
FADILJ ET RIBAN SALI ont pleuré de joie lorsque, le 17 septembre dernier, après des mois de galère, l'Armée du Salut leur a trouvé un logement décent pour passer l'hiver… avec leurs sept enfants, âgés de 2 ans 1/2 à 13 ans, à Épernay. Depuis leur expulsion d'Allemagne en 2005 et leur arrivée en France, à Orléans, ils n'ont cessé de déménager de chambres d'hôtel en chambres d'hôtel pour finir dans une caravane, après avoir vécu plus de 4 mois à sept dans la rue ou dans une voiture.
Un soulagement de taille pour cette famille kosovare, d'origine Rom, dont le retour au Kosovo n'est plus possible, même s'il leur manque l'essentiel : un titre de séjour.
Déjà 4 demandes de titre de séjour
« Nous en sommes à notre 4e demande depuis 2005. A chaque fois, on est débouté. Je ne comprends pas. Ma famille qui a fui en même temps que nous a déjà obtenu le statut de réfugiés. Mon frère est naturalisé français depuis le 6 octobre 2008. Je ne suis pas un terroriste, je ne suis pas un voleur. Je ne demande qu'à travailler », indique Riban Sali. « Je ne demande qu'une carte de séjour pour un an. Pour travailler. Là, je ne touche rien. On ne vit que des aides, de l'Épicerie sociale, du Secours populaire, des Restos du Cœur… C'est difficile. Et puis, c'est fatiguant pour les enfants. Depuis 2005, on n'arrête pas de bouger. A Orléans, on a vécu sur le trottoir, dans une voiture. On a vécu quatre mois dehors avant que RESF nous trouve une caravane. J'avais honte de vivre comme ça, les enfants aussi ». Au Kosovo, la famille Sali habitait une maison à Mitrovica, détruite pendant la guerre. Riban travaillait sur les marchés.
Leur arrivée dans la Marne, à Reims, l'été dernier, n'aura pas été facile. « Je suis directement allé à la préfecture. Ils ont appelé la police. Ils nous ont gardés 4 heures avant de nous dire de partir. Pour aller où ? C'était pas leur problème, alors j'ai appelé le 115 », raconte Riban. « L'Armée du Salut nous a logés à l'hôtel avant de nous trouver ce logement à Épernay. Ici, il y a une vraie mobilisation autour de nous. Les enfants sont scolarisés. C'est la mairie qui leur a trouvé les fournitures scolaires. Des voisins nous ont prêté des meubles… » RESF 51 a, par ailleurs, pris le relais. Une pétition circule actuellement sur le net pour leur régularisation.
Le Secours populaire a, de son côté, lancé une souscription afin de payer l'assurance de leur voiture. Une entraide qui leur parle comme une nouvelle chance.
Caroline GARNIER
RESF 51 : Réseau éducation sans frontière au 06.64.41.57.67.

