http://mayotte.rfo.fr/article475.html
Reconduites à la frontière suspendues à Mayotte
MAMOUDZOU, 17 novembre 2008 (AFP) - Les reconduites à la frontière
d'immigrés clandestins comoriens sont suspendues à Mayotte depuis le 7
novembre à la suite du refus des autorités comoriennes de continuer à
accueillir leurs ressortissants, selon le correspondant de l'AFP.
L'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière en vigueur dans la
collectivité départementale reste cependant valable et les procédures
habituelles de lutte contre l'immigration clandestine continuent de
s'appliquer.
Les clandestins interceptés à leur arrivée en kwassa-kwassa, des
petites embarcations, sont conduits au centre de rétention de
Pamandzi, dont la capacité n'est que de 60 places.
Selon une lettre d'information locale, 143 personnes y étaient
retenues lundi 10 novembre, dont une vingtaine d'enfants.
Après cinq jours de rétention, les clandestins doivent être reconduits
à la frontière.
Mais comme l'île autonome d'Anjouan (Comores), d'où la plupart
proviennent, a de nouveau suspendu les liaisons aériennes et
maritimes, la police aux frontières les relâche et ils disparaissent
aussitôt dans la nature.
Les passeurs sont pour leur part arrêtés, jugés et condamnés à la
prison pour mise en danger de la vie d'autrui.
Entre 50.000 et 60.000 Comoriens vivent en situation irrégulière à
Mayotte et les reconduites à la frontière augmentent année après
année.
Les chavirages de kwassas font régulièrement des morts.
L'ancien sénateur UMP de l'Ardèche Henri Torre a estimé dans un
rapport récent que le coût de la présence à Mayotte de 50.000 à 60.000
immigrés clandestins "dépasse 50 millions d'euros par an pour les
dépenses" d'éducation et de santé.
M. Torre relève en comparaison que "le coût de la politique de lutte
contre l'immigration clandestine menée par les services de police et
de gendarmerie, bien que croissant, ne dépasse pas 5 millions d'euros
par an".
Plus de 16.000 immigrés arrivent clandestinement sur le territoire
mahorais chaque année, soit près de 10% de la population, selon le
rapport.
jeudi 20 novembre 2008.