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Depuis un mois, des lampes à UV censées permettre de vérifier l’authenticité des papiers des chômeurs équipent les agences Pôle emploi. En cas de doute sur la validité, la préfecture est contactée. Le SNU, principal syndicat, dit « refuser de pratiquer la délation ».
vendredi 03.07.2009, 04:53 -
Mai 2009 : les agents Pôle emploi de la région voient arriver une note interne. Une machine à lecteur optique sera installée en juin dans les arrière-salles des sites. Le but ? Lutter contre l'usage de faux papiers par des chômeurs peu scrupuleux. Aux agents de vérifier discrètement en les passant à la machine l'authenticité des papiers présentés au moment de l'inscription. Et, en cas de doute, la préfecture est alertée par le service prévention des fraudes du Pôle. Sans que le chômeur soit prévenu. Ensuite ? Une chasse policière aux sans-papiers, craint le SNU Pôle emploi, qui dénonce cette situation et demande le retrait des machines.
« Il est normal que les agents demandent une pièce d'identité mais on n'est pas des auxiliaires de police », s'insurge Sabine Landrevie, responsable du SNU Pôle emploi-FSU, qui dit que la lutte contre les fraudes relève du parquet et non de la préfecture.
Me Emmanuelle Lequien, du syndicat des avocats de France, appuie. « Sous couvert de lutte contre la fraude aux ASSEDIC, on augmente les contrôles dont la destination est le ministère de l'Immigration. Et on demande aux agents de mentir en racontant aux demandeurs d'emploi que, sous prétexte d'affluence, leurs demandes d'allocations seront différées. Mais pendant ce temps-là, on s'adresse à la préfecture ! » Le 25 juin, le directeur régional a annoncé qu'il recevrait en entretien les agents qui refuseraient d'appliquer cette procédure. « Je suis persuadé que la grande majorité oubliera de le faire comme ce fut le cas pendant deux ans dans les ex-ASSEDIC (les machines y étaient arrivées dès 2007) », ironise un syndicaliste du SNU. La direction a refusé hier de s'exprimer. •
NICOLAS FAUCON.