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Le combat d’une avocate partie du Cameroun : Enfin le droit au barreau

 
La jeune avocate a prêté serment à Amiens.

Après plusieurs années de bataille administrative, la Camerounaise Petula Mbella, a enfin obtenu le droit d'exercer en France. L'avocate ouvre son cabinet à Saint-Quentin.

PETULA MBELLA est une belle incarnation de l'immigration choisie tant désirée par nos dirigeants. Diplômée en droit, avocate, mère de famille sans histoires. Pourtant, notre mère patrie ne l'a pas immédiatement vue de cet œil-là.

 

Il aura fallu quatre longues années à la jeune Camerounaise pour obtenir le droit d'exercer son métier sur le sol français. Vendredi, elle posait enfin sa plaque dans la résidence de l'Hôtel-Dieu à Saint-Quentin. La veille, elle prêtait serment à Amiens.

 

Elle devient la première noire africaine du barreau de Saint-Quentin. Au prix de quels efforts !

 

En 2006, Petula Mbella est une avocate de 36 ans en vue dans son pays, après de brillantes études de droit à Yaoundé. Depuis six ans, elle a son propre cabinet, l'un des plus florissants. Elle a sa vision de la justice ; le pouvoir en place a la sienne. « J'avais beaucoup de difficultés à exercer mon métier en toute indépendance. J'ai subi une campagne de dénigrement et des pressions. »

 

Une dépression nerveuse l'a contraint à fuir avec ses deux enfants. Direction la France, le Saint-Quentinois, où elle a de la famille. C'est alors la longue litanie des démarches administratives qui commencent.

 

Titre de séjour et validation de son diplôme. Elle obtient le droit de demeurer sur le territoire pendant un mois. Elle passe un contrôle de connaissances en droit et valide son diplôme au centre professionnel des avocats de Lille.

 

Dès 2007, elle pourrait exercer son métier, sauf qu'une mauvaise nouvelle l'en empêche. Son titre de séjour n'est pas renouvelé par la préfecture de l'Aisne. « On m'a expliqué que je ne remplissais pas les conditions », souffle-t-elle.

 

Refus accompagné dans ces cas d'une obligation de quitter le territoire. Petula Mbella devient alors une sans-papiers. Cela va durer encore deux ans, deux longues années d'espoirs et de découragements. Elle obtient tout de même, en appel, de demeurer sur le territoire dans l'attente de l'instruction de son dossier par la préfecture.

 

« Je me relève de mes cendres »

 

Sa cause est soutenue par plusieurs associations, notamment le collectif sans papiers 02, le réseau Éducation sans frontières mais aussi par le Conseil national des barreaux de France. Elle va passer toute une batterie de tests, de connaissances de la langue et de la culture française, de citoyenneté aussi, et obtient les quatre attestations qui conditionnement un titre de séjour.

 

Le précieux sésame tombe au début de l'année. Quelques semaines plus tard, le bâtonnier de Saint-Quentin acceptait sa demande d'intégrer le barreau. « Je suis très émue, dit-elle. C'est beaucoup de souffrances. Tout cela a demandé beaucoup d'endurance. D'autres n'ont pas eu la chance que j'ai eue. Il faut être fort. Quand on m'a dit que je ne remplissais pas les conditions, quelque chose s'est brisé en moi. »

 

Et d'avouer : « J'ai plusieurs fois voulu abandonner. Aujourd'hui, je me relève de mes cendres. »

 

Ce lundi, Petula Mbella rendra une visite protocolaire au bâtonnier, lequel devrait la présenter aux personnalités du tribunal. Un moment qui s'annonce très émouvant.

 

I.B.

mardi 29 septembre 2009.

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