Est-ce un guet-apens dû à son employeur qui a conduit au centre de rétention Ibrahima Diarra, habitant Pontault-Combault, le 23 février? C’est ce qu’assure cet Ivoirien de 29 ans, soutenu par Réseau éducation sans frontières, la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, la CGT et les élus communistes de Pontault-Combault.
Toujours retenu, il passe ce matin devant le juge des libertés et de la détention de Meaux, qui doit statuer sur son maintien en rétention au CRA.
Employé en contrat à durée indéterminée depuis juillet 2009 par l’entreprise de maçonnerie SRFR, domiciliée à Ormeaux, Ibrahima Diarra est victime le 17 décembre d’un accident de travail en glissant sur la neige. « Mon patron a refusé de signer mon accident de travail en disant qu’il aurait des problèmes. Le lendemain, il a arrêté mon contrat de travail, prétextant la fin de mon CDD, alors que j’étais en CDI. Il m’a réglé le solde de tout compte et mon salaire », affirme-t-il.
Face au refus de reconnaître l’accident de travail, le sans-papiers saisit lui-même la Sécurité sociale, qui convoque l’employeur à la mi-mars. Le 23 février, soit quelques jours plus tard, Ibrahima Diarra alors en entretien avec la CGT est contacté par son patron, qui lui donne rendez-vous en bas de chez lui pour lui donner les papiers signés de l’accident du travail. Or, à la suite d’« une dénonciation anonyme », selon les mots de l’ordonnance de la cour d’appel de Paris, le jeune Ivoirien est arrêté par la police de l’air et des frontières en arrivant sur le lieu de rendez-vous. Les policiers constatent qu’Ibrahima Diarra falsifie sa carte de séjour depuis trois ans.
Un « hasard », selon Michel Fernandez, le patron de SRFR. « Je l’ai attendu à notre rendez-vous et il n’est jamais venu. C’est certainement suite à ma demande, deux mois et demi avant la vérification de ses papiers auprès de la préfecture, qu’il a été contrôlé. La préfecture a mis plusieurs semaines à me répondre et j’ai réitéré mon signalement quelques jours avant l’arrestation d’Ibrahima. » Pourtant, la vérification doit se faire deux jours au minimum avant le premier jour de l’embauche. Le préfet dispose de quarante-huit heures pour répondre.
« Je me suis trompé en lui faisant signer un CDI, c’est un CDD pour lequel je l’avais embauché. J’ai perdu 1200 € en indemnités de fin de contrat, poursuit Michel Fernandez. Et puis, il m’envoie son arrêt de travail au bout de trois semaines et m’insulte au téléphone. De toute façon, il s’est mis en arrêt quand je lui ai dit que je voulais le licencier. »
Le comité de soutien d’Ibrahima Diarra va l’assister dans ses démarches auprès du conseil de prud’hommes afin que son CDI soit rétabli.

Ibrahima Diarra, ici avec sa compagne, passe ce matin devant le juge des libertés et de la détention de Meaux qui doit statuer sur son maintien en rétention.
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LUMIGNY-NESLES-ORMEAUX
Est-ce un guet-apens dû à son employeur qui a conduit au centre de rétention Ibrahima Diarra, habitant Pontault-Combault, le 23 février? C’est ce qu’assure cet Ivoirien de 29 ans, soutenu par Réseau éducation sans frontières, la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, la CGT et les élus communistes de Pontault-Combault.
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