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Midi Libre : Expulsion. Meriem Tabbi, une vie en sursis jusqu'à lundi

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Expulsion. Meriem Tabbi, une vie en sursis jusqu'à lundi

 


Photo A. BETHUNE

source : Midi Libre

par Virginie TAUZIN

C'est sûrement pour ma demande de régularisation, a pensé Meriem quand, jeudi 3 juin, deux gendarmes ont pénétré son appartement de Cendras pour l'emmener à la brigade de Saint-Martin. Sûrement pas pour autre chose. « Je me suis habillée, j'ai pris mes papiers et je les ai suivis. » Meriem Tabbi, Algérienne de 42 ans, n'est rentrée chez elle que quatre jours plus tard. Quatre jours d'attente dans les bas fonds de la République, de dédales administratifs, d'angoisse, d'incompréhension et de résistance.

Un malaise au moment d'embarquer conduit d'abord Meriem à l'hôpital plutôt qu'à Alger, le vendredi, puis sa forte opposition la sauve d'un aller pour Oran le samedi. Entre-temps, c'est sans manger ni téléphoner qu'elle passe des heures au centre de rétention de Nîmes, tandis que son mari, Abdallah, essaie d'empêcher le pire. L'avocat qu'il dépêche, maître Raphaël Belaiche, obtient, le dimanche, la libération de Meriem. Mais le lendemain, le tribunal administratif de Nîmes ne lui laisse qu'un sursis de sept jours pour quitter le territoire français.

Sous un maquillage discret, Meriem Tabbi a les yeux émus et remercie sans arrêt. Le maire, les associations, les voisins, tous ceux qui sont prêts à faire front. Dès lundi, la menace pèsera à nouveau sur le couple. Depuis quatre ans, c'est à Cendras, auprès de celui qui, deux ans plus tard, est devenu son mari, que Meriem a trouvé refuge. « Une vie calme », décrit-elle. Et qu'elle a bien méritée, après tout.

D'Algérie, elle ne veut rien garder. Il y a huit ans, fuyant une famille qu'elle qualifie d'« intégriste » et dans laquelle elle ne se reconnaît pas, elle rejoint un homme et rencontre la France. « Si je retournais là-bas maintenant, je serais à la rue. Ce n'est pas ma famille qui me nourrirait, ils ne veulent plus de moi et je n'ai plus rien à voir avec eux.Je serais seule et je me suiciderais. » La suite, c'est une désillusion. « Quand je suis arrivée à Paris, j'ai découvert que l'homme que j'avais épousé était déjà marié et père. J'étais là pour faire la boniche et élever les enfants », dit Meriem. « Elle a été battue, séquestrée, torturée psychologiquement », ajoute Abdallah. Seulement quatre mois plus tard, courageuse, elle le quitte et obtient le divorce.

Alors, la sérénité trouvée auprès d'Abdallah à Cendras, personne n'a le droit de la lui enlever : « Je n'ai jamais rien fait de mal, jamais trafiqué de drogue ou n'importe quoi d'autre. C'est chez moi ici, je me sens bien ». Et son mari d'ajouter : « On ne demande rien, juste des papiers », lui qui, né sur le sol français, fils d'un mineur ancien combattant, attend sa régularisation depuis 14 ans... Une attente qui durera encore, plus recluse encore par peur des autorités, mais moins sourde, moins inerte et peut-être moins immuable.


Voir à ce sujet :

- la pétition du Collectif "Pour Meriem" sur le site de Cendras : www.cendras.fr


Voir aussi :

samedi 12 juin 2010




 

 

 

lundi 14 juin 2010.

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