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P905 - Paris / Rennes : Appel à soutien pour Karine, jeune étrangère malade et emprisonnée

 

17/11 :

Au terme de l’audience au TGI de Bobigny, éprouvante tant pour Karine que pour les nombreux soutiens sur place, le juge a décidé de reporter l’audience au 15 décembre, demandant dans l’intervalle une expertise psychiatrique et le maintien de Karine en détention à la prison de Fleury.

La consternation, voire même la stupeur, était visible même sur les visages des autres personnes en attente de jugement.

Extraits d’un compte-rendu rapide de la part d’une personne sur place :

« Karine est arrivée menottée, se débattant et gémissant. Le procureur a demandé qu’on la désentrave. Elle n’a que rarement répondu aux questions sur son identité. … elle était apeurée.

Me Terrel a demande un report d’audience et une expertise psychiatrique. Nous étions nombreux dans la salle pour soutenir Karine, dont plusieurs personnes de Rennes [où elle a été placée en centre administratif de rétention suite à son arrestation après son hospitalisation]. Un des soutiens a fourni une attestation d’hébergement. Le procureur s’est insurgé contre la libération et l’illogisme de confier Karine, peut-être malade mentale, à des personnes non qualifiées.

Jugement : report de l’audience au 15 décembre, expertise psy, retour à Fleury-Mérogis (protestation dans la salle).

Savoir que le délai pour les expertises est très long. Savoir aussi qu’un juge ne peut pas décider d’un placement d’office en hôpital spécialisé : c’est une décision préfectorale. »

Nous sommes donc ce soir très inquiets sur le sort de Karine, dont il était évident aux yeux de tous que sa place n’est pas en prison.

L’appel reste en ligne. Nous réfléchissons sur les suites à donner une fois le choc de cette journée passé. Nous vous tiendrons au courant.

14/11 :

Karine a refusé d’embarquer le 18 octobre. Son audience pour refus d’embarquement aura lieu ce lundi 17 Novembre 2008 à 13 heures au TGI de Bobigny (18è chambre).

Soyons présents, et par notre présence disons haut et fort que Karine doit être soignée et non pas rejetée.

Vous pouvez aussi rejoindre la liste des signataires (voir en bas de l’article).

Pour Karine, jeune étrangère malade et emprisonnée

Dans sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis, Karine attend de passer en jugement pour son refus de se laisser expulser. Elle s‘est enfoncée dans un mutisme total, ne donnant aucune signe de reconnaissance.

Troubles mentaux, suites de malaria cérébrale, accablée par son infortune ? Peut-être un mélange de tout cela. Se souvient-elle de sa propre histoire ? Sait-elle quand exactement elle est née ? Personne ne peut répondre avec certitude. Ce que nous savons par contre, nous qui avons tenté de reconstruire son parcours, c’est qu’elle a été ballottée dans tous les sens, à en perdre – littéralement - la tête.

Expédiée depuis Kinshasa (République Démocratique du Congo) en juillet dernier, à l’abandon dans les rues de Rennes, elle a atterri dans une permanence d’accueil des étrangers. Première confusion – (ou vérité ?) : on la considère comme mineure, elle est confiée à une famille d’accueil. Cela se passe d’abord pour le mieux, mais Karine s’enfonce peu à peu dans les pleurs et les cris. Finalement, l’urgence arrive ; le SAMU emmène Karine à l’hôpital le 21 août. Dans l’ambulance, Karine se déclare majeure, position qu’elle maintient tant devant le Juge des enfants, qui met fin à sa prise en charge ASE, que plus tard devant le Juge des Libertés et de la Détention. Tout en glissant à l’oreille de ses soutiens, presque par hasard et bien trop tard, qu’elle n’a que 16 ans.

A sa sortie de l’hôpital le 29 août, sa détresse dépasse les compétences des intervenants sociaux ; elle est très mal en point. Aucune structure sociale ou de soins n’est à même de lui proposer une prise en charge et un hébergement adaptés. Le soir du 2 octobre, à l’heure de la fermeture de la salle d’attente du SAO (service d’accueil et d’orientation) de Rennes, elle fait quelques mètres et se fait arrêter par la police à l’arrêt de bus le plus proche.

Maintien en rétention décidé par le Juge, absence de recours au Tribunal Administratif : son expulsion est décidée. Karine semble cependant avoir eu un sursaut suffisant, au dernier moment, pour résister à son embarquement pour la RDC, qui devait avoir lieu samedi 18 octobre. Depuis cette date, elle croupit à la prison de Fleury-Mérogis, femme jeune – sinon mineure - et seule, risquant une double voire triple peine : en tant que récalcitrante, en tant que migrante, en tant que souffrante qui, si elle devait se retrouver de force dans les rues de Kinshasa, sans famille, dans un pays où la guerre civile s’accentue de jour en jour, ne pourrait tout simplement pas survivre.

L’indifférence du gouvernement français envers les étrangers malades est depuis longtemps manifeste, quoique insuffisamment reconnue. Mais emprisonner puis renvoyer Karine relève de la plus haute injustice et du plus bas niveau d’humanité.

Nous ne pouvons nous résoudre à accepter tant de mépris à son égard !

Solidairement, nous nous portons garants de sa représentation en France, afin qu’au plus vite, elle puisse ici bénéficier de la protection et des soins adaptés que son état de détresse et sa vulnérabilité nécessitent.

L’audience pour refus d’embarquement aura lieu ce lundi 17 Novembre 2008 à 13 heures au TGI de Bobigny.

Soyons présents, et par notre présence disons haut et fort que Karine doit être soignée et non pas rejetée, encore moins renvoyée vers une issue qui lui serait fatale.


Les soutiens de Karine
Fred Aiddid , Emma Bajac, Laurence Carbonneaux, Henri Cron, Françoise Haas, Anthony Jahn, Danielle Krassilchik, Marie-Odile Mougin, Dominique Perez, Catherine Stern, Elizabeth Zucker, Isabelle de Liffiac Collectif Enfants Etrangers de Nantes/RESF44 ; Alain et Joelle Quemener, Jean-Claude Kernin.
Dr Françoise Buzelin Psychiatre ; Dr Bernard Doray Psychiatre des Hôpitaux ; Dr Philippe Gasser Psychiatre; Dr Pierre Paresys Psychiatre des Hôpitaux ; Odette Toulet Castera Psychanalyste ; Florence Ostier Graphothérapeute Clinicienne


Ont rejoint cet appel :
J . Arditty, Enseignant (retraité) et chercheur ; Monique Bertranne, fonctionnaire retraitéE ; Mf Bontemps ; Liliane Cassin ; Gaelle Corrigou ; Farah ; Anik Garnier ; Bernard Garnier ; Françoise Lafragette ; Corine Lefort ; Edith Morin ; Jean-Pierre Quiviger ; Thierry Roger, Ouvrier, Citoyen du Monde Libre ; Michel Savaric, enseignant-chercheur, Besançon ; Martine Sermier Assistante Sociale à Meaux ; Catherine Simon ; Jules Siran ; Vincent Soubeyran, Luxembourg ; Timis ; Josette Valois ; Muriel Wolfers ;

Contacts RESF sur ce dossier :
Anthony Jahn 06 61 98 45 18 ajahn.photoj@gmail.com ; Florence Ostier 06 65 35 15 24 ostier@noos.fr ;

Karine_appel_resf_Vdef
Karine_appel_resf_Vdef.rtf


Articles précédents :


mardi 21 octobre 2008 dans RESF - Collectifs locaux / 35-Ille-et-Vilaine


Et ailleurs sur le net, cet appel est relayé (merci!) ici :

Cette honte qui nous survivra
Fil d'espoir
Surenchère dans l'intolérable
Place assise non numérotée
http://www.demosphere.eu
En attendant le temps des cerises
Sûrement pas en notre nom


Vous pouvez aussi rejoindre les signataires de cet appel!
Précisez lors de votre signature que vous souhaitez rejoindre la liste des soutiens de Karine ci-dessus.
Mais vous pouvez aussi simplement signer, pour Karine!
mardi 18 novembre 2008.

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3) Nous nous réservons la possibilité de bloquer les adresses email qui auraient adressés des messages à caractère raciste, hostile, ou sans rapport aucun avec la pétition (spam, etc.)

 Que mettre ici ?

Que mettre ici ?
Une pétition si elle est bien sûr une manifestation de solidarité et de soutien à la cause décrite a pour vocation de convaincre les autorités et les juges du bien fondé de cette cause et du sérieux et de la motivation des signataires. Il faut donc qu'elle apparaisse dans tous ses éléments comme crédible et respectueuse : Nom : nom et prénom du signataire (évitez les pseudos : celui qui signe s'engage personnellement) suivi autant que possible d'une indication qui peut lui donner du poids et/ou du sens : métier, fonction ...
Entrez votre nom comme par exemple « Marie Dubois »
(prénom nom, et autres précisions que vous jugerez utiles : Ville, Fonction, Mandat, Appartenance...). Nous protégeons strictement votre adresse email ; Nous faisons le maximum pour que les autres informations ne soient pas archivées sur internet et consultables quand on y fait une recherche. Mais votre nom et les autres indications que vous y joignez sont visibles à la consultation des dernières signatures.
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. Risque légal : La plupart des pétitions ne comportent pas ce risque (délit de solidarité"). si vous ne souhaitez pas assumer ce risque, vous avez le choix de ne pas signer, ou de signer avec un pseudonyme mais ce dernier recours ôte de la crédibilité à la pétition toute entière.
Vous pouvez exprimer votre soutien de bien d'autres façons : faire un don, aider le collectif le plus proche de vous, etc.
En cas de problème, si vos noms ou qualités comportent une erreur, si vous souhaitez les changer, si vous souhaitez qu'un(e) proche signe avec votre adresse email, etc. : contactez appel@resf.info si possible en répondant au message reçu de façon à conserver toutes les informations décrivant la pétition et votre signature, et avec la même adresse email que celle utilisée pour la signature ... Un humain(!) vous répondra.

NB: Nous nous reservons la possibilité de rejeter les signatures comportant des noms ou autres indications à caractère injurieux ou infamants.

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Une pétition si elle est bien sûr une manifestation de solidarité et de soutien à la cause décrite a pour vocation de convaincre les autorités et les juges du bien fondé de cette cause et du sérieux et de la motivation des signataires. Il faut donc qu'elle apparaisse dans tous ses éléments comme crédible et respectueuse.
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Vos commentaires pourront peut-être être utilisés par les initiateurs de la pétition pour ajouter des arguments ou des formulations utiles à la défense de la cause objet de la pétition.
Tout autre commentaire à l'intention de RESF doit être adressé au contact indiqué pour cette pétition
ou à : appel@resf.info


752 signatures en ligne
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