La famille Rrudhani, albanaise originaire du Kosovo, en France depuis 3 ans a vu tous ses recours rejetés par l'OFPRA et la CNDA. Pourtant cette famille est en grave danger.
Durant la guerre qui a déchiré le pays, le mari a été enrôlé de force par les Serbes. Par la suite ses propres compatriotes l'ont considéré comme un traître et il est l'objet de menaces de la part d'extrémistes albanais. Il est toujours recherché dans son pays.
La mère et la sœur de son épouse ont été l'objet de violences de la part des mêmes extrémistes et ont disparus depuis juillet 2008 .
Malgré le témoignage très parlant d'une voisine, repris ci-dessous, qui insiste sur les risques encourus par la famille en cas de renvoi au pays la préfecture a réactivé l'OQTF lancée en juillet 2008 et pourtant échue en juillet 2009.
Témoignage d'une voisine et amie de Sadete Rrudhani, par lettre datée du 16/12 2009, authentifié par la photocopie du passeport de l'auteure.Traduction par une interprète agréée et assermentée près la cour d'appel de Grenoble.
Quant au Ministère de l'immigration, alors qu'Éric Besson s'était engagé par téléphone à revoir le dossier, il a tout simplement botté en touche en reprenant en « copié collé » les conclusions de la cour d'appel de Lyon qui annulait le jugement du TA de Grenoble en faveur de la famille, en prenant bien soin de dégager la responsabilité du Ministre.
Ci-dessous des extraits de ce courrier daté du 9 mars 2010, reçu par un membre du comité de soutien à la famille Rrudhani.
Je dois vous informer que l'examen des demandes d'asile relève de la seule compétence de l'OFPRA, établissement public autonome qui prend ses décisions en toute indépendance, sous le contrôle juridictionnel de la CNDA. Il n'appartient donc pas au ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité national et du développent solidaire d'intervenir sur les demandes d'asile des personnes concernées.
Par ailleurs, des éléments du dossier, il ne ressort pas que la mesure d'éloignement notifiée par le Préfet de la Drôme, et dont la légalité a été confirmée par la cour administrative d'appel de Lyon, porte une atteinte disproportionnée au droit de la famille RRUDHANI a mené une vie privée et familiale normale, ou que leur retour dans leur pays d'origine les expose à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme.
Par conséquent, la mesure d'éloignement notifiée à la famille RRUDHANI ne peut qu'être confirmée.
Alors que de lourdes menaces pèsent sur cette famille, le ministère estime qu'ils peuvent mener une vie normale dans un pays où de graves incidents inter-ethniques se produisent régulièrement mais dont la presse ne parle jamais.
Le ministère n'a pas non plus pris en compte le rapport du Commissaire Européen aux droits de l'Homme Thomas Hammarberg, qui en juillet dernier a publié un rapport et qui s'est dit très préoccupé par les retours forcés au Kosovo des personnes qui ont trouvé refuge dans des pays d'Europe et je cite : « Ce n'est tout simplement pas le moment de procéder à des retours en général et encore moins a des retours forcés »
Mais dans notre pays les témoignages comme celui repris plus haut sont considérés par l'OFPRA et la CNDA comme des « témoignages non spontanés » et donc suspects.
Pourtant cette famille est en danger et nous ne pouvons pas rester sans rien faire.
Cet article est une information sur la situation catastrophique de cette famille.
Des actions doivent s'organiser, elles feront l'objet d'un autre article.
A SUIVRE