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Association pour la Démocratie à Nice, RESF06, Vie et Partages : UNE NOUVELLE ATTEINTE AU DROIT D'ASILE DANS LE 06

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Communiqué commun

Association pour la Démocratie à Nice, RESF06, Vie et Partages: UNE NOUVELLE ATTEINTE AU DROIT D'ASILE DANS LE 06

 

UNE NOUVELLE ATTEINTE AU DROIT D'ASILE DANS LE 06

 
23 familles se sont adressées à nous le lundi 30 mai à 8h30 pour un accompagnement d'urgence à la Préfecture. Ces familles de demandeurs d'asile étaient déjà sur place où elles s'étaient rendues sur le conseil d'ALC .L'association ALC gère, entre autres services, un Centre d'Accueil pour Demandeurs d'Asile et la Plate-Forme d'Accueil des Demandeurs d'Asile; elle avait reçu, vendredi dernier, la visite inquiète et pacifique de ces familles d'usagers de la Plate-Forme.
 
Lundi donc, nous les avons rejointes aussitôt, tout étonnés de trouver ses personnes seules, sans le soutien de leur interlocuteur naturel, pourtant inspirateur de cette visite collective à la Préfecture...
 
Il s'agissait pour ces chefs de famille de s'enquérir de leur sort suite à l'annonce de leur fin d'hébergement par un hôtelier las d'attendre le règlement par l'Etat, via la Fondation ACTES (qui gère le Dispositif Hôtelier pour les Demandeurs d'Asile), de milliers de nuitées impayées. En clair, une centaine d'adultes, d'enfants et de nourrissons allaient se retrouver lundi soir à la rue. Quelques heures plus tard, une rencontre avec la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale) débouchait sur un sursis d'une nuit pour des demandeurs d'asile de plus en plus angoissés, le temps pour les services concernés de trouver de nouvelles solutions hôtelières dans un contexte de sur-occupation pour cause de vain sommet de la France-Afrique.
 
Ce mardi 9h, nous étions là devant l'un des hôtels puis l'autre, flanqués d'un journaliste de Nice-Matin et de fonctionnaires du SDIG (ex RG). Les familles sortaient peu à peu de leur logement et, à 9h45, c'est nous qui les avons informés de la teneur d'un mail émis par la Fondation ACTES et comportant une première liste d'hôtels à rejoindre à Cannes, Cagnes-sur-Mer, Villeneuve Loubet, Saint-Laurent du Var et, pour quatre familles, à Nice. 6 familles doivent leur maintien d'une nuit supplémentaire dans les hôtels en question à un appel vespéral du Sous-Préfet FASILLE au responsable des deux hôtels. Hier soir, 17 familles ont donc rejoint comme elles ont pu leurs lieux provisoires d'hébergement. Aucun des opérateurs concernés au premier chef n'a proposé spontanément ou réservé une suite favorable à notre demande de camionnette(s) pour ce qui a quand même été un déménagement d'ampleur. Ces familles vivaient là depuis des mois et ont forcément des effets personnels qui sont leur seul "patrimoine". Les mêmes n'ont pas, semble-t-il, souhaité dépêcher sur place un(e) représentant(e) auprès de leurs usagers. Cette semaine, des dizaines d'enfants n'iront pas à l'école et nous ne sommes pas sûrs qu'ils s'y rendront avant la fin de l'année scolaire. L'instabilité constitue évidemment un facteur aggravant d'un parcours scolaire déjà marqué, pour tous ces enfants, par l'exil et la précarité. Les hôtels en question ne sont pas équipés pour ce type d'accueil qui nécessite forcément un coin cuisine et les familles ne disposent pas des moyens de se restaurer en ville.
 
On peut tout entendre et tout comprendre :

 

- la surpopulation à Nice de demandeurs d'asile,
- la difficulté de gérer ces flux constants dans un parc hôtelier forcément contraint par la poussée saisonnière des touristes,
- le faible niveau des moyens d'accompagnement de ces publics.


Tout ceci, n'en doutons pas, sera invoqué comme une excuse suffisante.
Sauf que, depuis des mois, nous ne cessons d'alerter sur le sort qui est fait à ces personnes qui se sont réfugiées en France, ces personnes qu'on fait attendre des heures pour retirer leur courrier ou pour décrocher un rendez-vous, ces personnes traitées de moins en moins aimablement par des personnels épuisés, ces personnes qui ont moins de chance d'aboutir dans leur demande d'asile lorsqu'elles ne sont pas accueillies dans les seules structures adaptées qui vaillent : les Centres d'Accueil pour Demandeurs d'Asile qui, à Nice, ne concernent qu'une très faible part de ce public.
 
5 millions d'euros sont chaque année injectés dans l'industrie hôtelière locale pour des hébergements qui pourraient être organisés autrement et on n'oublie pas tous ces demandeurs d'asile isolés encore à la rue malgré les fructueuses mobilisations du début de cette année à l'initiative du Secours Catholique puis du Collectif d'Accueil des Demandeurs d'Asile du PECOS (qui ont rendu possible la mise à l'abri d'une centaine de personnes).
 
Nous sommes nombreux-se-s à souhaiter un dialogue franc et constructif autour de cette réalité dont nous savons la complexité. Nous prenons déjà, bien volontiers, plus que notre part à ce défi qui doit mobiliser toutes les énergies : la dignité des conditions d'accueil, de vie et d'accompagnement des réfugié-e-s. Mais nous ne laisserons pas se poursuivre l'inquiétante dérive du droit d'asile telle qu'elle s'exprime dans ce département. En attendant, nous réclamons le retour à Nice de familles déplacées dans l'urgence, le retour à l'école des enfants, le traitement sans délai de toutes les situations d'hébergement encore en instance du côté des demandeur-se-s d'asile.

 
Teresa MAFFEIS, ADN (Association pour la Démocratie à Nice)
Radija ARABAT-ZIANE et Michel COURTOISIER (RESF 06)
Bernard NEUVILLE (Vie&Partages)

contact : 06 68 59 81 59. 06 03 51 28 32


 
lundi 14 juin 2010.

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