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Libé Lyon, 10 juin 2010, "Il a pris la responsabilité de faire des enfants alors qu’il était en situation de précarité"

 

10/06/2010

"Il a pris la responsabilité de faire des enfants alors qu'il était en situation de précarité"

SOCIÉTÉ - Signe de la particularité du dossier examiné ce mercredi par Cour administrative d'appel de Lyon, il y avait un avocat sur les bancs pour représenter le Préfet du Rhône. La juridiction examine à tour de bras ce type de requêtes : demande d'annulation d'un refus de titre de séjour par la préfecture. Il est assez rare que la préfecture prenne la peine de mandater quelqu'un pour venir défendre sa position à l'audience. Mais Guilherme Hauka Anzaga, symbole des impasses de la politique d'expulsion, est un cas à part pour le Préfet du Rhône…

 

Par trois fois cet hiver, Guilherme Hauka Anzanga a été arrêté et conduit à l'aéroport en vue de son expulsion pour l'Angola. Par trois fois, l'expulsion a échoué, le personnel navigant s'y étant opposé. En avril, après un dernier échec sous le feu médiatique, le Préfet avait fini par renoncer, constatant "l'impossibilité" de procéder à l'expulsion de ce père de famille très soutenu par les parents d'élèves de son école. Guilherme Hauka Azanga est arrivé en France en 2002, il vit à Lyon avec sa compagne, Congolaise en situation régulière, ils ont deux enfants. Depuis 2006, date de son dernier rejet de sa demande d'asile, il se bat pour rester et obtenir un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale. Le bras de fer continue devant les tribunaux.

Les parents d'élèves de l'école de ses enfants étaient présents mercredi à la cour administrative d'appel. Il y avait aussi Florence, la compagne de Guilherme Hauka Azanga et mère de ses deux enfants nés en France en 2007 et 2009. Mais elle n'est pas restée longtemps dans la salle d'audience. Préférant se lever et partir lorsque l'avocate de la préfecture, M° Dominique Schmitt expliquait à la barre que, selon elle, Guilherme Hauka Azanga était "peut-être le père des enfants", mais qu'il ne s'en occupait "que de très loin". M° Schmitt explique qu'il suffit de "quelques moments d'intimité pour faire des enfants". M° Schmitt de dénoncer cet homme "qui a pris la responsabilité de faire des enfants alors qu'il était en situation de précarité". Dans la salle, les proches du couple sont soufflés. M° Laurent Sabatier, avocat de Guilherme Hauka Azanga, rappelle alors les attestations des parents mais surtout des responsables d'école et de crèche, de leur médecin, qui décrivent tous, au contraire, un père particulièrement présent et investi auprès de ses deux enfants.

Ce n'est cependant pas sur ce point que la préfecture, qui sera d'ailleurs suivie par le rapporteur public de la Cour, entendait sceller le cas Hauka Azanga. Avant d'arriver en France en 2002, cet homme aujourd'hui âgé de 45 ans, avait une famille en Angola. Une femme et cinq enfants. Selon Guilherme Hauka Anzaga, tous ont disparu aux alentours de 2004. Sa femme a été arrêtée et serait morte peu après. Les documents fournis au tribunal, non officiels, n'ont pas convaincu le rapporteur public. Deux enfants sont toujours portés disparus. Trois autres auraient été recueillis en République Démocratique du Congo où ils ont été pris en charge par une institution caritative.

Pour le préfet et le rapporteur public de la cour administrative d'appel, la présence de cette première famille justifie en soi le refus d'un titre de séjour en France. "L'intérêt supérieur des enfants, c'est aussi l'intérêt supérieur de ses enfants en Angola", requiert le rapporteur public, qui lui conseille d'aller avec sa famille actuelle s'installer en Angola, ou en RDC. "Il existe une solution beaucoup simple pour résoudre ce problème et réunir enfin cette famille : accorder un titre de séjour à Guilherme Hauka Azanga, qui pourra ensuite faire venir ses deux enfants encore mineurs", conclut M° Sabatier.

La Cour administrative d'appel de Lyon rendra son arrêt dans une semaine.

Alice Géraud

 

jeudi 10 juin 2010.

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