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Le Patriote / Les sans-papiers ne perdent pas pied

 
Le Patriote de cette semaine fait sa UNE sous le titre
"Nous les prenons sous notre protection"
n°2203 - 11/12/09
Le collectif CGT des travailleurs sans-papiers continue les actions pour obtenir la régularisation des quelque 450 personnes à l’échelle du département recensées par le syndicat. Mais, de promesses en belles paroles, la Préfecture ne lâche pas grand-chose…

 

« Il y a tout de même quelques avancées », reconnaît Patrick Sotty, animateur pour la CGT du collectif des Alpes-Maritimes. La semaine dernière, à la tête d’un groupe d’une centaine de personnes, il a investi les locaux du Centre des impôts de Nice, pour une action d’éclat. L’objectif, vous le savez, est d’obtenir la régularisation de tous les sans-papiers qui, travaillant, payent des impôts, cotisent à la Sécurité sociale, et que la Préfecture reconnaisse notamment les métiers de la restauration, du BTP et des services aux personnes comme secteurs en tension. Cela fait plusieurs années maintenant que ce collectif a vu le jour, et qu’il permet de faire modestement avancer les choses. « Nous aimerions que ça aille plus vite, mais au contraire, tout est très lent », dit Fodé Sonko, membre du collectif. Pourtant, la cause pourrait paraître entendue dés lors que l’on saisit le poids qu’ont tous ces gens privés d’identité française dans l’économie. Dans les métiers décrits plus haut, par exemple : « On ne comprend pas ce paradoxe, renchérit l’un de ceux qui ont symboliquement investit le Centre d’impôts, car on a besoin de nous, mais on fait semblant de ne pas nous voir, en fait, c’est très hypocrite ».

Le syndicat œuvre donc à faire avancer les choses en jouant sur deux tableaux ; l’administratif et l’économique.

Lecture ouverte. « L’action de la semaine dernière, bien que l’on se soit fait déloger très rapidement –le soir même, ndr-, a plutôt été un succès », explique Patrick Sotty. « Le lendemain, nous étions reçus en Préfecture, et le ton de nos interlocuteurs était à l’inquiétude. Ils s’inquiètent de voir le conflit s’inscrire dans la durée, et c’est d’ailleurs pour cela que l’on a été délogé si vite ». Lors de la réunion en Préfecture, la situation a à nouveau évoluée : « les services de l’Etat ont promis d’avoir une lecture assez ouverte de la circulaire ministérielle, et nous ont dit qu’ils ne s’opposeraient pas à certaines régularisations en vertu d’accords Franco-Sénégalais ». En fait, avance encore en substance l’animateur du collectif, la salle de réception des impôts, occupée entièrement par des membres du collectif, était principalement composée de représentants de l’Afrique sub-saharienne, et exerçant en grande majorité dans le même secteur, celui de la restauration. La Préfecture l’a bien remarqué après avoir analysé la salle, et « dans ces domaines là, les choses ont évoluées lors de cette réunion, mais le combat ne s’arrête pas pour autant ». Il y a une fermeture totale envers les Algériens et les Tunisiens, et pour les autres secteurs également, « or nous, nous ne voulons pas dissocier les problèmes. Le constat est le même pour tous : ce sont des travailleurs qui n’ont pourtant aucuns droits ».

Sur le terrain. Peut-être est-ce d’ailleurs une manière de diviser le collectif et de dresser les uns contre les autres, s’interrogent certains. Inquiets par la tournure des évènements, les services préfectoraux cherchent sûrement comment contrôler la situation de manière à ce que le mouvement ne prenne pas d’ampleur. Or quoi de mieux, en la matière, que d’attaquer l’unité d’un mouvement ? Mais ce n’est qu’une hypothèse. Ce qui est sûr, c’est qu’à l’issue de cette réunion, il a été demandé aux travailleurs qu’ils fournissent des documents pour permettre à leur dossier d’avancer. Mais ces documents, c’est à leurs patrons qu’il faut qu’ils les demandent, donc, ils doivent se « découvrir », et mettre leur employeur au courant de leur situation administrative.

Comment réagiront ces derniers ? La CGT, de manière anticipative, prévoit déjà des actions médiatiques pour exiger que les papiers soient effectivement remis, sans aucune pression en contrepartie, et que les patrons eux aussi jouent le jeu de la régularisation. Beaucoup d’entre eux sont prêts à le faire, ainsi qu’on a pu le voir lors de différentes réunions du collectif, où les employés étaient accompagnés de leurs employeurs qui les soutenaient entièrement. Mais cette fois, les sans-papiers ne révèleront pas leur situation de manière délibérée, mais de manière contrainte, pour obtenir des documents. La situation est inédite, et le syndicat organisera la semaine prochaine des initiatives à Nice et à Cannes pour accompagner les sans-papiers dans leur requête.

« Et si les patrons refusent, la grève sera alors nécessaire », prévient Patrick Sotty.

Mais le combat pour la régularisation des sans-papiers est plus large, et ce week-end (lire ci-contre) une manifestation de parrainages organisée par RESF (Réseau Education Sans Frontières) le prouvait encore. Car il touche, ce combat, à un thème essentiel qui n’est autre que celui de la solidarité, ainsi que le formule le secrétaire départemental du PCF, Robert Injey : « En ces temps de débats à fort relent xénophobe sur l’identité nationale, cette belle initiative nous rappelle que la solidarité est au coeur des valeurs de progrès qui marque notre histoire ».

R.F.

http://www.le-patriote.info/spip.php?article3026

Contre l’inacceptable, qu’en est-il de la solidarité ?

mercredi 9 décembre 2009 / "le Patriote"


Rassemblement dimanche dernier Place du Palais de Justice à Nice, parmi la centaine de gens y participant, de nombreux enfants étaient là. Il s’agissait d’une opération de parrainages Républicains organisée par RESF. 14 familles ont ainsi été parrainées par des élus notamment, pour les aider dans leurs démarches futures, pour maintenir le lien social, et montrer que des citoyens les prennent en charge et ne les laissent pas tomber. « Il y a de belles histoires, et de véritables amitiés qui se créent ainsi », décrit Thérésa Mafféis, membre du Réseau.

Derrière chaque cas de parents sans-papiers dont les enfants sont scolarisés se cache toute une histoire, souvent dure. Prenons, par exemple, le cas de cette mère de famille qui comparaissait récemment devant le Tribunal administratif de Nice pour attaquer le refus de séjour du Préfet. Z., née en France puis partie en Algérie, est mariée là-bas à un homme violent. Elle quitte l’Algérie pour la France où elle a encore de la famille, afin de fuir cet homme, et de soustraire ses enfants à son éducation tyrannique. Pour ce geste, considéré en Algérie comme un abandon de famille, elle est condamnée à un an de prison. Le Tribunal administratif, dont le rapporteur public a requis l’annulation du refus de séjour, se prononcera prochainement.

Comment peut-on contraindre une personne à retourner dans un pays où la prison l’attend, et où les motifs d’emprisonnement relèvent de principes, en l’occurrence la violence faite aux femmes, que la France combat ? RESF et d’autres associations comme le Coviam (1), se placent, à l’instar semble-t-il de plus en plus de gens, sur le point de vue de l’humain, tandis que le Préfet répond à des arguments mathématiques, où la solidarité n’existe plus.

(1) Pour toute information juridique, joindre le Coviam au 06 03 51 28 32.

jeudi 10 décembre 2009.

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