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Demande d’asile politique refusée à des Roms du Kosovo - Une famille déchirée

Zejnepa vit la peur au ventre. Avec son mari et ses trois enfants, elle peut être expulsée à tout moment… alors que le statut de réfugié a été donné à toute sa famille.
 
source : L’Union

APRÈS la guerre du Kosovo, les caméras étaient braquées sur ces familles de Roms, une minorité persécutée qui cherchait à trouver asile en France.

« Moi, j'ai eu le statut de réfugié en 18 mois. Mes parents, ça a mis en trois semaines […]. On est six frères, il n'y a qu'elle qui est coincée comme ça », explique Roberto Sabani, 25 ans, assis à côté de Zejnapa, 28 ans. « Nous ne comprenons pas », répète-t-il à plusieurs reprises.

Tous vivaient dans le même quartier de Mitrovica, au Kosovo, province serbe peuplée d'une majorité d'Albanais, avant la guerre de 1999.
Sa sœur et son mari sont arrivés en France quelque temps après le reste de la famille, car ils avaient trouvé refuge chez une tante dans un premier temps.

Un motif toujours différent
Depuis cinq ans, Zejnepa, son mari Nusreti et leurs trois enfants, Kéna, 5 ans, Merema, 3 ans et Médina, 2 ans, ont essuyé plusieurs refus de la France (1). À chaque fois, ils étayent leur dossier et tentent un recours grâce à l'aide de la Cimade, association d'aide aux étrangers.

Dans un premier temps, on leur a expliqué que la demande était irrecevable car ils avaient déjà demandé l'asile en Slovénie (ce qu'ils nient). Dans un courrier de novembre dernier, la préfecture des Ardennes annonce cette fois qu'elle ne reconnaît aucune filiation entre Zejnepa et ses parents ou ses frères et sœurs, tous installés à Charleville.

Tout aurait été si simple, s'ils disposaient de papiers d'identité, mais l'accès à l'état civil était refusé aux Roms du Kosovo… Ils paient aujourd'hui très cher ce droit bafoué…
« J'avais déjà donné son nom en arrivant ici, j'avais eu des questions. J'avais tout donné, les noms de ma famille, tout. Ça n'a pas servi », raconte Roberto, arrivé deux ans avant sa sœur.


Le droit de travailler
Roberto, Merema sur ses genoux, réclame désormais le droit de faire un test ADN pour faire valoir son lien de parenté. Grâce à sa carte de résident pour 10 ans, il travaille en intérim.
Ses fiches de paie sont jointes au dossier. Le droit de travailler, c'est bien cela que réclament Nusreti et Zejnepa Cerimi-Sabani, dont les deux filles sont nées en France (2).
« En cinq ans, jamais on m'a donné la possibilité de travailler », lance Nusreti. L'homme, abattu, rechapait des pneus à Mitrovica. « Mes parents sont à Saint-Etienne (3), la famille de mon épouse, ici. J'ai jamais de souci avec la police », argumente-t-il, à bout.

Au courrier signé du secrétaire général de la préfecture qui stipule que « M. et Mme Cerimi-Sabani […] ont la faculté de reconstituer leur cellule familiale dans leur pays d'origine accompagné de leurs trois enfants », il répond : « Là-bas, on me coupe la tête. » Les trois petits écoutent, leurs regards trahissent leur compréhension.
« Il n'y a plus rien, qu'est-ce que je fais là-bas sans maison et sans famille ? Le quartier a été rasé », poursuit son épouse digne, qui peine à retenir ses larmes. « On ne veut pas d'argent, on veut avoir le droit de travailler, moi ou mon mari. Je n'achète rien à mes enfants, je leur dis pas non… quand ils veulent quelque chose, je dis : « Attend, Papa va travailler et ramener de l'argent. »

Perrine GUILLET

(1). de l'Ofpra et de la CNDA

(2). Nusreti Cerimi bénéficie d'une promesse d'embauche au restaurant Nazar, de Vivier-au-Court.

(3). D'abord sans nouvelle de sa famille, Nusreti a découvert que ses parents vivaient légalement à Saint-Etienne.

 

 
La Cimade demande au préfet Jean-Paul Savy d'user de son pouvoir discrétionnaire « et tenant compte d'erreurs manifestes d'appréciation de leur dossier, tant par la CNDA que par la Cour d'appel administrative de Nancy, de leur accorder une régularisation exceptionnelle à titre humanitaire auquel s'ajoutera bien sûr le droit de travailler. »
 
« On nous dit qu'on ne peut rien contre la chose jugée. C'est un mensonge », s'offusque Arlette Sauvage, textes à l'appui, qui dénonce la politique de chiffre imposée aux services de l'Etat. « Quand on voit qu'on reconduit des gens dans un pays en guerre, mais où va-t-on ? »
 
La militante s'étonne du traitement réservé à cette famille. « L'État leur donne 55 euros par semaine (NDLR : que la famille Sabani explique compléter pour aider sa sœur). On maintient des gens dans la détresse mais on leur refuse l'accès au travail. »
 
Cinq ans d'aides au compte-gouttes, dont trois années d'hébergement en foyer… sans jamais permettre leur autonomie financière. Nusreti a écrit à la préfecture : « Je voudrais, et ma femme, aussi, que vous nous donniez seulement trois mois pour que nous puissions vous montrer. »
 
Interrogé, le secrétaire général de la préfecture des Ardennes n'a pas donné suite à notre sollicitation.

Si vous souhaitez apporter votre soutien au groupe de la Cimade, tél. 06.13.01.18.91.
 
 
samedi 19 décembre 2009.

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