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EXPULSE LE 31.12.08 !!! YILMAZ, kurde bordelais enfermé au CRA de Marseille, EST EN TURQUIE....

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EXPULSE LE 31.12.08 !!!
YILMAZ, kurde bordelais enfermé au CRA de Marseille, EST EN TURQUIE....

Il risque sa vie s'il retourne en Turquie

 

Il doit prendre un vol à 7h55 de Marseille, Vol Marseille (7h55)-Paris CDG (9h25). Départ pour Istanbul à 10h10 Air France.

Lettre ouverte d’O.L., professeur à Marseille :

Aujourd’hui, Ertugrul Yilmaz a été expulsé.

Nous étions une quinzaine de militants du RESF 13 à l’aéroport ce matin dès 6h pour tenter d’empêcher l’expulsion d’Yilmaz. Nous n’avons pas réussi. A aucun moment nous n’avons vu Yilmaz. Nous n’avons pas vu non plus les policiers enregistrer son billet au comptoir. Ils ont dit qu’il était bien prévu sur ce vol. Les passagers ont été informés. La PAF nous a confirmé après le décollage de l’avion qu’Yilmaz était parti.

Je suis très triste et vraiment écoeurée, Yilmaz m’a toujours dit qu’il refuserait l’embarquement, je ne sais pas ce qui s’est passé pour qu’il n’ait pas pu le faire. Il a dû arriver très tôt dans l’avion car on ne l’a vu du tout, on a vu en revanche des policiers en descendre.

Il était prévu qu’il transite par Paris. Il devait prendre le vol de 10h10 arriver à Istanbul à 14h. Nous ne savons pas s’il a pu refuser l’embarquement à ce moment-là. J’ai appelé sa famille à Bordeaux, qui essaie d’envoyer du monde à l’aéroport d’Istanbul où Yilmaz arriverait à 14h.

Il est impossible de le localiser actuellement (il est 14h30 au moment où j’écris). C’est toujours comme ça : la PAF (police de l’air et des frontières) ne répond pas. Sauf parfois aux avocats, ou aux parlementaires. Est-ce normal de ne pas pouvoir savoir où se trouve un homme qu’on expulse ? S’il est parvenu à refuser l’embarquement, il doit être en garde à vue. Je ne sais pas, sa famille ne sait pas où il est en ce moment, on doit attendre. Sa femme ne l’a plus vu depuis des mois, puisqu’il était en prison pour grève de la faim, qui avait été considéré comme un refus d’embarquement.

Depuis le départ de l’aéroport je suis effondrée, en larmes. Je tremble, je suis prise de spasmes, je n’arrive pas à me calmer. Je culpabilise, je me dis que j’aurais dû faire plus pour lui. Je ne comprends pas ce qui se passe. Il a vécu tellement de drames déjà. Sa femme a été violée, a dû fuir la Turquie, sa demande d’asile a été rejetée (alors que des membres de sa famille à Bordeaux ont l’asile politique), il a dû vivre caché, il a fait des grèves de la faim, il a fait deux mois de prison pour ça, il a été isolé et transféré de Bordeaux à Marseille pour être privé de ses soutiens et de sa famille, et ce matin il a encore subi cette violence de l’expulsion. Mais pourquoi a-t-il subi tout ça ? Pour satisfaire des quotas ?

Je lui ai souvent rendu visite au centre de rétention, presque tous les jours depuis son arrivée à Marseille le 19 décembre. C’est un garçon très courageux, très gentil, toujours souriant. Il ne parlait pas très bien français, mais on communiquait quand même, il me disait qu’il en avait marre d’avoir toujours des problèmes, de ne pas être libre. Il ne comprenait pas pourquoi sa vie était gâchée pour des papiers. Il disait qu’il n’était ni voleur ni méchant. Qu’il voulait juste vivre avec sa femme, sa famille, continuer son métier de carreleur. On rigolait beaucoup aussi, pour des choses idiotes. Un jour il m’a raconté comment c’était la prison de Gradignan, comment en rentrant des douches il avait découvert son compagnon de cellule pendu. Il avait besoin de parler. Il est doux, un peu espiègle, assez grand, mince, il a des yeux verts.

Vous pouvez être fiers de vous, messieurs les préfets, messieurs les policiers. Vous avez brisé un homme et sa famille. C’est ce que m’a dit ce matin un agent de la PAF : il est fier de ce qu’il fait, de porter son uniforme, il a choisi de faire ça. Vous pouvez être fiers, messieurs les députés qui ont voté les lois qui permettent ça. Vous aussi, messieurs et mesdames du gouvernement, le chiffre des expulsions est monté aujourd’hui.

Moi je suis effrayée, consternée, triste, horrifiée.


Ertugrul Yilmaz, kurde, âgé de 22 ans ne doit pas être expulsé.
Marié en Turquie, c’est ici sans valeur. Le couple vit en France depuis environ deux ans auprès de la mère, de la sœur, des neveux, des oncles, des tantes et cousins d’Ertugrul dont la plupart ont le statut de réfugié politique ou un titre de séjour. C’est un cousin qui est venu demander ces jours-ci à l’enseignant de son enfant le soutien du réseau.

La préfecture de la Gironde manifeste à son encontre un acharnement inouï : trois passages en CRA en moins de cinq mois, et entre, une condamnation à une peine de prison suite à une grève de la faim assimilée à un refus d’embarquement. Anticipation et accélération ces jours-ci des procédures administratives et judiciaires, puis mise en chambre d’isolement et transfert au CRA de Marseille pour priver sa mère et sa famille de lui rendre visite. Une inhumanité qui fait honte.

Qu’a-t-il fait de si dangereux ?

Son crime : s’être enfui de son village pour épouser sa fiancée sur laquelle le chef (turc) du village voulait exercer un droit de cuissage ; avoir mis en colère le chef du village qui exerce des représailles diverses sur ses proches – un de ses frères a été immolé par le feu et se trouvait toujours, 8 mois après, à l’hôpital…. A la loterie de l’OFPRA et de la CNDA, il n’a pas tiré le ticket gagnant

Sa faute : compagnon de cellule du 110e suicidé à la prison de Gradignan en Gironde, il l’a découvert pendu. Or comme la femme de César doit être sans tâche… l’expulser c’est se débarrasser du témoin d’un acte qui n’est pas à la gloire de la prison.

Son erreur : en expliquant au tribunal que faire la grève de la faim c’était pour lui un moyen de choisir sa mort et non pas de la subir en rentrant en Turquie, il espérait que tout le monde l’entende et ne prenne pas cette grève pour un chantage.

Il n’a pas de papiers. Il suffisait de lire attentivement son dossier et celui de sa jeune femme pour comprendre la situation et leur donner un titre de séjour. De plus en juillet dernier lors de sa première arrestation, il avait un contrat de travail.

L’expulser ce serait de la part de la préfecture de la Gironde, voire de celle des Bouches du Rhône devenue son exécutante, se rendre complice, au nom de la démocratie ( ?), d’un acte de barbarie que l’on réprouverait en France.

Pourrait-on s’attendre à un peu de bon sens et à une conception plus saine de la démocratie ? Inutile d’invoquer les droits de l’homme quand les mots perdent leur sens.

Hier soir les femmes de la famille ont couru longtemps pour voir les feux arrières de la voiture qui l’emmenait, une petite fille – cinq ans peut-être – qui allait moins vite, a traversé l’avenue entre le tram et les voitures… Elle aussi voulait voir jusqu’au bout. Elles sont revenues dignes et sans larme, Pervine, sa femme s’est effondrée.

Faxez, mailez une demande de libération immédiate d’Ertugrul Yilmaz.

C’est au moins la prison qui l’attend pour le crime invoqué plus haut. Il a 22 ans, il avait un travail, il peut le retrouver. Il a une femme, une mère, un sœur, des neveux. Demandons à Monsieur le Préfet de la Gironde de délivrer à Ertugrul Yilmaz et à sa femme Pervine un titre de séjour Vie privée et familiale au titre de l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de ‘Homme. Laissons vivre cette famille en paix, laissons les enfants de cette famille vivre autrement que dans l’angoisse d’une situation qu’ils ont parfaitement intégrées. La petite fille savait pourquoi et pour qui elle courrait.

Coordonnées

Préfecture de Marseille 

Préfet Michel SAPPIN michel.sappin@bouches-du-rhone.pref.gouv.fr

Cabinet du Préfet cabinet@bouches-du-rhone.pref.gouv.fr

Secrétariat Général : Tel 04 91 15 64 90 / Fax : 04 91 15 62 10

Standard préfecture : Tel 04 91 15 60 00 - Fax : 04 91 15 60 70

Préfecture de Bordeaux

Fax : 05 56 90 60 67M

Préfet : Francis Idrac

Fax du préfet : 05 56 90 64 76

mail du préfet francis.idrac@gironde.pref.gouv.fr
prefet@gironde.pref.gouv.fr

mail secrétaire général de la préfecture bernard.gonzalez@gironde.pref.gouv.fr

mail du préfet délégué à la sécurité et à la défense
jean-marc.falcone@gironde.pref.gouv.fr

mail du directeur de cabinet
yann.livenais@gironde.pref.gouv.fr

Coordonnées nationales

Fax du ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00

Standard 01 77 72 61 00

Conseiller du ministre : patrick.stefanini@iminidco.gouv.fr

Directeur de cabinet : michel.bart@iminidco.gouv.fr

Directeur-adjoint : guillaume.larrive@iminidco.gouv.fr

Conseillers techniques : sabrina.belkhiri-fadel@iminidco.gouv.fr et
geoffroy.didier@iminidco.gouv.fr

Matignon : http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire

Elysée : http://www.elysee.fr/ecrire/index.html

Conseiller immigration de l’Elysée : maxime.tandonnet@elysee.fr

mercredi 31 décembre 2008.

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