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Pictos - Non aux expulsions 150x202

Expulsion express de la famille Omerinovic à Besançon

 

Les flics sont venus ce jeudi matin au foyer Adoma de Besançon pour arrêter Karine Mnatchakanian, Vézir Omerinovic et leur bébé de 14 mois, et les transférer à Oissel (CRA Rouen) en vue de leur expulsion vers la Bosnie. La police prétend avoir un laisser-passer vers la Bosnie pour tous les 3, alors que Karine est arménienne et que le couple n'est pas marié. Karine est également enceinte de 6 mois.
La Cimade de Oissel dit qu'ils peuvent être mis dans l'avion demain matin, sans passage devant le JLD (OQTF confirmée par le TA de Besançon en août 2008), si l'avion est déjà réservé.
Nous avons donc très peu de temps pour intervenir.


Pour la famille Omerinovic,
ci-dessous une lettre-type à adresser d'urgence aux mails préfectoraux (en objet, ne pas écrire le nom de la famille, au cas où la Préf filtrerait sur ce nom):


- Préfet du Doubs : <jacques.barthelemy@doubs.pref.gouv.fr>,
- Secrétaire Général :<bernard.bouloc@doubs.pref.gouv.fr>,
- Directrice Réglementation <marie-claude.lambert@doubs.pref.gouv.fr>,
- Responsable Bureau des Etrangers" <dominique.jon@doubs.pref.gouv.fr>
------------------------------------------------
 
 

 Monsieur le Préfet du Doubs, Préfet de Région,

Ce jeudi 5 mars 2009 au matin, la police est venue
au foyer Adoma des Saint-Martin pour arrêter Madame Karine Mnatchakanian, Monsieur Vézir Omerinovic et leur bébé de 14 mois, Adem, et les transférer à Oissel (CRA Rouen) en vue de leur expulsion vers la Bosnie. La police prétend avoir un laisser-passer vers la Bosnie pour tous les 3, pourtant Mme Mnatchakanian est arménienne et elle n'est pas mariée à M. Omerinovic.
Par ailleurs, Mme Mnatchakanian est enceinte de plus de 6 mois.

 

Ils se sont rencontrés à Lyon, où M. Omerinovic avait demandé l'asile à son arrivée de Bosnie en 2003. Originaire de Prejidor, près de la frontière serbe, il avait dû fuir son pays pour échapper aux menaces et persécutions qui continuent à peser contre les Bosniaques dans cette région.

 

Mme Mnatchakanian, d'origine azérie et réfugiée en Arménie à l'âge de 4 ans, est arrivée en France en 2006,  après avoir fui l'Arménie où elle a subi de très graves sévices familiaux. Agée aujourd'hui de 22 ans, elle n'a jamais été scolarisée et la famille qu'elle a constituée en France avec M. Omerinovic est aujourd'hui tout son avenir et sa stabilité.

 
Leur fils Adem est né à Lyon le 18 décembre 2007.
Un deuxième enfant va naître.
Depuis plus de 6 mois maintenant, ils reconstruisent leur vie à Besançon, où le foyer Adoma les a accueillis.

Leur situation, relayée par la presse, avait en effet profondément ému les responsables de l'action sociale de la Ville, qui s'était mobilisée pour leur fournir un toit.

Des démarches ont été initiées (suivi psychologique, recherche d'employeurs potentiels) pour constituer les dossiers nécessaires à leur demande de régularisation par les services préfectoraux .
 
Monsieur le Préfet, cette famille ne doit être ni dissociée ni explulsée, elle doit être régularisée sur le sol français.

Je vous prie instamment de faire libérer Mme Mnatchakanian, M. Omerinovic et leur fils, leur place n'étant pas dans un centre de rétention.

Mme Mnatchakanian doit pouvoir accoucher sereinement à Besançon et poursuivre le suivi médical, psychologique, social  qu'elle a commencé à la maternité de l'hôpital.

Notre pays doit assurer à son enfant à naître les conditions matérielles et affectives auxquelles tout enfant a droit.
 
Noelle LEDEUR,
Réseau Education Sans Frontières.

rien n'a pu l'empêcher :
Karine Mnatchakanian et Vézir Omerinovic ont été expulsés ce matin vers la Bosnie, avec leur bébé.

Mme Lambert, Directrice de la Réglementation à la Préfecture du Doubs, a vanté, devant une délégation du CDDLE (Collectif de Défense des Droits et Libertés des Etrangers) "l'humanité" avec laquelle cette famille avait été reconduite à Sarajevo, puisqu'il existe maintenant des procédures permettant de ne pas séparer les familles (c'est donc un cadeau que la préf fait à Karine, qui est arménienne, en l'expulsant vers Sarajevo, "capitale" de la Fédération de Bosnie, où son compagnon, Vézir, n'a jamais vécu, puisqu'il est originaire de Prejidor, en Republica Serpska, l'une des zones les plus meurtries par la guerre...).

La mesure d'éloignement met ainsi fin à la trop grande "précarité dans laquelle le couple vivait ici" [logé en CADA dans le cadre de la procédure "hiver", après avoir vécu dans la rue, ndlr], "toutes les garanties ont été prises pour préserver l'état de santé de Madame" [enceinte de 6 mois, et qui a dû être transférée à l'hôpital dans la nuit à cause de violentes douleurs au ventre !]...

Discours écoeurant, pervertissant le sens des mots et des valeurs,
politique odieuse érigée en vertu de "ne pas séparer les familles" !

Pour l'instant, nous n'avons plus de contact avec Karine et Vézir et, bien sûr, nous ne faisons aucune confiance à ces gens pétris "d'humanité" qui assurent la main sur le coeur que tout a été préparé pour qu'ils soient "accueillis" à leur arrivée. Nous savons ce qu'il en est de la survie des Expulsés à Sarajevo, dans une ville qui n'a rien à leur donner, où ils sont des parias, où leur vie peut encore être en danger à cause des nationalismes qui n'en finissent pas de tuer et de persécuter...

Nous avons la rage.
Le cercle de silence du samedi 14 mars à Besançon (15h, place de la Révolution) sera dédié à cette famille qui avait commencé à reconstruire sa vie ici...

Aujourd'hui, de nombreux couples "mixtes" sans-papiers sont menacés d'arrestation et d'expulsion, de par la seule volonté du pouvoir politique, administratif, policier, judiciaire... de faire du chiffre, d'aligner "des têtes".
Déjà la semaine dernière, la Préfecture du Doubs avait tenté de faire expulser une jeune femme enceinte, qui va être mère d'un enfant français qui plus est !

Les étrangers sans-papiers ont plus que jamais besoin des réseaux de soutien,
ils sont le maillon le plus fragile de notre société,
aucune loi ne les protège plus de l'arbitraire des potentats locaux et nationaux.

Face au scandale des lois xénophobes et assassines,
peut-on encore continuer à se taire ?

noelle, resf 25

samedi 7 mars 2009.

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