Lettre ouverte à Monsieur Joël FILY PREFET d'INDRE et LOIRE le 21 janvier 2010
Monsieur le Prefet,
Comme nos partenaires du Réseau Education Sans Frontières nous apprenons avec tristesse et colère l'expulsion des deux jeunes frères Da Silva vers l'Angola qu'ils avaient fui il y a 3 ans au moment de l'assassinat de leur père
Au dela de ces sentiments c'est l'incompréhension qui nous anime et c'est l'acharnement, dans les procédures de rejet et d'expulsion, qui nous choque profondément.
Ces jeunes de 2O ans, qui restent encore des enfants dans leur psychologie et leur comportement, à la suite des traumatismes subis, relèvent encore du domaine de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Au lieu de cela nous constatons qu'un déploiement exceptionnel de démarches et de pressions est diligenté par vos services et le ministère de l'immigration pour arriver, in-extremis, à embarquer ces jeunes pour un pays où ils n'ont que des ennemis et où leurs proches doivent les cacher afin qu'ils echappent à la prison et peut-être à la mort.
Ces deux jeunes laissent ici une mère veuve et deux orphelins qui, eux aussi, n'auront, si nous n'y prenons garde, comme perpective que le rejet et l'expulsion alors que l'entrée dans l'age adulte de leurs ainés pouvait leur permettre d'espérer une protection et une meilleure sécurité.
Si nous savons que des quotas vous sont fixés imposant une certaine rigueur dans l'application des lois, nous savons aussi que vous disposez de libertés d'appréciation vous permettant de traiter ces situations avec humanité.
C'est ce que nous attendions de votre part ,après les assurances que vous aviez bien voulu nous donner lors de notre rencontre du 31 aout dernier
Nous ressentons en conséquence comme une trahison dans la confiance que nous souhaitions instaurer avec l'Etat que vous représentez en Indre et Loire.
Cela nous atteint profondément.
Les membres de notre association, celles avec qui nous sommes en rapport permanent, lles nombreuses personnes qui se réunissent tous les mois pour le Cercle de Silence de Tours, les personnalités que nous cotoyons en ces jours de voeux des association et des élus ( de tous bords), nous témoignent toutes et tous de leur opposition à cette décision d'expulsion dont l'entière responsabilité vous est imputée. Beaucoup se déclarent profondément blessés dans l'idée qu'ils se font d'une FRANCE accueillante et fraternelle.
Nous voulons croire, malgré tout, que cette expulsion, aux conséquences désastreuses, résulte plus d'erreurs d'appréciation que d'une volonté délibérée de provocation des associations de défense des étrangers en ces jours où nous venons de participer à la journée mondiale des migrants et du réfugié célébrée par l'Eglise catholique dans le monde entier et particulièrement en Indre et Loire
(-17 Janvier 2010 Journée des Migrants Mineurs-)
C'est pourquoi, pour éviter que vos décisions soient perçues comme une faute contre la cohésion sociale, dont vous avez la charge, nous souhaitons, par la reprise d'un dialogue, maitriser la tristesse et la colère de nos concitoyens avant qu'elles débouchent sur une révolte source de desordre public.
Ce dialogue devrait aboutir au retour de NELSON et ALDISON en France et au sein de leur famille où ils seront , de nouveau, en sécurité.
Croyez monsieur le Prefet en l'assurance de notre considération distinguée
pour CHRETIENS-MIGRANTS
Le Président
Louis BARRAUD