accueil RESF
HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN,
ILS SONT SOUS NOTRE PROTECTION!
DON au RESF
Accueil > RESF - Collectifs locaux > 89-Yonne
Contact

L’Yonne : Auxerre. Le dernier refuge des sans-papiers

Au 2, rue des Boucheries, le couloir ne désemplit pas. Des sans-papiers, des membres de leurs familles ou des amis viennent chercher de l’aide.
 
source : L’Yonne

par Ludovic Berger

«On est au bord du désespoir. On est prêt à s'enchaîner au tribunal, à faire une grève de la faim. » Quatorze heures, hier. Dans les locaux de l'Église réformée de France, au 2, rue des Boucheries, ce couple est reçu par deux bénévoles de la Cimade, une association qui vient en aide aux sans-papiers. « On vient pour notre petite-fille de 17 ans et demi, d'origine camerounaise », exposent ces habitants de Villeneuve-l'Archevêque.

« Elle est arrivée
en France à l'âge
de sept mois »

« Elle est arrivée en France à l'âge de sept mois. » Fille de leur fils, Français marié à une Camerounaise (divorcés depuis), ils se battent « depuis six ans » avec l'administration judiciaire pour qu'elle obtienne la nationalité française. « Le risque, c'est qu'elle soit expulsée quand elle aura 18 ans », commente Albert Ghesquières, membre de la Cimade. Déléguée départementale de la Cimade, Ariane Grosjean arrive. Elle se fait expliquer le dossier et passe un coup de téléphone à la préfecture. Personne ne répond. « Albert, tu peux rappeler la préfecture tout à l'heure, parce que j'ai une expulsion en cours », lâche Ariane Grosjean.

Son esprit est tourné vers Sens, où un « Arménien d'Ukraine » a été interpellé, la veille. « Il est dans un centre de rétention à Massy-Palaiseau. Il a une femme et deux enfants de quatre ans et un an », explique-t-elle. Inquiète, Ariane Grosjean finit par obtenir des nouvelles après de multiples coups de fil.

« Garder le contact »

« Il doit passer devant un juge des libertés et de la détention demain (aujourd'hui) et sera assisté par un avocat commis d'office et un membre de France terre d'asile. Ce qui est important, c'est de garder le contact », confie-t-elle. Son portable sonne. Une amie religieuse a retrouvé la trace de l'épouse, partie, paniquée, à Joigny, avec ses enfants. « Tu la raccompagnes jusqu'à son logement à Sens, sinon elle va perdre tous ses droits », lui conseille Ariane Grosjean.

Un homme de 51 ans est reçu. D'origine béninoise mais de « nationalité française », il vit à Toucy et ne parvient pas à se faire délivrer une nouvelle carte d'identité depuis 2003, après avoir perdu sa première carte. « Vous avez fait appel ou pas », l'interroge Ariane Grosjean. « C'est ça que mon avocat doit faire mais j'attends toujours. » Ariane Grosjean : « Prenez un autre avocat. C'est au tribunal que ça se passe et il faudra repasser après en préfecture. Vous travaillez actuellement?? » « Je ne peux pas, les employeurs me rejettent. Depuis septembre, je n'ai plus de ressources. » « Allez voir le député de votre circonscription, Jean-Pierre Soisson. »

Une femme prend le relais, son bébé d'un an dans les bras. Elle tend un jugement du tribunal administratif. « Ils vivent à cinq dans 15 m2; ils viennent de gagner le droit de rester provisoirement en France », explique Christiane Boyer, une autre bénévole de la Cimade, qui suit de près cette famille.

Dans le couloir, d'autres personnes attendent. « C'est comme ça tout le temps », soupire Ariane Grosjean.

En Pratique. La Cimade tient une permanence chaque mardi, à Auxerre, au 2, rue des Boucheries, de 14 à 17 heures.

jeudi 25 février 2010.

Faire connaître cet article

Partager  
Derniers articles parus :
FIL RSS   liste actusWWW