
Il y a trois semaines, elle était expulsée vers le Maroc alors qu'elle venait de déposer plainte pour violences. Elle vivait en France sans papiers, fuyant un mariage forcé dans son pays, et contrainte de cohabiter avec un frère qu'elle a accusé de violences. Son cas avait soulevé l'indignation des associations. Au point que Nicolas Sarkozy avait accepté le retour en France de la jeune fille. Une annonce faite à l'occasion de la Journée de la femme, le 8 mars ; depuis, un visa lui a été accordé selon la volonté présidentielle de faire un "geste humanitaire". Et samedi matin, Najlae Lhimer, lycéenne et sans papiers, est arrivée à l'aéroport parisien d'Orly.
Plusieurs dizaines de camarades de classe l'attendaient, ainsi que des militants du Réseau éducation sans frontières (RESF). "Najlae, Najlae", scandaient-ils dans le hall de l'aéroport où l'attendait également le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, qui a suivi ce dossier depuis le début. La jeune femme était accompagnée par des membres de la famille Parisot, organisateurs de son comité de soutien à Château-Renard.
"Je suis très heureuse, je ne pensais pas rentrer aussi rapidement", a lancé la jeune femme, émue, à son arrivée. Tout en ajoutant aussitôt : "Je pense aux autres expulsés restés là-bas", faisant allusion au jeune Hassan, apprenti sans papier de Montpellier expulsé il y a un an vers le Maroc, qui a passé trois semaines à ses côtés à Rabat. "J'ai un peu de rancoeur contre les gendarmes qui m'ont mis dans cette situation", a-t-elle reconnu. "Ils m'ont fait passer de victime à coupable mais cela passera avec le temps". Désormais, la jeune femme compte reprendre ses cours d'hôtellerie lundi au lycée des métiers Françoise-Dolto d'Olivet, près d'Orléans.
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