ont demandé l’argent se sont bien rendu compte de l’état d’ébriété des deux jeunes et ils auraient voulu en rester là. Il n’y a eu aucune violence, aucun blessé. Les jeunes n’ont jamais voulu faire de mal à quiconque, c’est un jeu bête qui a mal tourné.
Seulement la BAC avec une violence effroyable s’est jetée sur les cinq jeunes hébétés,
Les policiers ont terriblement maltraité Toufik, ils l’ont menotté dans le dos, et jeté à terre le visage contre le sol, il n’a même pas pu se retenir à quoi que ce soit, ils l’ont frappé, et frappé encore. Mon fils Christopher ne pouvant supporter le spectacle de son ami ainsi torturé s’en est mêlé et il a malheureusement subi le même traitement. Les autres jeunes étaient traumatisés, tétanisés par ce qu’ils voyaient. Benjamin L. nous a tout raconté en rentrant du Tribunal le 06 mai 2008, car lui et les 3 autres n’ont pas été incarcérés, ils nous a raconté comment la police les avait obligés par des maltraitances et des menaces à charger Taoufik et Christopher qui l’avait aidé. Deux avocats ont constaté les coups et ont fait des rapports que les avocats de Taoufik et Christopher ont présenté au tribunal le 6 août 2008 car bizarrement ces documents n’étaient pas dans les dossiers au Tribunal le jour de leur condamnation à la prison pour violences aggravées le soir du 06 mai 2008. Ces documents très importants, qui auraient pu montrer les choses sous un autre aspect n’étaient pas dans les dossiers de Taoufik et Christopher

LE BAC PROFESSIONNEL DE MECANIQUE

Pendant son incarcération Taoufik a obtenu 2 permissions pour pouvoir passer 2 épreuves de BAC Professionnel au mois de mai 2008, mais la troisième permission n’a pu avoir lieu car le procureur a fait appel, l’empêchant de passer son examen. Le tribunal a statué le 6 août 2008 : Taoufik et Christopher ont été condamnés à huit mois de prison dont quatre mois ferme, une peine pratiquement couverte par leur détention préventive. Ils ont été libérables le mercredi 13 août 2008. Sauf que Taoufik n’est pas sorti, des gendarmes sont venus le chercher directement en prison sans qu’il ait été prévenu au préalable. Un très grand choc pour lui et pour notre famille.

LE CHOC DU TRANSFERT DE TAOUFIK EN CENTRE DE RETENTION

Il a été transféré dans un centre de rétention à Palaiseau où nous nous sommes rendus immédiatement avec de nombreux documents qui parlaient de Taoufik et nous pensions qu’il s’agissait d’une erreur et que les gendarmes allaient nous rendre Taoufik. Quand on nous a expliqué qu’il était en fait encore prisonnier d’une autre façon et à cause de sa carte de séjour non renouvelée, nous étions ahuris. Nous l’avons vu et serré dans nos bras, il était en pleurs et nous aussi.
Nous avons appris qu’il y avait un jugement programmé pour lui le lendemain matin, on nous a demandé d’être au Tribunal d’Evry à 9h du matin, nous avons rencontré vers 10h30 l’avocat commis d’office de Taoufik, une femme formidable et nous avons attendu jusqu’à 14h30 pour qu’enfin le juge statue sur le problème des papiers de Taoufik. Là j’ai été très choquée : le juge était une femme dure qui n’a fait que reprocher à Toufik des faits pour lesquels il avait déjà présenté des excuses lors d’un précédent jugement et pour lesquels il avait été puni pendant 3 mois d’emprisonnement dans des conditions difficiles. Il me semblait qu’il avait payé sa dette à la Société, et bien non, il n’a été question que de cette bêtise déjà jugée, et presque pas de sa carte non tamponnée dans les temps. En fait ce juge avait déjà décidé du sort de Taoufik, elle l’a fait passer pour un dangereux malfaiteur, lui disant et bien :“ pour que vous ayez eu 4 mois de prison ferme plus 4 mois de sursis, vous avez du attaquer sauvagement ces personnes”. Elle ne connaissait rien de ce que la police du 4ème arrondissement de Paris avait fait subir à Taoufik, ni dans quelles circonstances ils avaient arrachés des aveux aux jeunes qui se sont rétractés devant le juge lors du dernier jugement du 06 août 2008.
Sans rien connaître de la situation, elle a refait devant nous le jugement de Taoufik alors que nous n’étions pas là pour ça, l’avocate lui a d’ailleurs fait remarquer que nous étions là pour les papiers de Taoufik qui n’étaient pas en règle. Elle a dit à Taoufik des choses très dures, il n’arrivait même pas à répondre à ses questions. Il était mal et nous étions mal aussi, elle lui a dit qu’il était un danger pour les français. Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais !!!!

- Taoufik a été négligeant de ne pas avoir été faire renouveler ses papiers à la préfecture des Hauts de Seine, mais il travaillait dur pour son bac, il sortait peu et ces démarches administratives pourtant importantes lui sont passées un peu au dessus de la tête. Je m’en veux d’autant plus que je suis fonctionnaire de Mairie et que j’aurai dû me montrer plus vigilante avec les papiers de Taoufik.

Nous avons déjà tous beaucoup souffert, je demande comme une prière que mon pays la France que j’aime tant me permette de continuer de m’occuper de Taoufik avec l’aide de son frère Abder, français, et en France depuis 20 ans et que Taoufik puisse finir ses études et faire honneur à la France qu’il aime de tout son cœur.
Nous considérons Taoufik comme un de nos fils, nous nous sommes attachés à ce jeune homme gentil et discret et nous nous engageons à le soutenir chaque jour et à veiller sur lui pour qu’il se construise un bel avenir dans notre beau pays des droits de l’homme.


L'ECHEC DE LA PREMIERE TENTATIVE D'EXPULSION
Nous étions une vingtaine ce matin 22 août à 5h30 au terminal 2F de Roissy pour discuter avec les passagers du vol AIR FRANCE Paris-Casablanca sur lequel Taoufik, 21 ans, élève de terminale Bac pro à Louis Girard à Malakoff (92) devait être expulsé (voir son histoire racontée par sa famille d'accueil sur le blog de Libération www.liberation.fr LibéBlog A l'école des sans papiers). Sa famille d'accueil donc, son frère, trois de ses profs prévenus en catastrophe, une conseillère municipale, les RESF de Montrouge et de Malakoff.
Assez peu de passagers à l'embarquement, de très rares réactions d'hostilité et des discussions avec des passagers le plus souvent choqués de ce qu'ils entendaient et scandalisés d'apprendre que l'avion AIR FRANCE qu'ils se disposaient à prendre serait converti en fourgon cellulaire volant avec au moins un expulsé, menotté, attaché à son siège d’avion AIR FRANCE et saucissonné de la tête aux pieds et bâillonné s'il protestait. Plusieurs passagers d’AIR FRANCE se disent disposés à demander à voir le commandant de bord pour lui faire savoir leur refus de voyager ces conditions dégradantes pour la personne expulsée mais aussi pour les autres passagers et l’équipage d’AIR FRANCE. Plusieurs notent des numéros de téléphone pour raconter ce qui se passe dans l’avion d’AIR FRANCE. Il n’a pas été possible de rencontrer le chef d’escale d’AIR FRANCE mais les employés d’AIR FRANCE présents ne cachaient pas leur gêne et leur désapprobation des expulsions auxquelles collabore AIR FRANCE.
7 h10, l’embarquement est terminé. Par chance, l’avion d’AIR FRANCE pour Casablanca est visible et facile à repérer : c’est celui devant lequel est stationné un fourgon de police. 7h36, trois silhouettes, des policiers en civil, apparaissent sur la passerelle encadrant une quatrième personne menottée, toute frêle : « Taoufik » s’exclame sa mère adoptive, en sanglots. Grosse émotion parmi les soutiens. Plusieurs passagers téléphonent : Taoukik s’est mis à hurler, effervescence à bord, certains refusent de s’asseoir, d’autres d’attacher leur ceinture. Les policiers battent en retraite.
Jusqu’à 10h, c’est le black out policier. Puis l’information arrive : Taoufik a été ramené à la prison administrative pour étrangers de Palaiseau.
Plusieurs enseignements : le premier est que les services préfectoraux et policiers s’arrogent des droits qui ne sont pas les leurs en décidant de ne pas poursuivre le délit de refus d’embarquer (ce devrait être le procureur qui décide). Le second est que 20 personnes venues à Roissy de l’autre bout de l’agglomération parisienne, à 5h30 du matin en solidarité avec une jeune sans papiers, la population de ce pays est loin d’être aussi raciste et abrutie que le rêvent certains.
On continue !


22/08/08 :

Nous étions une vingtaine ce matin 22 août à 5h30 au terminal 2F de Roissy pour discuter avec les passagers du vol AIR FRANCE Paris-Casablanca sur lequel Taoufik, 21 ans, élève de terminale Bac pro à Louis Girard à Malakoff (92) devait être expulsé (voir son histoire racontée par sa famille d'accueil sur le [blog de Libération ->http://sanspapiers.blogs.liberation.fr/sans_papiers/2008/08/nous-soussigns.html]).
_ Sa famille d'accueil donc, son frère, trois de ses profs prévenus en catastrophe, une conseillère municipale, les RESF de Montrouge et de Malakoff.

Assez peu de passagers à l'embarquement, de très rares réactions d'hostilité et des discussions avec des passagers le plus souvent choqués de ce qu'ils entendaient et scandalisés d'apprendre que l'avion AIR FRANCE qu'ils se disposaient à prendre serait converti en fourgon cellulaire volant avec au moins un expulsé, menotté, attaché à son siège d’avion AIR FRANCE et saucissonné de la tête aux pieds et bâillonné s'il protestait. Plusieurs passagers d’AIR FRANCE se disent disposés à demander à voir le commandant de bord pour lui faire savoir leur refus de voyager ces conditions dégradantes pour la personne expulsée mais aussi pour les autres passagers et l’équipage d’AIR FRANCE. Plusieurs notent des numéros de téléphone pour raconter ce qui se passe dans l’avion d’AIR FRANCE. Il n’a pas été possible de rencontrer le chef d’escale d’AIR FRANCE mais les employés d’AIR FRANCE présents ne cachaient pas leur gêne et leur désapprobation des expulsions auxquelles collabore AIR FRANCE.

7 h10, l’embarquement est terminé. Par chance, l’avion d’AIR FRANCE pour Casablanca est visible et facile à repérer : c’est celui devant lequel est stationné un fourgon de police. 7h36,  trois silhouettes, des policiers en civil, apparaissent sur la passerelle encadrant une quatrième personne menottée, toute frêle : « Taoufik » s’exclame sa mère adoptive, en sanglots. Grosse émotion parmi les soutiens. Plusieurs passagers téléphonent : Taoukik s’est mis à hurler, effervescence à bord, certains refusent de s’asseoir, d’autres d’attacher leur ceinture. Les policiers battent en retraite.
Jusqu’à 10h, c’est le black out policier. Puis l’information arrive : Taoufik a été ramené à la prison administrative pour étrangers de Palaiseau.

Plusieurs enseignements : le premier est que les services préfectoraux et policiers s’arrogent des droits qui ne sont pas les leurs en décidant de ne pas poursuivre le délit de refus d’embarquer (ce devrait être le procureur qui décide). Le second est que 20 personnes venues à Roissy de l’autre bout de l’agglomération parisienne, à 5h30 du matin en solidarité avec une jeune sans papiers, la population de ce pays est loin d’être aussi raciste et abrutie que le rêvent certains.
Le troisième et le plus important est que puisque la préfecture de l’Essonne s’acharne sur Taoufik, il faut lui faire savoir ce qu’on en pense, plus fort et plus nombreux : voir coordonnées ci-dessous

Et, bien sûr, être prêts à retourner à l'aéroport si la police fait une nouvelle tentative d'expulsion.


Taoufik El MADROUSSI, lycéen marocain de 21 ans, en France depuis 2002 d'abord chez son frère (français) puis dans une famille d'accueil a fait une connerie en mai dernier. Pour fêter son anniversaire, il est allé à Paris avec le fils de la famille d'accueil et trois autre copains. Ils ont bu (alors qu'ils ne boivent jamais), ont déconné, fait la manche, la BAC est intervenue très violemment puis les a bien chargés. Chr. et Taoufik se sont retrouvés en prison pour 4 mois. La famille d'accueil, très attachée à ce garçon, insiste sur le fait que c'est un accident, que ça ne correspond en rien à son comportement habituel ce que ses profs confirment.
Chr, qui est français a été libéré le 13 août, Taoufik aussi... pour être immédiatement conduit en centre de rétention à Palaiseau.
On a découvert le problème avant-hier. Réunion hier avec les RESF Montrouge et Malakoff plus la famille d'accueil et le frère de T. Il est prévu sur un vol pour Casablanca demain matin (vendredi 22) 7h35. On sera donc avec sa famille et un ou deux profs à 5h30 à Roissy 2F. On aura peut-être  France 3.

préfet : jacques.reiller@essonne.pref.gouv.fr
secrétaire général : michel.aubouin@essonne.pref.gouv.fr
Directeur de l'Identité et de la Nationalité : francois.garnier@essonne.pref.gouv.fr
Chef du bureau de l'éloignement : robert.texier@essonne.pref.gouv.fr

fax service éloignement : 01 69 91 96 06
fax général :  01 64 97 00 23

Fax ministère Hortefeux : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00  Standard 01 77 72 61 00
Conseiller du ministre : patrick.stefanini@iminidco.gouv.fr
Directeur de cabinet : thierry.coudert@iminidco.gouv.fr
Directeur-adjoint : guillaume.larrive@iminidco.gouv.fr
Conseillers techniques : sabrina.belkhiri-fadel@iminidco.gouv.fr  et
geoffroy.didier@iminidco.gouv.fr
à Matignon  :
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire
Elysée : http://www.elysee.fr/ecrire/index.html
Maxime Tandonnet (conseiller immigration) maxime.tandonnet@elysee.fr
vendredi 22 août 2008.

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