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Étudiante en droit, Laure menacée d’expulsion

REIMS (Marne). Fraîchement diplômée, une Camerounaise de 27 ans risque l’expulsion. Motif invoqué : un manque de sérieux dans ses études.
 

source : L’Union

par Corinne LANGE

«Il sera bien temps d'y penser quand la décision tombera… » Laure Petang espère ainsi conjurer le sort.
Installée dans le bureau de son avocat, la Camerounaise sait bien qu'elle risque à tout moment l'expulsion. Un aller sans retour pour la terre de ses ancêtres, où elle a vu le jour en 1983.
L'épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête, l'étudiante n'est donc pas en mesure de savourer pleinement son récent succès.
Un Master de droit décroché à l'université de Reims où l'étudiante est inscrite depuis 2006. Un diplôme qui pourrait pourtant représenter son ultime salut face à l'arrêté d'exclusion pris par le préfet.
Le pot de terre contre le pot de fer ? Pas si sur ! C'est en tout cas l'avis de Me Nji Mfenjou, l'avocat de la jeune fille. « Je ne suis pas contre les expulsions, mais contre les expulsions injustes ».
Loin de porter un jugement sur une décision qui incombe au préfet, « dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire », le juriste estime que le représentant de l'État « disposait d'informations erronées au moment de sa prise de décision ». Pour lui, c'est clair, « l'expulsion aurait pu se justifier il y a un an. En aucun cas aujourd'hui », déplore Modeste Nji Mfenjou.

Echec inconcevable
En 2001, la famille Petang quitte Yaoundé pour Paris, Laure n'est âgée que de 17 ans. La jeune fille souhaite poursuivre ses études pour embrasser le droit.
« Je voulais m'installer dans une ville moins importante que Paris. J'hésitais entre Bordeaux et Reims », explique la jeune diplômée.
Son père l'incite à choisir la cité des Sacres. « Plus proche pour les visites ».
Laure se crée vite une nouvelle vie, entre ses études et son engagement associatif.
D'un caractère bien trempé, elle ne renonce pas lorsqu'elle échoue par deux fois à sa licence de droit. Elle s'accroche et s'inscrit une 3e fois.
Parallèlement, elle poursuit son cursus en Master. « Il n'était pas question d'échouer pour moi », confie Laure Petang qui ambitionne de créer une entreprise d'import-export avec son père.
Malheureusement, en 2009, la maladie s'en mêle, au point de compromettre la suite de ses études.
Laure s'en sort. L'échec est inconcevable pour celle qui occupe une petite chambre d'étudiante dans la résidence universitaire située rue du Mont d'Arène. Le sort s'acharne.
Réveillée à 6 heures du matin
Le préfet prend un arrêté d'expulsion à l'encontre de la Camerounaise au motif qu'elle ne poursuit pas sérieusement ses études. Une décision qui intervient le 14 avril 2010 mais dont Laure n'aura pas connaissance. « La lettre ne sera jamais remise à ma cliente », assure Me Nji Mfenjou, preuve à l'appui. « Le compteur commence à tourner et ma cliente ne le sait pas ».
Interpellation le 12 juin. Suit la garde à vue. Finalement, la ressortissante camerounaise est placée en rétention administrative à Metz.
L'avocat rémois n'a pas le temps de déposer son recours au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. « Le lendemain de mon arrestation, un policier est venu me réveiller vers 6 heures », raconte Laure. Elle doit prendre le premier vol pour Yaoundé.
Refus. « C'est le droit de tout citoyen », précise l'avocat qui prend rapidement la direction de Metz. Laure Petang qui présente toutes les garanties de représentation est assignée à résidence à Reims. Une seule obligation : signer le registre au commissariat de police. « Vendredi, le policier me dit de revenir le lendemain munie de mes bagages car je dois être expulsée ».

Prochaine échéance le 26 août
Nouvelle injonction lundi. « Là, on m'explique qu'il est inutile de signer le registre ». Un manquement grave à ses obligations si elle n'appose pas sa signature au bas du livret. « Je lui ai conseillé de déposer une main courante histoire de faire savoir qu'elle a bien pointé au commissariat », insiste Me Nji Mfenjou.
Finalement, les policiers acceptent qu'elle signe. Il n'en faudrait pas plus pour que le pénaliste pense à un piège. Une chose est certaine, « la cause de l'arrêté ne tient plus puisque ma cliente a obtenu son Master ».
Le vice-président de l'université apporte son témoignage. Et si Laure est tout de même expulsée, il confie : « On ira jusqu'au Conseil d'Etat ! ». Prochaine échéance, le 26 août 2010. Ce jour-là, « pour le principe », il réclamera l'annulation de l'arrêté qu'il considère comme « abusif ».


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dimanche 27 juin 2010.

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