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Beziers - Les réfugiés politiques racontent leurs parcours

 

Ils ne la voulaient surtout pas triste et désespérée cette journée dédiée aux réfugiés politiques. Mais l'émotion submerge parfois les bonnes résolutions. Hier, après l'information sur leurs stands dressés sur les Allées, avant le spectacle et ses chants engagés, les quatre associations organisatrices, l'ABCR (Association biterroise contre le racisme), la section de la ligue des Droits de l'Homme, créée l'an passé, la Cimade et Amnesty ont expliqué leurs actions et demandé à des réfugiés politiques de témoigner, au centre de demandeurs d'asile de la rue de la Rotonde.

Alors Albina, 36 ans, trois enfants, dont le dernier né en France, a raconté, sa fuite hors de Russie. L'institutrice, de mère tchétchène, au papa kumik, soit une des 33 minorités ethniques, a dû fuir la répression en 2004.

Son frère a été retrouvé égorgé. Sa maman a dû rester au pays avec sa soeur aveugle. Deux mois sur les routes, 4 000 km, dont la moitié effectués à pied, seule, sans son mari qui la suivra plus tard, avec ses deux enfants de 4 et 5 ans sous le bras.

« On est enfin arrivé à Montpellier en décembre on ne savait pas à qui s'adresser. » Pour Albina, les choses se sont plutôt bien déroulées. En 2007, elle obtient son statut de réfugiée politique, son mari l'a rejointe, a trouvé un emploi de jardinier. Elle a travaillé comme interprète et femme de ménage. « Le message que je veux faire passer c'est de ne pas abandonner, de s'accrocher, cela vaut le coup. » Pour Nourry, 53 ans, Kurde né à Bagdad, professeur de littérature comparée dans son pays, tout a basculé lors de l'arrivée de Sadam Hussein au pouvoir en 1979. « Comme toute ma famille, nous étions engagés politiquement ; on a dû signer l'arrêt de toute action politique sinon on était pendu ; mais mon père a quand même senti qu'il fallait partir, très vite, Sadam voulait purifier le pays. Un million de Kurdes ont été expulsés, plus tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui. » Noury a obtenu son statut de réfugié politique en un an et demi. « Actuellement, c'est beaucoup plus dur. » Les associations confirment : « 85 % des demandes d'asile politique sont actuellement refusées ; en voulant protéger ses frontières, la France oublie la première mission de la convention de Genève qu'elle a ratifiée : protéger avant tout la personne menacée. » Et de dénoncer un amalgame : « On entretient la confusion entre les immigrés qui viennent pour des raisons économiques et sociales, mais qui ont toujours le choix de repartir dans leur pays ; or le réfugié, lui, ne peut plus rentrer ! Si on les expulse, c'est la mort assurée. »


A. K.

lundi 21 juin 2010.

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