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Maurice Bennasayag : "Comparaison n’est pas raison" (Procès des six de Pau)

 

Miguel_Benasayag
Miguel_Benasayag.doc

 

Comparaison n’est pas raison

 

Moi Miguel Bennasayag philosophe et psychanalyste je voudrais vous faire part de quelques réflexions en manière de témoignage au procès des six inculpés de Pau.

 Dans l’histoire, comme aussi dans la vie, comparaison n’est pas raison. Etant très engagé dans les activités de RESF j’ai eu très souvent l’occasion d’entendre les parallèles faits entre le sort réservé aux enfants des sans-papiers aujourd’hui et celui réservé aux enfants juifs pendant l’occupation.

 J’ai, pour ma part, vécu la moitié de ma vie sous une dictature, en argentine, et l’autre moitié en France sous une république et une démocratie.

C’est ainsi que, à de nombreuses occasions, je me suis, ici, offusqué lorsque des évènements m’évoquent ce que j’ai connu sous la dictature. Lorsque cela arrive je participe à la dénonciation voire à la résistance contre ces tendances et pourtant je continue à voir la différence entre une démocratie et une dictature. Mais je sais que les états d’exception arrivent doucement, comme par un glissement et qu’il faut être vigilants.

 Les six inculpés d’aujourd’hui ont évoqués une corrélation historique et ont comparés certains faits, cela dans le but de déclencher une alarme.

S’ils sont condamnés parce qu’ils ont émis une hypothèse, cela signifiera qu’aujourd’hui on peut, en France, être condamné pour avoir pensé.

 Cette éventuelle condamnation ne manquera pas d’apparaître aux yeux de tous comme une très paradoxale défense de la démocratie.

Je tiens à souligner que dans le livre sur RESF écrit avec Angélique Del Rey « La chasse aux enfants » nous exprimions clairement notre désaccord avec la comparaison qui est aujourd’hui en question. Mais personne ne peut en France prétendre que l’on devrait condamner quelqu’un parce que des évènements graves d’aujourd’hui lui évoque les catastrophes du passé.

 Il est évident que la seule façon de nier cette comparaison et d’affirmer que nous vivons dans un état de droit avec pleine liberté de pensée et de parole passe par la relaxe de ces six inculpés.

mercredi 9 juin 2010.

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