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Marseille : Tentative d’homi-suicide (in)volontaire

 
Communiqué RESF 13
Lundi 27 octobre 2008
 

Tentative d'homi-suicide (in)volontaire

Double peine : la préfecture des Bouches du Rhône devrait y réfléchir à deux fois.

 

Samedi 25 octobre devait être un jour heureux pour la famille BECHAREF : après plus de deux ans de prison, Monsieur Becharef allait retrouver ses deux enfants (2 ans et 3 ans qu'il ne connait qu'à travers le parloir) et sa femme (française). Mais la préfecture des Bouches du Rhône en a décidé autrement : la veille de sa libération anticipée (2 mois de remise de peine pour bonne conduite), M. Becharef se voit notifier un arrêté d'expulsion. Samedi 25 octobre au matin c'est un agent pénitentiaire des Baumettes qui indique à Mme Becharef venu attendre son mari qu'il a été transféré au centre de rétention de Marseille…

Dans la soirée du samedi 25 octobre, M. Becharef tente de se pendre dans sa « chambre » (car il n’est plus en cellule bien sûr…) et finalement, transporté aux urgences de l’Hôpital Nord.

Tout ça n’a pas ému plus que ça le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) qui lundi 27 décide de maintenir M. Becharef en rétention (bien qu’il ne s’y trouve pas !).

Heureusement, il existe aujourd’hui en France des médecins psychiatres à qui il faut rendre hommage, qui ont considéré que l’état de santé de M. Becharef était incompatible avec une privation de liberté. Il doit donc normalement être placé dans un autre hôpital en hospitalisation libre où il pourra recevoir des visites, sans surveillance policière. Reste que vu l’Etat de l’Hôpital en France, il faut qu’un lit se libère et ce soir M. Becharef est toujours à l’Hôpital Nord.

L’irresponsabilité du chiffre, c’est aussi du sang

Si un drame a donc été évité de justesse, M. Becharef reste néanmoins sous le coup d’un arrêté d’expulsion. De quel droit la préfecture inflige-t-elle à cette famille cette nouvelle épreuve ? M. Becharef a purgé sa peine (pour recel de faux papiers ; ce n’est pas un dangereux terroriste) ; pourquoi ajouter un bannissement de France ?

Les déclarations de N. Sarkozy ministre de l’Intérieur sur la fin de la double peine feraient aujourd’hui sourire si elles n’entrainaient pas des actes d’auto-mutilation et des tentatives de suicide.

Que la préfecture des Bouches du Rhône ne vienne pas dire qu’elle ignore ces gestes de désespoir qu’elle induit par ces décisions. Les assises des unités médicales des centres de rétention administrative, réunies le 10 octobre 2008 à Marseille, ont sonné l’alarme : trente-sept tentatives de suicide au centre de rétention administrative (CRA) à Marseille en 2007 (contre une seule à Lyon, trois à Nice…, voir http://www.educationsansfrontieres.org/?article15851 )

Vraiment il est temps de faire passer les droits fondamentaux avant les signes en direction des électeurs du FN.

Fermeture des centres de rétention

Malheureusement ce n’est pas la voie choisie par le Sinistre de la Rafle et du Drapeau qui s’évertue à réduire les droits des Sans Papiers en rétention en virant la Cimade des CRA et en la remplaçant par des associations plus dociles, sur la base d’un appel d’offre scandaleux (et retoqué par la justice) comme si les droits des étrangers pouvaient se réduire à un marché ! 67 000 personnes l’ont déjà exprimé clairement ; c’est NON ! (pétition nationale http://www.placeauxdroits.net/petition2/index.php?petition=5 )

Nul doute que cette réforme liberticide (une de plus) ne va pas faire baisser le nombre de tentatives de suicide dans les centres de rétention.

Les Sans Papiers qu’on y enferme n’ont commis aucun délit, ils n’ont rien à y faire. Avant que d’autres drames quasi quotidiens n’adviennent, ces centres doivent être fermés.



mardi 28 octobre 2008.

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