
La famille de Philippins a quitté, hier, le centre de rétention de Marseille où ils avaient été placés fin juillet. Ils sont rentrés, chez eux, à Cannes
La photo n'est pas bonne, mais on peut y voir une petite fille brune, sagement assise sur les genoux de ses parents le soir de Noël. Cette photo de la famille Santos, les militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) l'ont décrochée avec joie hier après-midi de leurs banderoles quand ils ont appris que « le préfet venait de donner l'ordre de libérer Vincent, Judith et Véa ».
C'était en début d'après-midi. Dans un communiqué, la préfecture faisait savoir que « la famille Santos va (...) ce jour quitter le centre de rétention administrative (du Canet à Marseille, NDLR) et fera l'objet d'une mesure d'assignation à résidence dans les Alpes-Maritimes ».
« Ce n'est pas une régularisation »
« La décision du préfet Lamy est une décision à la fois respectueuse du droit et conforme aux principes humanitaires », s'est félicité l'avocat de la famille de sans-papiers,. « C'est une victoire très importante, c'est un premier pas. Pour autant, ce n'est pas une régularisation », a insisté Me Philippe Soussi.
Le dossier de cette famille de Philippins en situation irrégulière qui vivait et travaillait à Cannes depuis 9 ans sera à nouveau examiné par la préfecture « dans le respect du droit », indiquaient les services du préfet.
« Ce n'est qu'un sursis, mais on a bon espoir que Véa, 5 ans, et ses parents soient définitivement libres. On sera vigilants », prévenait une militante de la délégation de RESF qui est allée accueillir la famille Santos à la gare de Cannes (1).
Sur la photo de famille, prise hier à 17 h 26 sur le quai, il y avait des sourires. Et des larmes de bonheur. Celles de Vincent et de Judith Santos « soulagés de retrouver leurs proches ».
Sur le cliché, Véa ne sourit pas. C'est une petite fille silencieuse dans sa robe d'été blanche. « Elle est un peu choquée mais Véa est tellement contente. Elle est tellement contente », répétait sa maman à la descente du train. « On va rentrer à la maison. Véa veut aller à la plage. La vie recommence. »
