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Nîmes. La Cimade dénonce le désengagement de l’État

 
source : La Dépêche

par Cathy ROCHER

Alikhan , 30 ans, ne pèse aujourd'hui qu'une quarantaine de kilos. C'est un jeune homme détruit, épuisé, qui a fui la Tchétchénie avec sa famille il y a quelques semaines (1). Alikhan, son épouse Razita et leurs deux enfants, âgés de 3 et 7 ans, demandeurs d'asile, sont hébergés, via le 115, dans un hôtel du centre-ville de Nîmes.
« Jusqu'à ces derniers jours, (après le petit-déjeuner, NDLR) , on leur fournissait, en guise de repas - le seul de la journée - un sandwich, une bouteille d'eau et une compote. C'est intolérable », assurent Fabienne ou encore Hélène Reille, de la Cimade, qui tirent la sonnette d'alarme. Prenant pour exemple le cas d'Alikhan, les deux représentantes de la Cimade entendent dénoncer là « le désengagement de l'État ». « Les conditions minimales
de prise en charge des demandeurs d'asile, c'est-à-dire l'hébergement et les repas, de la responsabilité de l'État, ne sont plus assurées », affirme Fabienne.
« Les structures d'hébergement sont saturées , commente la Cimade. Il est de plus en plus difficile de trouver un hébergement, une aide d'urgence. Les demandeurs d'asile passent de bureau en bureau sans qu'une solution leur soit proposée.Chacun se renvoie la balle. » Le poids de la prise en charge des demandeurs d'asile repose donc notamment sur les épaules des associations qui n'ont guère plus de moyens et plus encore sur la Cimade. « On passe les deux tiers de notre journée à batailler avec les professionnels, la préfecture, la Ddass... pour tenter de trouver des solutions. Résultat, on n'a pas le temps de faire notre travail, c'est-à-dire préparer les dossiers des demandeurs d'asile », proteste Fabienne.
La Cimade tente de s'organiser pour assurer une aide alimentaire, et a installé des lits de camps dans ses propres locaux. Depuis plusieurs mois, des Afghans demandeurs d'asile sont hébergés la nuit dans cette salle. Une autre partie de ces Afghans, arrivés à Nîmes en septembre 2009 après le démantèlement de la "jungle" de Calais, dort dans une maison prêtée par la communauté catholique. Contactée hier, la préfecture, en raison de la proximité des élections régionales, n'a pas souhaité s'exprimer sur cet « appel » de la Cimade.

 

(1) En Tchétchénie, Alikhan a été emprisonné, privé de nourriture, battu. Pour le sortir de cet enfer, sa famille a vendu le peu de biens qu'elle avait, payé une rançon et fui son pays. Aujourd'hui, Alikhan, craignant toujours des représailles, n'ose pas quitter sa chambre.

samedi 20 mars 2010.

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