France-Guyane : Les Haïtiens manifestent à Cayenne pour obtenir des papiers

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Les Haïtiens manifestent à Cayenne pour obtenir des papiers

Stéphanie BOUILLAGUET France-Guyane 19.02.2010

 

Plus de 200 personnes ont défilé hier matin dans les rues de Cayenne pour demander la régularisation exceptionnelle des Haïtiens présents en Guyane.

Une manifestation de sans papiers, cela ne s'était jamais vu en Guyane. Hier, en fin de matinée, plus de 200 personnes ont défilé dans les rues de Cayenne jusqu'à la pr éfecture, chantant d'une même voix : « Nou vlé, nou vlé, nou vlé papié » ou « Des papiers, pour travailler! » .
 
200 personnes ont défilé hier pour demander la régularisation des Haïtiens de Guyane en situation irrégulière (photo HG)
200 personnes ont défilé hier pour demander la
régularisation des Haïtiens de Guyane en situation irrégulière (photo HG)
 
 
Parmi eux, Milot Oxigen e, 30 ans, dont vingt passés en Guyane. Lui a été naturalisé, mais soutient avec vigueur le mouvement et compte évidemment sur la venue du président de la République pour se faire entendre : « Nicolas Sarkozy a été le premier chef d'État français à se rendre en Haïti depuis l'indépendance, et il arrive maintenant en Guyane. Nous lui lançons un appel de détresse, au nom des liens très forts qui unissent Haïti et la France. Étant donné la situation, nous demandons la régularisation exceptionnelle des Haïtiens de Guyane » .
À ses côtés, Bernard Moussa, présent depuis neuf mois sur le territoire, souhaite que les procédures administratives soient allégées : « On nous demande des tonnes de papiers que nous ne sommes pas en mesure de donner, comme des extraits d'archives. Suite au séisme, l'état civil n'existe plus en Haïti. Nous sommes pris en tenailles : nous n'avons pas de papiers, ni en Guyane, ni en Haïti. Nous sommes enfermés dans une prison morale » , témoigne-t-il.
Le cortège, parti de la cité Brutus, se masse devant les grilles fermées de la préfecture, brandissant des banderoles : « Tout moun sé moun menm sanspapyé » , « Tous ensemble pour Haïti » . Bernard Moussa soupire : « Sans papiers, nous ne pouvons pas travailler, ni étudier. En travaillant au noir, on se fait exploiter. On peut rapprocher ça de l'esclavage. Avoir accès au travail, c'est aussi donner la possibilité d'envoyer de l'argent à la famille restée sur place. »
Bernard a une fille de 6 ans restée en Haïti. Il aimerait que les conditions du rapprochement familial soient assouplies, afin qu'elle puisse le rejoindre, « pour son éducation, explique-t-il. Elle ne peut plus aller à l'école car elle a été détruite lors du séisme » .
Une délégation de cinq personnes (trois jeunes Haïtiens, un représentant du Réseau éducation sans frontières, de la Cimade et la députée européenne d'Europe Écologie Nicole Kiil-Nielsen) a été reçue en préfecture.
Elle en est ressortie déçue : « On nous a dit qu'un examen bienveillant sera fait au cas par cas. Mais nous, nous demandons des mesures claires, qu'on arrête par exemple d'exiger des extraits d'archives » , explique Marc Grossouvre, de RESF. Une réunion devrait avoir lieu la semaine prochaine avec le préfet.
samedi 20 février 2010.

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