Monsieur et Madame Raba, et leurs trois enfants, sont-ils des terroristes ? Mettent-ils en péril la sécurité de la France ? On est en droit de se poser la question en constatant l’acharnement dont font preuve le ministère de l’Intérieur, et son zélé représentant en Haute-Saône, à l’encontre de ces réfugiés du Kosovo.
Ils auraient du, comme les autres membres de leur famille, bénéficier du droit d’asile. Ils auraient pu, comme leur excellente intégration à Gray - dont la population est mobilisée massivement à leurs côtés - le laissait espérer, être régularisés sur la base de la « circulaire Sarkozy ». Ils sont aujourd’hui sacrifiés à l’obsession du ministre : faire du chiffre, en expulsant 25 000 personnes avant la fin de l’année.
Nicolas Sarkozy a fait preuve dans cette affaire d’une brutalité obstinée. Menottés, baillonnés, Monsieur et Madame Raba ont été brutalisés devant leurs enfants ; un élu qui tentait de s’interposer a été lui aussi plaqué au sol et placé en garde à vue.
Prêt à tout pour ne pas perdre la face, le ministre de l’Intérieur annonce que la famille, dont le pourvoi vient d’être rejeté cet après midi, sera renvoyée sans tarder à Pristina, par avion militaire spécialement affrété. On a l’impression qu’il a quitté le terrain de la raison et du droit, et qu’il en fait une affaire personnelle ! J’apporte mon soutien à tous ceux qui se mobilisent ce soir contre l’expulsion de cette famille, à Gray, à Lyon, à Paris et ailleurs. Ensemble, nous demandons que la famille Raba soit autorisée à vivre parmi nous, et que cesse la chasse aux enfants qui s’est mise en place dans notre pays.
Dominique VOYNET