Le tribunal correctionnel de Laval a mis en délibéré au 6 novembre son jugement dans l'affaire d'un ex-conseiller général poursuivi pour "offense au chef de l'Etat". Hervé Eon, militant de RESF et proche des mouvements altermondialistes avait été interpellé le 28 août par deux policiers en civil alors qu'il roulait à vélo près du boulevard où la voiture présidentielle s'apprêtait à passer.
Au passage de la limousine, il avait réussi à sortir sa pancarte, qu'il voulait initialement brandir lors d'une manifestation en faveur des sans-papiers prévue à l'occasion de la visite de M. Sarkozy. L'institution insultée ?
Le parquet a requis 1.000 euros d'amende à l'encontre d'Hervé Eon, un chômeur de 56 ans, ancien conseiller général à Laval. Le procureur de la République de Laval Alex Perrin a estimé que "lorsqu'on insulte le président, on insulte l'institution". "La défense de la République et de la démocratie, c'est réagir et ne pas laisser passer des offenses à la République et à la démocratie", a-t-il ajouté lors de son réquisitoire. Délit pas constitué ?
L'avocate de M. Eon, Me Dominique Noguères, a estimé qu'il n'y avait "pas de base juridique" pour accuser son client. "Le délit d'offense n'est pas constitué", a-t-elle assuré, avant de plaider la relaxe. Vocabulaire fleuri
Au salon de l'agriculture, au printemps derner, Nicolas Sarkozy avait lui aussi utilisé un vocabulaire fleuri pour répondre à un visiteur qui ne souhaitait pas lui serrer la main.
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"Casse-toi pauvre c.." au tribunal (Telegramme de Brest)
