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Le visa du bonheur

 
source : Jeune Afrique

« Ce jour-là, le monde s’est écroulé », raconte Najlae Lhimer dans un sanglot. Le 18 février, cette Marocaine de 19 ans se rend au commissariat de Montargis (à 120 km au sud de Paris) pour déposer une main courante contre son frère, qui l’a violemment frappée. Mais après avoir montré son passeport et alors qu’elle pense faire enregistrer sa plainte, Najlae n’est plus considérée comme une femme battue qu’il faut aider, mais comme une sans-papiers qu’il faut expulser. « J’ai été placée en garde à vue pendant vingt-quatre heures, puis mise dans un avion. Je me suis retrouvée au Maroc sans avoir eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait. »

Najlae a grandi à Oujda, « dans une famille très traditionnelle ». En 2005, pour fuir un mariage forcé, elle part pour la France, munie d’un visa de tourisme. Recueillie par son frère, elle s’inscrit dans un lycée professionnel. « Le jour de mon arrivée, j’ai réalisé le rêve de ma vie. J’étais tellement heureuse ! Pour moi, la France c’était la liberté, les études, la protection de mes droits. Le jour de mon expulsion, je ne comprenais rien. Je n’ai pas parlé, je pleurais, j’étais complètement perdue. »

À son arrivée à Casablanca, Najlae subit une garde à vue de vingt-quatre heures. « Les conditions de détention étaient ignobles. On m’a placée en cellule avec d’autres détenus. Les policiers n’ont manifesté aucune compassion, ils étaient très impolis. Ils n’ont vu en moi qu’une fille sans défense, une clandestine qui avait fui son pays. » À sa sortie de prison, Najlae est prise en charge par l’association Réseau éducation sans frontières (RESF) à Rabat. Et n’a plus qu’une idée en tête : retourner en France. « Je préfère mourir que de rester au Maroc. En plus, y rentrer dans ces conditions, c’est une honte pour moi », avoue alors la jeune fille, qui n’a pas cherché à joindre sa famille, avec qui elle n’a plus aucun contact.

Le 8 mars, la bonne nouvelle tombe, enfin. Le président français Nicolas Sarkozy se dit « prêt à l’accueillir en France ». Depuis, Najlae a obtenu son visa et compte rentrer au plus vite. « Je suis très heureuse et rassurée sur mon avenir. Je vais reprendre mes études dans l’hôtellerie. » Elle n’oublie pas pour autant ceux qui n’ont pas eu sa chance. « Je pense à Hassan, un jeune homme qui, comme moi, a été expulsé et dont le père, gravement malade, vit en France. S’il ne peut pas rentrer très vite, il ne le reverra sans doute jamais. »

mercredi 17 mars 2010.

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