
Il y a six mois, Christophe était comme tout le monde. Ce parent d'élève n'avait qu'une vague idée du droit de l'immigration. Hier, à la sortie des cours, il faisait signer la pétition de soutien à Ariel. « Il a été élevé ici, et du jour au lendemain, il peut se retrouver en Centrafrique, où il ne connaît rien ? On ne les connaissait pas, sa famille et lui. Ce sont juste des gens dont on trouve la situation injuste, et qu'on veut soutenir. » Ariel est né en France. Pas ses parents, arrivés il y a près de dix ans. Depuis qu'ils ont reçu de la préfecture un Ordre de quitter le territoire français (OQTF), la communauté éducative fait bloc autour de l'élève. Hier, le garçon de cinq ans s'est éclipsé pour rejoindre sa mère, hospitalisée. Autour d'un goûter dressé sur le trottoir, ses soutiens réaffirmaient leur détermination. Les points récemment marqués dans des dossiers semblables (Michèle et Nadir, nos éditions précédentes) autorisent l'espoir. « Il faut vraiment mettre de la pression pour que ça bouge », s'anime Jacques Caude, de RESF. À la veille des grandes vacances, période redoutée car propice aux expulsions « discrètes », le militant prévient : « Si jamais il y a quoi que ce soit pendant l'été, on ripostera. » Parmi les bonnes volontés rassemblées là, il y a Fatima. La maman de Nadir, venue témoigner que le combat n'est pas vain. Messaouda, de l'association Les Potes de Nadir, l'accompagne : « C'est important de voir tout ce monde. On se croit seuls. » Le recours de la famille d'Ariel devrait être examiné par le tribunal administratif à la rentrée. L'enfant entrera alors au CP. En espérant y rester. • S. B.