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« Les réfugiés de la Jungle ne sont pas des animaux », la plaidoirie d’une adolescente

 

Elle a 16 ans, elle est lycéenne à Rennes, s’appelle Enora Naour et elle vient de remporter le premier prix du concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme. Catégorie lycéens. Ce 21e concours du nom, organisé notamment par le Memorial de Caen, s’adresse chaque année à des avocats (ou des lycéens pour l’autre catégorie) du monde entier afin de dénoncer un cas de violation des droits de l’homme. Et comme cette fois-ci, il s’agissait des migrants de Calais, nous vous livrons un condensé de la plaidoirie de cette adolescente.

enora-naour

Les réfugiés de la « Jungle » ne sont pas des animaux

Mesdames, Messieurs

Je me dresse aujourd’hui devant vous pour plaider la cause de Mendaye, Aman, Maryam ou Hamed. Ces personnes viennent du Soudan, d’Érythrée, d’Éthiopie, d’Afghanistan, d’Iran, du Pakistan ou d’Irak. Ce sont des femmes enceintes, des chefs de famille, des enfants qui ont quitté leur pays d’origine afin de rejoindre nos civilisations Occidentales, porteuses d’espoirs et d’avenir.

Ils possédaient pourtant une maison, une famille, un métier. Ils pouvaient manger à leur faim, et se laver correctement, mais malgré cela, leur vie était en danger. Guerre, régime totalitaire ou intolérance religieuse sont les principales raisons qui ont poussé ces êtres humains à s’enfuir. Pour survivre.

Ils ont traversé l’Europe d’Est en Ouest, lors d’un voyage qui pour beaucoup, aura duré plus de 2 ans. D’autres sont passés par le Sahara, et ont franchi le détroit de Gibraltar. Certains ne sont jamais arrivés.

Leur but ? Rejoindre la France, pays fondateur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, avant de passer en Angleterre. Tout espoir leur était permis car, d’après l’article 13 de cette fameuse déclaration, «  devant la persécution, toute personne a  le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. »

J’aimerais pouvoir vous dire, Mesdames et Messieurs, que leurs désirs de bonheur et de liberté ont été exaucés. Mais cela serait une utopie, et je ne suis pas venue pour vous mentir.

(...)

Je lance un appel au gouvernement français, pour que l’article L622-1 du code des étrangers soit purement et simplement abrogé. Le délit de solidarité n’a plus lieu d’être dans le pays fondateur de la déclaration universelle des droits de l’Homme dont l’article 3 précise que «  tout individu a droit à la vie, à la liberté, et à la sûreté de sa personne. » Si cette sûreté doit être assurée grâce à une aide extérieure, aucune loi ne peut la punir.

Enfin, je lance un appel aux grandes instances européennes. Des lois concernant le droit d’asile et l’immigration existent, mais ne sont pas appliquées de façon homogène dans tous les pays membres de l’Union. Le monde est en changement permanent, et il est nécessaire de s’adapter à l’arrivée de réfugiés qui fuient des climats politiques devenus trop extrêmes dans leur pays. Si des personnes restent réticentes, qu’elles se disent que nous ne sommes pas en bonne position pour juger celles qui migrent afin d’échapper à des problèmes que nous ne connaissons pas dans nos régimes Occidentaux.

Des changements sont réalisables et il semble important que la situation désastreuse des habitants de la « Jungle » de Calais devienne une préoccupation politique le plus rapidement possible, afin que plus aucun Calaisien, Français ou Européen n’ait à rougir de ce qui se passe à ses frontières.

Merci pour eux.

Crédit photo : © François Decaens / Le Mémorial de Caen

A lire et à relire dans DailyNord
Un dimanche entre Afghans
• Et notre série en sept volets « Au pays des migrants »

 


Voir aussi :

- télécharger la plaidoirie intégrale : http://www.memorial-caen.fr/lyc1b/images/textes_plaid10/Naour10-gh.pdf

- visionner la plaidoirie : http://www.memorial-caen.fr/lyc1b/vdo/lyc_012.wmv

2007 :

Mémorial de Caen / 1er prix : « Peut-on enfermer des enfants ? Je vous le demande, peut-on enfermer des enfants ? »

2008

« Comment Écrire Sans-Papiers ? », 1er prix 2008 au Mémorial de Caen

mardi 16 février 2010.

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