accueil RESF
HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN,
ILS SONT SOUS NOTRE PROTECTION!
DON au RESF
Accueil > RESF - Collectifs locaux > 08-Ardennes > Dans les médias
Contact

L’Union/« C’est le droit d’asile qu’on assassine ! »

Article paru le : 27 juin 2008
 

Arlette Sauvage :  Sous couvert de contrler l'immigration, on supprime la notion de droit d'asile politique .
Arlette Sauvage : « Sous couvert de contrôler l'immigration, on supprime la notion de droit d'asile politique ».
Elle croule sous les appels, les dossiers, les courriers à écrire, les fax à envoyer et les coups de fil à donner à la police de l'air et des frontières, à la Cour européenne des droits de l'homme, au tribunal administratif.

Si elle avait deux vies, Arlette Sauvage n'aurait pas assez de temps à consacrer aux étrangers sans papier qui mobilisent quotidiennement l'énergique et subtile application qu'elle met à débrouiller les situations les plus complexes, les causes les plus compromises. « Ne parlez pas de moi, mais de tous les bénévoles de l'association qui se donnent sans compter », demande t-elle, modeste.

Depuis 1999, Arlette est l'une des responsables de la Cimade Ardennes (collectif intermouvements pour l'aide aux déplacés et aux étrangers). L'association travaille avec le réseau éducation sans frontières (RESF), la ligue des Droits de l'homme, Amnesty International, l'Action chrétienne pour l'abolition de la torture, le comité local d'action contre la faim…

Chaque année, 30 à 35 dossiers lui passent dans les mains. Angolais, Russes, Ouzbeks, Marocains, Kazakhs, Algériens… Rien de ce qui touche au sort pathétique des sans-papiers de passage dans les Ardennes ne l'indiffère. « Parce que les actes sont préférables aux belles phrases », dit cette ancienne agricultrice reconvertie avec son mari Dominique, un commandant de bord retraité, dans la « défense citoyenne » des étrangers en situation irrégulière. « Nous sommes là pour faire jouer tous les moyens du droit ».

À force de « harceler » ses interlocuteurs, la militante du Cimade ne s'est pas faite que des amis dans l'administration. « Ils ont du mal à me supporter. Je suis dans le rouge, mais qu'est-ce que je risque ? », interroge t-elle tout en vitupérant contre « cette politique qui, sous couvert de contrôler l'immigration, fait une croix sur la notion de droit d'asile politique. Pour atteindre les quotas, le fond desdossiers n'est plus examiné. On provoque des situations dramatiques contraires aux droits de l'homme, on humilie, on traite les gens comme des malfaiteurs », assène Mme Sauvage qui fait remonter la « pression sur les étrangers » à 2002 et l'arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. « C'est depuis cette date que les préfectures font systématiquement appel des décisions de tribunaux administratifs favorables à l'obtention du droit d'asile à tel ou tel demandeur ».

Selon elle, les « premières victimes des quotas » ne seraient pas des migrants économiques mais politiques. « L'obsession du chiffre amène les préfectures à mettre en place des mesures d'éloignement de gens qui font une démarche de régularisation et se font piéger. Pendant ce temps, les vrais clandestins se planquent. Même certains policiers en ont marre de ne plus avoir le temps de s'occuper des vrais délinquants ».

En 2007, le ministère de l'Immigration avait assigné aux Ardennes un quota de 111 exclusions. Arlette ignore si l'objectif a été revu à la hausse pour 2008. Qu'importe d'ailleurs, puisqu'à ses yeux, une telle approche comptable heurtera toujours « les valeurs françaises, faites d'éthique, de justice, d'égalité ». « Le rayonnement et la dignité de la France en prennent un sacré coup », conclut-elle à l'instant où elle apprend, mardi, qu'une famille Tchétchène arrivée dans les Ardennes le 24 décembre en provenance de Pologne et déboutée de sa demande d'asile politique, vient d'être expédiée illico au centre de rétention de Metz. « Ils n'ont même pas attendu le délai légal de 24 heures au cours duquel un recours auprès de la cour européenne des droits de l'homme est encore possible ».

Pour « sauver » cette famille, selon elle « menacée par le pouvoir tchétchène aux ordres de Moscou », Arlette passera donc encore de longues heures accrochée au téléphone. Accrochée au dernier espoir d'un ultime recours.« Une insulte aux valeurs françaises »

http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/149017/#
mercredi 3 septembre 2008.

Faire connaître cet article

Partager  
Derniers articles parus :
FIL RSS   liste actusWWW