Bonsoir
Rude journée dans la triste logique de l’acharnement envers les étrangers et du délire total auquel nous avons assisté
Je me suis occupée aujourd’hui de ce Monsieur Angolais que la Préfecture du Rhône essaye d’expulser depuis longtemps déjà.
Le juge des Libertés de Lyon avait prolongé sa rétention jusqu’à demain vendredi 11 heures du matin
Hier soir il a été embarqué vers 19 heures à l’aéroport de Lyon Bron dans un avion spécialement affrété par le Ministère de l’Intérieur en direction du Bourget.
L’aéroport de Bron était un camp retranché CRS bloquant tous les accès et hélico tournant au dessus, pour surveiller ?
Menotté à bord de cet avion, ce Monsieur à l’arrivée au Bourget est attendu par 30 CRS et 6 voitures de police, excusez du peu.
Avant de monter à bord d’une d’entre elles il est entièrement ligoté de la tête aux pied comme un saucisson et on le bâillonne il dit c’était comme une muselière .
On l’emmène à la PAF de Roissy où il attend pendant plus d’une heure toujours ligoté et entravé sans pouvoir ni s’asseoir ni se tenir debout, on lui refuse à boire et d’aller aux toilettes.
Enfin on l’emmène en voiture au pied de l’avion pour Luanda où il est monté par l’arrière comme un paquet toujours saucissonné. Le commandant refuse de partir avec lui.
Il est redescendu de l’avion et repars à la PAF, on est gentil on lui désentrave les jambes et on lui enlève son bâillon mais il est toujours ligoté à partir des genoux.
Après de multiples coups de téléphone, les policiers le remettent dans la voiture et le ramène à l’avion, le commandant refuse de faire rouvrir les portes .
Il repart à la Paf et là les policiers ne savent plus quoi faire, on le désentrave, il est fatigué il n’a pas d’endroit pour se reposer on lui dit que les locaux ne sont pas fait pour cà, il est quatre heures du matin
A cinq heures du matin il est transféré au centre de rétention de Bobigny ;
Ce matin je m’inquiète de voir qu’il n’est pas sur les listes des comparutions immédiates pour les refus d’embarquement , le Parquet me confirme qu’il n’est pas déféré.
Je vais alors au centre de rétention à Bobigny où je rencontre un homme épuisé, très nerveux, apeuré .
A la fin de l’entretien au moment où nous nous séparons il est emmené de force et je comprend qu’on va tenter de l’expulser.
Je ne peux rien faire il disparait derrière une porte et les policiers ne sont au courant de rien.
Je me trompe de porte en repartant et revient sur mes pas pour voir qu’effectivement on lui a remis son paquetage.
Sa femme attend en bas pour le voir , elle ne le verra pas les policiers expliquent qu’il prendra un avion au Bourget à 17 heures 30 pour destination inconnue.
Les recoupements sont vite faits il n’y a pas de vols de Paris pour Luanda aujourd’hui mais de Lisbonne ou Francfort.
On organise en urgence une conférence de presse à 16 h 30 à la Fcpe avec bonne couverture médiatique et on attend.
Enfin à 22 heures on apprend qu’il sera libéré l’avion parti pour le Portugal n’ayant pas eu l’autorisation d’atterrir. Il est revenu à Bobigny et a été libéré du CRA il y a quelques instants
Communiqué laconique de la Préfecture du Rhône indiquant qu'en raison de l'impossibilité d'exécuter la mesure, il le remettait en liberté.
Résumons, déploiements de police incroyables, deux avions spéciaux , un aller et retour pour rien à Lisbonne , mais surtout des mauvais traitements , des traitements inhumains et dégradants.
On est épuisés , heureux qu’il s’en soit sorti ,mais dégoutés de ces méthodes indignes.
Merci aux formidables mobilisations des militants
C’est nous qui aurons le dernier mot , na !!!
Dominique