Rémy Ourdan Fuir, changer de pays, changer de vie. Se jouer des frontières. Souffrir, s'il le faut, pour atteindre un rêve. Pour deux jeunes Afghans, Mohebullah et Mohammad, deux cousins, ce rêve s'est brisé, le 15 décembre 2009, à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, après sept mois de voyage épique de Kaboul à Calais, lorsque la police française les a déportés vers l'Afghanistan. C'est l'histoire d'une odyssée et, pour Mohebullah Ahmadi et Mohammad Zarif Rezahi, l'histoire d'une traîtrise. Car leur rêve n'était pas de vivre en France. Leur objectif était, comme pour beaucoup de migrants d'Asie centrale, d'arriver à Londres. Ils auraient voulu, là-bas, raconter leur histoire, convaincre la Grande-Bretagne de leur offrir l'hospitalité. Aussi ne comprennent-ils pas que la France, un pays où ils ne faisaient que passer, "un pays qui se prétend l'ami de l'Afghanistan", soupire Mohebullah, les ait expulsés.
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samedi 13 mars 2010.