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Medias - La Voix du Nord - VDN

La peur de l’expulsion comme quotidien pour Sandra et ses quatre filles

 
dimanche 26.10.2008, 04:59 - La Voix du Nord

 Sandra, son compagnon Samir et sa fille aînée Amdija, une famille intégrée mais expulsable. Sandra, son compagnon Samir et sa fille aînée Amdija, une famille intégrée mais expulsable.

|  SOCIÉTÉ |

Quatre mois après Yohann et Xiaoli, de nouvelles menaces d'expulsions pèsent sur une famille dunkerquoise. Arrivée en France en janvier 2007, Sandra, de nationalité serbe, est expulsable depuis le 8 septembre. Avec son compagnon et ses quatre filles, bien intégrées et scolarisées, Sandra vit depuis dans la peur du lendemain.

L'incertitude se lit sur son visage. Les sourires sont rares ou forcés. Depuis plus d'un mois, Sandra Barbul, une trentenaire serbe d'origine rom, peut être expulsée du pays - l'arrêté de la préfecture date du 8 septembre.

La famille Barbul, Sandra, ses quatre filles et son compagnon, est arrivée à Dunkerque en mars 2007, après deux mois passés à Strasbourg au centre d'asile en provenance d'Allemagne. Ils fuyaient leur pays, victimes de discriminations dues à leurs origines rom. Là-bas, les enfants n'étaient pas acceptés à l'école, les parents ne pouvaient pas travailler. La France était pour eux une terre d'accueil, un espoir après des années d'infortune et de misère. Le rêve n'aura pas duré.

Pourtant, la famille s'est parfaitement intégrée à la vie locale. Les quatre filles sont scolarisées normalement et le compagnon de Sandra travaille bénévolement pour les Restos du Coeur et l'AJS. Elle prend régulièrement des cours de français. De plus, Amdija, l'aînée de 13 ans, ne parlait pas la langue à son arrivée. Placée en CLAD - une classe adaptée -, l'adolescente n'y est restée que six mois, faisant preuve, selon ses professeurs, d'une «  attitude exemplaire ». Elle suit désormais les cours d'une cinquième « normale » au collège Paul-Machy. Draga, Sarah et Suada sont inscrites à l'école de la Meunerie. Toutes maîtrisent aujourd'hui la langue, un signe explicite d'intégration réussie. D'autant plus que ces filles ont chacune reçu le soutien des enseignants, directeurs d'établissements ou parents d'élèves où elles sont scolarisées. Leurs camarades de classe seraient même très touchés et choqués à l'idée de voir leurs amies être expulsées de la sorte.

Intégration saluée

Depuis plus d'un mois, le Réseau éducations sans frontières (RESF) se mobilise pour «  alerter et sensibiliser à propos de la situation de Sandra », indique Yves Pannequin, de RESF. Une pétition circule ainsi à la sortie des écoles locales et sur Internet. Près de 500 signatures ont pour le moment été recueillies. La Ligue des droits de l'homme (LDH) s'est liée au mouvement, en écrivant fin septembre à la préfecture.

Citant des circulaires précises, la LDH estime que le préfet a les pouvoirs légaux de régulariser Sandra Barbul, «  pour raisons humanitaires.  » Pour l'instant, la famille est donc dans l'attente d'une réponse, «  qui pourrait ne jamais arriver », soupire la représentante locale de la LDH.

La peur du lendemain, l'expulsion à tout moment : le destin incertain d'Amdija, Draga, Sarah et Suada, quatre filles scolarisées à Dunkerque. •

ADRIEN LANOY

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Dunkerque/actualite/Secteur_Dunkerque/2008/10/26/article_la-peur-de-l-expulsion-comme-quotidien-p.shtml

lundi 27 octobre 2008.

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