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L'Union / Le bel exercice théâtral des bac pro de Maubert

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Le bel exercice théâtral des bac pro de Maubert

 


Dans la dernière pièce de Ludovic Huart, les comédiens, amateurs ou professionnels, portent un demi-masque pour encore mieux marquer la notion de perte d’identité qui accompagne tout acte de migration pour des raisons politiques ou humanitaires, donc de migration forcée.

Surprise lors de la création au théâtre de la dernière pièce de l'auteur ardennais Ludovic Huart… Et si la nuit ne voyait jamais le jour n'était pas du tout la pièce que nous avions annoncée quelques jours auparavant ! Rien à voir avec l'histoire d'un jeune homme qui cauchemarde toutes les nuits que sa femme, partie en Irak pour raisons professionnelles, est arrêtée puis assassinée !
Explications de l'auteur a posteriori : en fait, le projet mené par Ludovic Huart avait évolué en cours de route ; la trame de départ n'était que provisoire. Et il n'avait pas pensé à produire un nouveau résumé pour le dossier de presse.
En fait, le jeune auteur-metteur en scène mène des actions théâtre depuis cinq ans au lycée privé de Maubert-Fontaine. C'est une convention passée entre le Théâtre des Mots Dits et la directrice de l'établissement Céline Fouvry.
Cette année, Ludovic Huart a travaillé 35 heures avec seize élèves de la classe de Valérie Pauly, des terminales bac pro en « service à la personne », auxquelles se sont joints des comédiens plus chevronnés, voire professionnels, comme Hélène Defline (déjà vue dans J'ai trouvé une pelle pour enterrer ma poupée) et Laurent Chauzin.
La pièce ne sera jamais rejouée…
Ludovic Huart a donc imaginé une histoire à rôles multiples, nécessitant aussi pas mal de figurants. Mais une trame dramatique guère moins dure que le projet initial. « J'ai pensé qu'avec le nouveau texte, je pouvais même garder le même titre ! », explique le fondateur du Théâtre des Mots Dits.
Et pour cause… Il était question cette fois de migrants qui fuient un pays en guerre (Europe Centrale ou Balkans ?) et qui, tant bien que mal, essaient de trouver asile dans un pays occidental riche. Brutalité des soldats, avidité et cynisme des passeurs, policiers corrompus, prostitution, conditions climatiques extrêmes, manque de nourriture, maladie… Ludovic Huart a voulu concentrer le cauchemar des migrants en une heure et demie. Avec vingt-cinq personnes sur scène (en majorité des filles dans les rôles des femmes réfugiées) portant de maigres valises et des vêtements apparemment aussi précaires que leur condition, et quelques trouvailles de mise en scène comme une houle de draps blancs agités pour symboliser la mer qu'il faut traverser sur une frêle embarcation, des extraits de radio pour évoquer le démantèlement du camp de Sangatte et l'occupation de l'église Saint-Bernard à Paris, l'utilisation d'un échafaudage pour concrétiser la difficulté du trajet à travers une montagne, ou l'apparition intermittente d'un chœur de récitantes en fil rouge du récit, etc. Et si la nuit ne voyait jamais le jour offre de la matière scénique au public.
Dommage, mais cette pièce, sous cette forme, ne sera en fait… jamais rejouée. C'était simplement un exercice scolaire, mais que l'auteur inclut cependant dans sa volonté d'une tétralogie (en cours) sur le thème de la migration et du déracinement.
Patrick FLASCHGO

vendredi 9 avril 2010.

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