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Sans-Papiers en Ariège, ces travailleurs qui restent dans l’ombre (video)

 

Le nombre de sans-papiers présents sur le territoire français est difficile à estimer: entre 200 000 et 400 000 peut-être.

 


Depuis la mi-octobre, la grève des travailleurs «clandestins» en région parisienne enfle et concerne désormais près de 5500 salariés.

Dans le département de l'Ariège, on sait peu de choses sur le travail effectué par des sans-papiers.

La préfecture ne dispose pas de chiffres, et dans un secteur où tout est par définition dissimulé, difficile d’en savoir plus.

Christian Morisse, par le biais de son action associative auprès de RESF (Réseau Education Sans Frontière), reçoit les familles pour les aider dans leurs démarches.

Il rencontre beaucoup de personnes en situation irrégulière et qui ne travaillent pourtant «jamais dans le cadre d’un vrai boulot. C’est trois jours par ci et trois jours par là»

Il confie: «on a déjà eu des problèmes avec certains dossiers que nous avons réglés avec un conseiller prud’hommal où il a fallu intervenir auprès de petits patrons qui exploitaient des sans-papiers.
Un avait carrément oublié de payer le travailleur qui avait bossé deux mois.

Certains font croire à une période d’essai qui, au final, n’est pas probante et n’est pas payée
»

Les secteurs les plus touchés: le nettoyage, le bâtiment et la restauration avec un avantage non négligeable pour les chefs d’entreprise peu scrupuleux: bénéficier d’une main d’œuvre bon marché qui ne se montrera pas regardante sur ses conditions de travail (horaires, sécurité, etc.).

Et pour ces personnes qui ont une situation administrative fragile, le risque d’être exploitées est démultiplié.

Selon Serge Maillard, directeur de l’URSSAF de l’Ariège, «qu’il s’agisse des travailleurs sans-papiers ou des travailleurs illégaux en général, on est par définition sur un domaine dissimulé, très difficile à quantifier car on demeure dans le domaine de l’incertain.

De façon générale, l’Ariège n’est pas épargnée par la fraude.

Nous avons visité 177 établissements en 2008, dans 18% des dossiers, il y avait des infractions au regard de la déclaration des salariés
»

Quant à la proposition faite par le gouvernement de fermer administrativement les entreprises ayant recours à des travailleurs sans-papiers, il s’interroge: «sur une entreprise composée d’un salarié, on peut l’imaginer, mais sur une entreprise de 50 salariés employant une poignée de sans-papiers, on imagine mal des fermetures d’entreprises qui mettraient au chômage beaucoup de personnes»

Pour Christian Morisse, le travail des sans-papiers découle aussi d’une certaine hypocrisie de la part des pouvoirs publics: «quand on empêche quelqu'un de travailler légalement, mais qu’il doit rester sur le territoire pour attendre les résultats d’une demande d’asile par exemple, il y a deux solutions: le vol ou le travail clandestin.

Même si on remonte les bretelles aux grosses entreprises qui ne respectent pas la législation, il faut aussi apporter une réponse sociale pour ces gens qui n’ont qu’une envie: travailler de façon régulière
»

Pour certains, la solution se trouve donc dans la régularisation des travailleurs dans les secteurs victimes d'une pénurie de main d'oeuvre.

Les solutions politiques à apporter ne manqueront pas de faire débat dans les mois à venir, avec une situation difficile à démêler pour des travailleurs qui, le plus souvent, restent dans l'ombre.

actualites Ariege

auteur:

Anne-Sophie Terral |

publié le:

26/11/2009

vendredi 27 novembre 2009.

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