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(Angers) / Laëtitia Louzolo : « On m’a volé mon mariage ! »

 
Laëtitia Louzolo demande le retour de son mari, expulsé en novembre 2008. Elle est soutenue par Bilan Zong-Naba, président du collectif des associations africaines, à Angers.  Laëtitia Louzolo demande le retour de son mari, expulsé en novembre 2008. Elle est soutenue par Bilan Zong-Naba, président du collectif des associations africaines, à Angers.

Son mari, sans papiers, a été expulsé deux semaines après leur mariage, à Angers. Aujourd'hui, elle entame une grève de la faim.

« Je n'ai plus le choix. J'ai tout tenté, sans résultat. » Laëtitia Louzolo va dresser sa tente, dès 10 h ce matin, place du Pilori. Et entamer une grève de la faim. « Je veux revoir mon mari. Mes deux enfants ont besoin de lui. » Une histoire douloureuse.

Laëtitia et Rence se sont rencontrés en décembre 2006, à Angers. Laëtitia était arrivée, voici plus de dix ans, de Centre-Afrique.

Elle avait obtenu son statut de réfugiée politique. Rence n'avait rejoint la France qu'en 2004, quittant un Congo instable et en guerre. « Il a voulu régulariser sa situation en obtenant, lui aussi, le statut de réfugié politique. Mais cela lui a toujours été refusé. »

Que des promesses...

Ils décident de se marier. La cérémonie a lieu le 25 octobre 2008, à la mairie d'Angers. « Il avait son passeport mais se trouvait déjà en séjour irrégulier. »

Deux semaines plus tard, le 7 novembre 2008, il était arrêté et reconduit à la frontière. « Depuis ce jour, ma fille de 6 ans n'attend que son retour. Elle ne comprend pas. Et mon fils de 8 ans, suivi par un psychologue, s'est encore renfermé sur lui-même... Mon mari leur a apporté l'équilibre, l'amour et l'autorité d'un père, bien qu'il ne soit pas leur géniteur. »

Laëtitia remue ciel et terre. Rien n'y fait. Rence reste bloqué à Brazzaville. Ses demandes répétées de visa, pour un long séjour, sont refusées. Ses courriers n'aboutissent pas. « Je n'ai pas arrêté d'aller à la préfecture. Je n'ai eu que des promesses... »

Demande de regroupement : pas avant novembre

Des Angevins se mobilisent, à Réseau éducation sans frontières et à la Ligue des droits de l'homme. Le président du collectif des associations africaines, Bila Zong-Naba, évoque tout le travail, effectué avec Rence, pour monter un complexe scolaire, de santé et de nutrition, au Burkina-Faso : « Il s'agit de permettre aux Africains de retourner dans leur pays et d'apporter le meilleur d'eux-mêmes. »

Luc Lusson, directeur de la réglementation, à la préfecture, affirme que plusieurs procédures ont été explorées.

Mais aucune ne correspondait à ce cas de figure. On en revient à la loi. « En tant qu'époux de réfugié politique, la loi exige un an de mariage, pour éviter les fraudes. »

Laëtitia ne pourra donc demander le regroupement familial, qu'en novembre 2009.

Mais elle est à bout. Et n'en peut plus d'attendre : « Je demande le retour de mon mari dans les plus brefs délais. Je resterai 24 heures sur 24 sous ma tente, sans manger. On m'a volé mon mariage ! »

Jean-Michel HANSEN.
Ouest-France
jeudi 18 juin 2009.

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