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Des sans-papiers manifestent pour la 1ère fois en Guyane

Les Haïtiens de Guyane ont défilé jeudi 18 février 2010 pour demander leur régularisation exceptionnelle et durable.
 

Quelques jours après le séisme qui a ravagé Haïti, quelques jeunes sont allés frapper à la porte de Radio Mosaïque, une radio locale qui anime la communauté Haïtienne, pour organiser une grande marche de solidarité avec Haïti. En seulement quelques jours, ils ont réussi à déplacer une foule qui a marché en deuil à travers Cayenne. Un mois plus tard, ces mêmes jeunes se rendent compte que, de solidarité, il n'est point question en Préfecture. On leur annonce généreusement que, pour le moment, ils ne sont pas expulsables mais en même temps, tous leurs dossiers sont bloqués en Préfecture à cause du fameux "extrait d'archives". Ce document, exigé abusivement par la Préfecture de la Guyane, sert à authentifier l'état-civil d'un Haïtien. Or, le bâtiment des Archives Nationales d'Haïti à Port-au-Prince est détruit. Voilà les jeunes qui prennent consciences qu'ils sont prisonniers d'une situation qui leur échappe totalement.

Ils s'adressent donc à la CIMADE pour organiser une nouvelle marche, mais cette fois, pour revendiquer la régularisation exceptionnelle des Haïtiens sur le territoire français et en Guyane en particulier. La CIMADE réunit quelques associations qui décident de soutenir le projet, en particulier RESF et Sud Education. Le mouvement politique Guyane Ecologie a aussi soutenu la manifestation. En particulier, la député européenne Mme Kiil-Nielsen (Europe Ecologie) est venue manifester.

Nous étions 200 à 300. La plupart des manifestants étaient Haïtiens, auxquels se sont ajoutés quelques "métros" (10 à 20). Les jeunes avaient préparé des banderoles et Sud la sono. Nous avons suivi sans aucun souci l'itinéraire prévu pour arriver à la Préfecture.

Une délégation (3 jeunes, 1 CIMADE, 1 RESF, Mme Kiil-Nielsen) a été reçue par la nouvelle Secrétaire Générale de la Préfecture, Mme Anne LAUBIES. La rencontre a duré 20 minutes. Nous avons énoncé les revendications de l'Appel de Cayenne et avons remis un exemplaire de l'appel avec les 2600 signatures recueillies à ce jour. Mme Kiil-Nielsen a annoncé qu'elle ferait remonter les revendications au niveau européen. Mme LAUBIES s'est engagée à transmettre l'appel à la délégation présidentielle.

Mme LAUBIES a voulu passer beaucoup de temps sur le regroupement familial : Le Préfet accepte d'étudier au cas par cas les demandes non seulement pour les conjoints et descendants mais aussi ascendants. Il est prêt à relâcher les contraintes sur les surface du logement.

Nous avons expliqué que ces bons mots ne changent rien à la situation si l'on continue d'exiger (illégalement) les extraits d'archives nationales d'Haïti. Mme LAUBIES a alors expliqué qu'il pourrait être possible d'obtenir une authentification de certaines archives via l'ambassade d'Haïti à Washington, laquelle ambassade délivre un grand nombre de passeports Haïtiens et aurait des archives numériques : De l'art de construire des usines à gaz.
Nous avons redit que l'abandon de cette exigence illégale des archives était un impératif urgent dont toutes les autres procédures (régularisation, regroupement, asile...) dépendaient.

Mme LAUBIES a alors tenté de nous faire croire que la question des archives ne bloquait pas les dossiers en Préfecture et que toutes les demandes recevaient soit un récépissé soit une autorisation provisoire de séjour. Nous lui avons dit que si tels étaient les ordres alors, il était de son devoir de les faire descendre à la base car telle n'était pas la situation au guichet. Le ton s'est un peu tendu... A un moment donné, il faudra trancher clairement : archives ou pas archives.

Pour conclure, Mme LAUBIES a désiré nous rappeler qu'en tant qu'historienne de formation, elle était très sensible à la situation d'Haïti (sic). Enfin, le Préfet serait prêt à nous recevoir la semaine prochaine (à confirmer).

La délégation est ressortie et a rendu compte aux manifestants. Lesquels ont conclu que ce n'était que le début de la mobilisation.

Je vous invite aussi à lire l'article de Stéphanie Bouillaguet (France Guyane) qui a su, contrairement à RFO, mesurer l'importance de cette manifestation pour la Guyane.

Marc Grossouvre

dimanche 21 février 2010.

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