La pluie commence d'abord par tomber sur les personnages de « Cinq hommes ». Comme pour laver l'existence de ces clandestins condamnés à fuir la poussière et la misère de leur pays pour venir soulever celle d'ici, terre d'eldorado, paraît-il. Donnée sur la scène du Parvis, l'adaptation de ce texte de Daniele Keene explore la décadence de cinq hommes, destins brisés d'Afrique, de Pologne, de Roumanie, d'Espagne ou du Maghreb… Car ils sont seuls, autour du chantier ou de leur abri de fortune, unis dans leur diversité, s'éreintant à bâtir un mur pour un patron invisible, à monter sur cette barrière infranchissable, obstacle à leur intégration sur lequel on n'hésite pas à graver l'insulte. Mis en scène par Robert Bouvier, « Cinq hommes » parvient à brosser, par petites touches lentes et successives, les ravages du déracinement.
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dimanche 21 mars 2010.