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Communiqué RESF 37 : « Nous refusons que la seule perspective qui leur soit offerte soit de vivre dans la peur »

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Communiqué RESF 37 : « Nous refusons que la seule perspective qui leur soit offerte soit de vivre dans la peur »

 

Le jeudi 28 mai 2009 dans la soirée, Nelson Da Silva, jeune angolais de 19 ans, est libéré du Centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot sur ordre du Préfet d'Indre-et-Loire, CRA où il était détenu depuis plusieurs jours, à la suite d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière pris par le même préfet et confirmé par le Tribunal administratif d'Orléans.

L'indignation provoquée par l'arrestation de Nelson, au lycée Gustave Eiffel d'abord où il préparait son CAP, au lycée Grandmont ensuite, où il était interne, et la mobilisation qui s'en est suivie (soutenue par le RESF37, l'association Chrétiens-Migrants et le Collectif de soutien aux demandeurs d'asile et aux sans papiers), n'est évidemment pas étrangère à la décision préfectorale d'annuler la décision d'expulsion vers l'Angola, pays que Nelson avait dû fuir en 2003, où son père a été assassiné, et que sa mère et ses frères et soeurs ont dû fuir à leur tour, espérant trouver un refuge en France.

L'issue heureuse de ces événements ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur les motifs de l'ordre d'expulsion du territoire frappant un jeune scolarisé, en pleine période d'examens.

Nelson, comme tous les autres jeunes étrangers dans notre pays, a été dans l'obligation de solliciter un titre de séjour lorsqu'il a eu 18 ans. Le titre de réfugié lui a été refusé ; aucun autre titre de séjour ne lui a été accordé. Il s'est ainsi retrouvé, comme tant de "jeunes majeurs", sans papiers et à la merci du premier contrôle d'identité venu.

Refuser le droit au séjour ou l'accorder, ordonner la mise en rétention ou la libération, expulser ou accueillir... tous ces actes relèvent de la même autorité administrative, la Préfecture. La loi le permet, car en même temps qu'elle fixe aux préfets des objectifs chiffrés de reconduite à la frontière, elle les dote du pouvoir quasi discrétionnaire de "régulariser", de donner des papiers à ceux qu'elle vient d'en priver. Le sort de Nelson est donc entre les mains du Préfet, qui sans doute n'ignore pas les recommandations de la circulaire du 8 mai 2005 de Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, qui prévoit que : "quand les perspectives de retour des jeunes dans leur pays d'origine sont faibles le Prefet doit les admettre au séjour a compter de leur majorité au regard de leur parcours d'insertion". Notre combat continuera jusqu'à ce que soit accordé à Nelson le droit de vivre ici, parmi nous.

Que valent ces lois qui privent brusquement un jeune, au motif qu'il a 18 ans et qu'il est étranger, de ses droits d'être humain : droit de continuer à vivre en famille, droit d'aller jusqu'au bout de ses projets d'avenir, droit de vivre dans ce que l'on appelle parfois l'insouciance de la jeunesse ? Le RESF d'Indre-et-Loire n'aura de cesse de défendre les droits au séjour de tous ces jeunes pour qui le plus bel âge de la vie n'est qu'incertitude et angoisse permanente. Nous refusons que la seule perspective qui leur soit offerte soit de vivre dans la peur.

 

RESF37

29 mai 2009

resf37@free.fr

02 47 63 27 06

lundi 1er juin 2009.

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