
Les manifestants ont voulu adresser un carton rouge à Nicolas Sarkozy. :

Crécelles, tambourins, casseroles, poêles... Tous les moyens étaient bons pour faire du bruit. Environ 500 personnes manifestaient, hier midi, devant la mairie de Laval, en marge de la visite de Nicolas Sarkozy en Mayenne.
« Les raisons de manifester ne manquent pas, lancent tous les porte-parole des différents partis politiques présents, PS, PC, Verts, LCR. En vrac, la ligne à très haute tension (THT), la fermeture du 42e RT, l'expulsion de la famille Kocamer. « Toutes les mesures prises et politiques mises en place depuis plus d'un an », résume Francine Desnos, secrétaire départementale de la CGT.
Parmi les manifestants, on retrouve de nombreux élus de gauche, venus protester contre l'expulsion vers la Turquie, mercredi, de la famille Kocamer. Comme Michel Ferron, conseiller général, venu après l'accueil de Nicolas Sarkozy au conseil général, « privilégiant ce rassemblement populaire » au discours présidentiel à Changé.
De son côté, Françoise Marchand, conseillère régionale des Verts avait fait le choix de ne pas aller au conseil général. « Cette manifestation est un signe fort pour que des expulsions comme celle des Kocamer ne se reproduisent plus », ajoute Yan Kiessling, premier adjoint au maire de Laval.
Les portraits des Kocamer en tête
Une manifestation organisée loin du président de la République. Ce que regrette Anne Fraudin, maman d'une camarade de classe d'Ahmet: « Nicolas Sarkozy ne voit même pas notre mécontentement ! »
Un choix qui peut surprendre mais qui a été réfléchi. « Nous ne voulions pas nous frotter à Nicolas Sarkozy, explique Jean-Marc Bédue, porte-parole de RESF. Il s'agissait de ne pas répondre à ce déploiement policier. »
Une fois la rue de la Paix rendue à la circulation, le cortège se dirige vers la préfecture. En tête, les militants de RESF et les soutiens à la famille Kocamer brandissent des portraits d'Ahmet, 12 ans et d'Erem, 5 ans, barrés du mot « expulsé ».
Devant les grilles et la douzaine de CRS encore présents, une minute de silence est demandée. Il est 13 h 30, les manifestants commencent à se disperser. Nicolas Sarkozy, lui, est déjà reparti pour Paris, sans les avoir vus.