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Bilan des regularisations dans le Jura (3 octobre 2006)

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Bilan des regularisations dans le Jura (3 octobre 2006)

 

SANS PAPIERS : TREIZE FAMILLES RéGULARISéES DANS LE DéPARTEMENT - Elles ont bénéficié des dispositions de la circulaire d’intégration de Nicolas Sarkozy. Celle qui prévoit une régularisation pour les familles qui justifient, entre autres, d’enfants scolarisés sur le territoire national

Vingt-trois adultes, trente-sept enfants. Au total, treize familles vont bénéficier dans le Jura d’une régularisation de leur présence sur le territoire national dans le cadre de la circulaire d’intégration du ministre de l’Intérieur. Elles sont originaires pour l’essentiel de l’Europe de l’Est et d’Afrique. « Cela ne s’est pas passé, dans le département comme au niveau national », explique Christian Cuchet, le directeur de cabinet du préfet. En clair, on n’a pas connu, aux portes de la préfecture, ces files d’attente interminables que l’on a pu voir dans les journaux télévisés. « Nous connaissions les familles susceptibles de remplir les dispositions prévues dans la circulaire. Il y en avait quatorze, elles sont toutes domiciliées au foyer Saint-Jean, à Dole, qui est entre autres un centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Nous leur avons donc écrit pour leur proposer, comme cela est prévu, un doublement de l’aide au retour. Douze ont répondu par la négative, deux ont déménagé entre temps. Nous avons donc examiné les situations des familles restantes, ainsi que de trois autres qui ont fait des demandes spontanées. » Les candidats à la régularisation ont été reçus individuellement pour des entretiens personnalisés. Il s’agit pour la plupart de gens qui sont en France depuis des années, ont été déboutés de leurs demandes d’asile et ont épuisé toutes les autres possibilités d’intégration. Parfois, ils sont là depuis tellement longtemps que leurs enfants sont carrément nés sur le territoire national. Les critères de la circulaire qui prévoit l’absence de lien de l’enfant avec le pays dont il a la nationalité ou la maîtrise du français sont parfaitement remplis. « Sur les quinze familles restant en lice, treize vont se voir attribuer des cartes de séjour d’un an renouvelable. Sur les deux qui ont été écartées, il y a le cas de quelqu’un qui est en règle mais a fait entrer ses enfants irrégulièrement en dévoyant la procédure du regroupement familial. Nous réexaminerons son cas hors du cadre de la circulaire, au titre du droit commun. Le second est un travailleur saisonnier qui ne remplissait pas les conditions », détaille le directeur de cabinet. Concrètement, ces familles pourront donc prétendre à un renouvellement de leur titre à terme, puis espérer bénéficier d’une carte de séjour de dix ans. Et plus tard pourquoi pas, si elles sont volontaires, demander leur naturalisation. En attendant, une mission d’accompagnement a été donnée au sous-préfet de Dole pour les aider à s’insérer progressivement dans la société. « Au sein du centre d’accueil des demandeurs d’asile, ces personnes sont prises en charge. Elles n’ont pas le droit de travailler. Avec un titre de séjour, elles vont devoir quitter le centre. Nous avons voulu cet accompagnement afin que le fait d’être régularisées ne leur cause pas plus de problèmes que cela ne leur donne d’avantages », termine le directeur de cabinet. Jean-François Butet

TéMOIGNAGE DE ODETTE MAQUELA - Réfugiée angolaise à Dole, elle vient d’être régularisée avec sa famille.

Odette Maquela et son mari Pedro sont arrivés au centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) de Dole en juin 2001. Le couple avait débarqué à Paris un an plus tôt avec leur deux enfants, Marlène et Jemima, aujourd’hui âgés de 8 et 6 ans. Bridy, la petite dernière, est née à Dole en 2003. Tous les trois sont scolarisés à Dole à l’école Pointelin et Jeanne-d’Arc. La famille a été régularisée fin août. « C’est un grand bonheur » explique Odette dans un grand sourire. Son époux a commencé à travailler dès hier dans l’entreprise de BTP Ortelli. Odette, qui parle parfaitement le français, cherche un job « dans la vente ou le ménage » avant d’entreprendre une formation pour devenir aide-soignante ou infirmière. Le couple est actuellement hébergé dans un immeuble des Mesnils-Pasteur géré par le foyer des jeunes travailleurs Le Saint-Jean. « Les réfugiés arrivent en urgence au CADA, mais s’ils sont déboutés, on les reprend au FJT pour ne pas qu’ils se retrouvent à la rue » explique Mida Moulin, qui travaille dans la structure. La famille Maquela va enfin pouvoir déménager pour s’installer dans un appartement plus grand, via l’Office d’HLM. Bien intégrée, elle veut rester sur Dole, où Odette fréquente avec assiduité l’église évangéliste (protestante). « Nous sommes bien ici » explique-t-elle. « Et puis nous voulons rester en contact avec les autres réfugiés. » Pour Mida Moulin, qui anime différentes activités pour les familles au sein du CADA - « pour lutter contre l’isolement des gens » - ces propos font chaud au coeur. Cette régularisation, la famille Maquela l’attendait depuis six ans. Aujourd’hui, c’est enfin une réalité. Une autre vie peut commencer. Serge Dumont

Articles paru dans "Le Progrès" edition du Jura (3 octobre 2006)

jeudi 5 octobre 2006.

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