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Compte rendu de la journée jeunes Majeurs du 13 mai

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Compte rendu de la journée jeunes Majeurs du 13 mai

 

Jeunesse sans papiers = jeunesse volée

La loi doit changer ! L’état doit régulariser !

Des milliers de jeunes doivent retrouver le droit de vivre et de rêver

 

 

A deux pas de la Plaine, la "place du chien saucisse" a été investie par le RESF/RUSF mercredi 13 mai, dans le cadre de la campagne pour les jeunes majeurs sans papiers.
La journée était dédiée à la libre expression, afin que les jeunes et moins jeunes sans ou avec papiers puissent venir dire, écrire, chanter, dessiner ce qu'ils vivent et ressentent.
 
Ce fut une intervention éclatée autour du Tankono et l'Ostau dau Pais Marselhes, deux associations qui nous ont gracieusement prêté leurs locaux, et de la placette très visible dans un quartier animé de Marseille.
 

- sur la place étaient installées nos banderoles et les affiches d'Antoinette volant au vent et décorant les lieux, avec des slogans tels que:

Il, elles fuient la guerre, ils trouvent l'exclusion

Liberté d'étudier sans être raflé(e)

Abrogeons les lois du ministère de la honte

Solidarité avec les jeunes majeurs sans-papiers

La solidarité n'est pas un délit, c'est un devoir

Leur liberté c'est aussi la nôtre

Liberté d'aimer, Liberté bafouée

Leur liberté nous regarde, halte aux expulsions

 

Un stand d'information est tenu par des militants du RESF.

Passants et sympathisants viennent se renseigner, et signer la nouvelle pétition,

"RESF13 / RUSF13 : JEUNESSE SANS-PAPIERS = JEUNESSE VOLÉE ! La loi doit changer ! L’état doit régulariser!", adressée à MM Besson et Sappin, et demandant la régularisation des jeunes majeurs sans papiers.

Plus de 200 pétitions sont signées et de nombreux contacts pris.

Vous pouvez continuer à la signer 

 

Nous prévoyons de poursuivre la campagne de signature, notamment auprès des établissements du secondaire et universitaires de Marseille.

- En parallèle, un atelier d'écriture intitulé "Des mots pour des maux" s'installe à l'Ostau. Durant 2 heures, la table d'écriture voit passer du monde, des jeunes et moins jeunes, avec et sans papiers s'installent pour parler d'abord, et écrire ensuite.

Quelques extraits:

"C'est quoi être sans papiers à Marseille aujourd'hui? C'est vivre dans le noir avec les enfants.

J'ai peur, c'est pas juste.

C'est être presque mort.

On veut vivre comme des êtres humains."

"C'est quoi être avec papiers à Marseille aujourd'hui?

C'est être libre de circuler sans avoir peur de se faire contrôler.

C'est être libre de sortir sans raser les murs..."

"Quand je serai grand, je serai réfugié climatique.

Est-ce que j'aurai droit à des papiers?"

- A l'atelier d'écriture succède une intervention de Maître Youchenko, qui précise quel cadre légal entoure les jeunes sans papiers et quelles démarches sont à faire pour obtenir les papiers. Le rôle des associations, la fonction des militants, la position des avocats, y sont explicités. Une cinquantaine de personnes participent à cette intervention, la petite salle est comble. Après une présentation étayée d'exemples concrets, une discussion s'engage avec le public. Dans un second temps plus informel, l'avocate discute et oriente quelques jeunes venus lui exposer brièvement leur situation.

- Au Tankono, une scène ouverte s'organise pendant ce temps. Rappeurs, slameurs, musiciens, lecteurs se succèdent sur une scène animée par Duval MC, rappeur militant de Marseille. Le maître de cérémonie anime la scène, chauffe le public nombreux, et fait profiter l'auditoire de son répertoire engagé.

Delphine, Ypnova, Teninik, Nicaise, Marielle, L'atelier d'écriture du Balthazar, Sigma, Alerte au Jazz, Pepe Oleka, Joos, Nash, Longueur d'Ondes, et Grace présentent des morceaux choisis de leur répertoire, et réjouissent le public avec leurs textes, leurs notes témoignant de leur soutien aux jeunes sans papiers.

Susceptible, et la chorale "La lutte enchantée" se produisent à l'extérieur pour le plaisir des passants.

- Après la scène ouverte, retour à l'Ostau pour un buffet et une projection débat avec les réalisatrices du « Collectif 360° et même plus ». La salle est comble.

Un des films extrait d'un ensemble "RESF : un réseau de résistances" (2007) est diffusé. Il rappelle les actions du réseau pour empêcherl'expulsion du jeune majeur SedatTastan, 19 ans. Après une grève dela soif et de la faim au CRA du Canet, l'échec de 3 tentativesd'expulsions accompagnées de violences policières, grâce à son courage et au soutien du réseau (rassemblements de jour et de nuit au CRA, intervention à l'aéroport de Marignane), Sedat a encore fait l'objetd'une arrestation abusive au guichet de la préfecture avec mise engarde à vue de ses accompagnateurs et a subi de multiples procès avantd'obtenir finalement l'asile politique.

Le film est suivi d'un documentaire sonore, une interview téléphonique inédite de Samira, jeune majeure expulsée en octobre 2008 malgré le soutien du réseau.

Pendant 25 minutes, Samira raconte son arrestation, son séjour au CRA, les mots de la juge qui lui avait dit que vu son dossier elle ne peinerait pas à avoir un visa de retour, la 1ere tentative d'expulsion par avion, puis la seconde expulsion pas bateau. Aujourd'hui, elle est toujours à Tanger, loin de son père ouvrier agricole présent en France depuis 35 ans en France, et du reste de sa famille.

Les mots sont forts, l'émotion prend place dans l'auditoire. Samira est présente dans le cœur de chacun. Quand la reverrons-nous?

Samira est dans la même situation que tant d'autres jeunes dans le même cas venus rejoindre leur famille en dehors du regroupement familial que leurs parents n'ont jamais réussi à obtenir. Ces jeunes majeurs se retrouvent dans un pays qu'ils ont quitté depuis des années souvent, sans argent, sans bagages, sans famille.

Ces deux exemples de jeunes majeurs en proie aux affres de l'expulsion ont été suivis d'un débat avec la salle.

Kathel clôt la journée avec le son de sa harpe, quelques douces notes en harmonie avec le recueillement inspiré par les mots de Samira.

Un public très mixte, des jeunes et moins jeunes, avec et sans papiers, militants informés et novices découvrant (avec stupeur souvent) cet état de fait, artistes, passants, enfants...

La note finale restera la mixité du public, qui a largement contribué au succès de cette journée.

 

RESF ET RUSF 13 tiennent à remercier chaleureusement tous les acteurs qui ont permis la réussite de cette journée:

Le Tankono, 5 rue des trois mages, et l'Ostau dau Pais Marselhes, 9 rue des trois mages, pour le prêt de leurs locaux, Sayon, Cyril et les équipes des deux associations.

Duval MC, Maître Marlène Youchenko, les artistes, le Collectif 360° et même plus, pour l'animation de la journée.

 

Lire article de la PROVENCE ICI

 

 

mercredi 27 mai 2009.

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